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Dr. Octagon › The Return Of Dr. Octagon

cd | 14 titres

  • 1 Our Operators Are Masturbating
  • 2 Trees
  • 3 Aliens
  • 4 Ants (Feat. Dexter)
  • 5 Don't Worry Mz Pop Music (Feat. April McClellan)
  • 6 Perfect World
  • 7 The Turtle Skit
  • 8 Al Green
  • 9 A Gorilla Driving A Pick-Up Truck
  • 10 Got Any Kids?
  • 11 Doctor Octagon
  • 12 It's The Morning
  • 13 Jumpstart
  • 14 Eat I (Feat. Princess Superstar)

line up

Kool Keith (MC), One Watt Sun (production)

chronique

Styles
electro
hip-hop
Styles personnels
acid 'n' flashy

Dix ans après le culte autant qu'alien Octagonecologyst, le MC aux mille pseudos reprend le sobriquet de Dr Octagon pour The Return. Le vrai ? Il était pourtant laissé pour mort, non ? Ce qui est un peu chiant avec cet album c’est que - comme bien souvent me direz-vous - d’un côté on semble nous l’avoir vendu comme une bombe et de l’autre nombreux sont les fans du premier qui le considèrent comme une semi-daube. Pour être honnête, je me situe un peu entre les deux cas de figure, le voyant comme une séquelle sympathique avant tout : d’une part (et pour des raisons assez évidentes vu les crédits) il est clair que ce Return, sans tous les détails et effets finement étranges de Nakamura, n’a ni la richesse ni la bizarrerie de son prédécesseur, et que Kool Keith ne s'est pas beaucoup foulé, faisant basiquement ce qu'il a toujours fait en mode extraterrestre. Mais, en même temps, c’est la simplicité de ce délire qui fait sa force. A l’image des deux loupiotes émeraudes de la pochette, Kool Keith est toujours soucieux de son image de dingo, et sur cet album il reprend question emceeing les choses comme il les avaient laissées : son flow à la fois bondissant et pesant fait des merveilles, ses lyrics débiles mais percutants accrochent. Kool Keith est le MC-schizo par définition, une légende touche-à-tout qui n'a jamais cessé de n'en faire qu'à sa tête depuis la fin des Ultramagnetic MC's, et ce Return ne déroge pas à la règle. On s’improvise écolo sur "Trees" parce que les arbres meurent et que c'est bien triste vous en conviendrez, on donne un message de bienvenue aux extra-terrestres, on fait deux trois skits marrants pour détendre l’atmosphère si besoin était. Pour ce qui est des prods, certains regretteront sans doute que le père Automator ne soit plus de la partie, car cette fois-ci ce sont les trois allemands de One Watt Sun – apparemment très branchés electro-funk – qui se sont attelés aux instrus. Electro-funk donc, mais aussi electro-r’n’b (le feat avec Princess Superstar), electro-ska ou electro-disco ("Al Green"), Dr Octagon est electro et il le vaut bien. Le groove est terriblement impulsif et frontal, les rythmes clap-clap font remuer l'arrière-train, la garde est baissée, les beats pouet-pouet fusent et même si la prod sonne plus tape-à-l’œil et plus basique que sur Octagonecologyst, elle est aussi plus claire et éthérée. Dr Octagon s’est fringué en cosmonaute déglingué et danse comme un maboul, jumpe sur le dancefloor de son laboratoire et s’amuse à créer des petites pilules et des cachetons de toutes les couleurs – les passages les plus psychédéliques restant les meilleurs, à l’image de ce "Aliens" irrésistible de groove, de "Ants" avec les scratchs acides de DJ Dexter, l'egotrip de "Dr Octagon" ou le passage presque breakcore de "Jumpstart" - mais dans cette catégorie le moment le plus kiffant de l’album reste à mon sens "A Gorilla Driving A Pick-Up Truck", un country-blues dopé aux magic mushrooms, dominé par le flow âpre et sensuel de Kool Keith. Fun et débridé, The Return reste malheureusement un plaisir éphémère, 35 minutes de petite extase chimique sans risque d'accoutumance, mais cette petite partie cosmique et comique mérite quand même votre attention, avec son double effet "funky + flip" exquis. The Return Of Dr. Octagon: le Kiss Cool de Kool Keith ? Le disque qui retient surtout "ecologyst" dans "Dr. Octagonecologyst" ? On constatera quoiqu'il advienne que Octagon n’a rien perdu de son humour, qu'il est toujours un brin siphoné et que question délires de tout poil, Keith est toujours aux petits oignons, déjanté sans être malade, psychotique sans être psychopathe, halluciné sans être hallucinant (popopop), du haut de sa pantalonnade fluotech-chewing gum-LSD, le gusse assure sa bouffonerie permanente tout en gardant toute la classe qu'on est en droit d'attendre d'un Doc. Un inutile mais mignonnet petit disque, qui se boulote comme un de ces gros bubble-gums de distributeur avec des couleurs qui font mal aux yeux.

note       Publiée le mercredi 16 avril 2008

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Rendez-Moi2 › samedi 28 septembre 2019 - 16:36  message privé !

Y a quand même de superbes morceaux même si ça vaut pas le premier, "Aliens" et le blues sont géniaux :)

empreznor › vendredi 16 janvier 2009 - 00:49  message privé !

C'est en train de devenir mon disque de rap favori avec Funcrusher; Earth people, c'est quand meme une sacré bombe (et je viens de voir que c'est sorti en single au prealable)

Raven › vendredi 16 janvier 2009 - 00:42  message privé !
avatar

wesh, Dariev a insisté pour faire Octagonecologyst (que je préfère à celui-ci - comme toute le monde je pense);

empreznor › jeudi 15 janvier 2009 - 21:41  message privé !

Ca serait kool de continuer les chros de Keith

Cera › mercredi 29 octobre 2008 - 17:09  message privé !

@blub : sur le premier Dr Octagon c'est pas Koala mais DJ Qbert. Dans la même veine tu peux essayer Deltron 3300 avec Dan the automator à la prod et Del tha Funkee Homosapien au mic. Concernant cet album, écouté une fois, sympa, mais jamais eu envie d'y revenir pour le moment.