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 - au groupe / artiste Thorofon

La Nomenklatur / Thorofon / Control – Paris, 28/09/2013

par VL › dimanche 29 septembre 2013


Style(s) : noise / power electronics

Les lombaires en vrac et une tendinite au genou. J’en chie mais tant pis, je sors quand même : il me faut ma dose. Le Petit Bain est une sorte de barge amarrée juste devant la BNF. Quelques types glandent devant, tous en noir, docs aux pieds, le cheveu bien ras. La faune typique. Je suis au bon endroit. Je descends dans la salle de concert, immédiatement envahi par le son métallique.

Je suis en retard, et ne verrai que 3 minutes du set de NKT. C’est classique à souhait, conservateur presque : Philippe Escartin vocifère comme un fou pendant que son acolyte martèle sans discontinuer plaques et baril. Le laptop vomit ses trames saturées sans broncher. Le public semble conquis et applaudira beaucoup le duo. Philippe a la banane, il sautille comme un diable, visiblement heureux d’être sur scène.

Une pause et c’est Thorofon qui entre en scène. Je sais que je ne vais pas aimer, mais je reste quand même. Anton est au chant, pendant que Geneviève reste à la table de mixage et aux fx. Il faut lui reconnaître un certain charisme, à ce type, même si son gimmick du costume blanc m’agace quelque peu. Bien envie de lui balancer un peu de bière, au John Malkovich du post-indus, histoire de rétablir un rapport conforme à l’ordre des choses, sauf qu’à 7 euros la conso (bitch), t’en perds pas une goutte. Et puis, c’est pas Whitehouse, là non plus. Ca ressemblerait plutôt à un club berlinois, avec gothpouffs à gogo qui se trémoussent à qui mieux-mieux sur de l’électro-indus. D’ailleurs c’est ça que déroule le duo, ni plus ni moins. Pas de fonds (les slogans sont pauvres à en pleurer), et une esthétique faible, mais ça reste efficace, pour peu que la sono soit bonne, ce qui était à peu près le cas ici, malgré un son un peu brouillon par moments. Je m’emmerde sec, décide de reprendre une bière (la paye est tombée ce matin…). Je mate Geneviève, qui dandine ses 10 kgs de trop derrière la console. Elle a visiblement de beaux seins et me fait penser à une ex ; je bande malgré moi. Le duo terminera son set en enchaînant «Gigamesh», presque sympa, et «Riotdictator», incontournable ritournelle pré-adolescente. Le public adore et gigote du bassin. Les bras sont levés, les mines radieuses. Un moment de coolitude comme on n’en fait plus. Applaudissements nourris.

Pendant que Thomas Garrison règle ses paramètres, je mate le public : du trentenaire bien tassé, du quadra, voire du quinqua en t-shirt TG. Ouais. Cette musique mourra vraisemblablement en même temps que ma génération… je m’en fous, en fait. Control entame les hostilités. Le son est meilleur que sur Thorofon, plus profond, plus précis. Le bas du spectre, viscéral, se détache nettement des stridences et modulations du haut. C’est net, mais hélas pas assez fort pour du PE. En fond visuel sont projetées des photographies esthétisantes retranscrivant les ressentis de Thomas. C’est intelligent, original et subtil ; ça change. Control fait définitivement partie des bons projets de PE ricain, et comme il s’agit là de sa toute première tournée européenne après 15 ans d’existence, autant vous dire que l’attente était grande. Aucune déception : Thomas abat le boulot comme un boss, charismatique à souhait, qu’il triture ses potards ou qu’il vienne haranguer le public de ses vociférations modulées. Les trames sont excellentes, saturées et filtrées à la perfection, les dérapages maîtrisés. Ca envoie du gros (c’est bien le moins qu’on puisse en attendre), mais avec intelligence. On se prend à trouver chaque morceau trop court, c’est bon signe. Thomas déroule son acte cathartique avec classe. Dans le public, les connaisseurs ont la banane ; je les rejoins dans l’extase et la galvanisation. Devant l’insistance collective, Thomas reviendra même pour un rappel jubilatoire. Performance ultra-solide, heureux d’avoir pu assister à ça.

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Dernière mise à jour du document : dimanche 29 septembre 2013

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