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Icydawn › Rituals of obsession

cd • 2 titres

  • 1The curse of recurrent mind proceedings
  • 2Sad autumn

enregistrement

Titre 1 enregistré à la Claustrophobic Room, Suisse, entre février et mars 2012; titre 2 enregistré à la Claustrophobic Room, Suisse, en juin 2007 et retravaillé en mars 2012. Echantillons tirés de 'Miserere' de Michael Nyman et 'Shock' de Mario Bava.

line up

Sacha Rovelli (musique)

remarques

Il s'agit d'une édition parue à l'occasion du Villa Festival, Italie, 2012.
Pochette en carton gaufré format 12x17

chronique

Le sampler est-il un instrument de musique ? Non pas en tant que tel mais il n'en reste pas moins un outil musical qui, à l'instar des boîtes à rythmes et autres appareils de programmation, ne se manipule pas aussi aisément que le prétendent ceux qui ne jurent que par les instruments acoustiques ou électriques. Fortement plébiscité dans des domaines tels que l'industriel, le dark ambient ou autres formes de compositions plutôt expérimentales, il requiert lui aussi un certain doigté car si dans les styles précités, il ne s'agit pas de trouver le riff parfait, la ligne de basse qui claque, isoler la bonne boucle peut se révéler déterminant surtout lorsqu'elle constitue, comme sur ce 'The curse of of recurrent mind proceedings' la clef de voûte du morceau. Pour ce qui, à mon sens, constitue son chef-d'oeuvre à ce jour, Sacha Rovelli, le maître à penser de Icydawn, y est parvenu en échantillonnant une séquence du 'Miserere' de Michael Nyman qu'il va laisser tourner près d'une heure telle un mantra dont il va imperceptiblement moduler les fréquences, gommer les nuances, pour mieux les réaffirmer en premier plan. Tandis que cette boucle tourne sans discontinuer plaçant l'auditeur dans une ambiance mystique pour mieux l'hypnotiser, abolir autour de lui les notions de temps et d'espace, des nappes se glissent, enflent discrètement, se meurent dans l'écho, resurgissent en fréquences aiguës, s'effacent à nouveau...Après près de onze minutes, quelques coups sourds, puis un rythme martial de marche se met en place, comme surgi de nulle part, avant de disparaître aussi tandis que les chants de la boucle se brouillent, que des grincements font leur apparition qui se mueront en sonorités plus douces par la suite...On songe volontiers à des échos du bon 'Our Lady of the missing presumed dead' de Sol Invictus (les vocaux en moins) mais travaillé de manière plus subtile. S'il est vrai que la mélodie n'est pas obligatoirement le mur porteur d'une architecture dark ambient, son importance peut faire la différence (songez à Raison d'être). En l'occurence, le pouvoir mélodique de cet échantillon remplit ici parfaitement sa fonction, fascinant l'auditeur pour mieux laisser le musicien peaufiner ses effets, ses nuances. Une heure peut sembler une durée excessive mais quiconque acceptera l'écoute comme une réelle expérience mystique (oserais-je dire religieuse?) se surprendra à se laisser isoler dans une sorte de bulle hors du temps, atteignant la fin du voyage comme une finalité naturelle. Le second titre, nettement plus court, moins fascinant dans le rendu bien que de bonne qualité, agit donc comme un sas de décompression nécessaire dont la mélancolie automnale permettra de reprendre pied dans la réalité en douceur. Du grand art injustement limité à vingt-trois superbes copies (comme toujours chez Show Me Your Wounds où l'on apprécie le travail bien fait), c'est dire s'il vous faut vous dépêcher !

note       Publiée le mercredi 2 mai 2012

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Shelleyan aka Twilight › vendredi 28 février 2020 - 21:50  message privé !
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