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Labradford › S/t

7 titres - 39:42 min

  • 1/ Phantom Channel Crossing (4:43)
  • 2/ Midrange (6:29)
  • 3/ Pico (5:46)
  • 4/ The Cipher (3:11)
  • 5/ Lake Speed (6:46)
  • 6/ Scenic Recovery (4:51)
  • 7/ Battered (7:57)

enregistrement

Sound of Music, Richmond, Virginie, USA, 1996

line up

Chris Johnson (violon), Robert Donne (basse), Mark Nelson (voix, guitare), Carter Brown (claviers)

remarques

chronique

Styles
ambient
rock
Styles personnels
post rock

Et si Labradford était à la musique ce que la résignation est à l'être humain ? Nous sommes en 1996 et nos trois américains commencent tout doucement à faire parler d'eux puisque le post rock est en train de faire des vagues, emportant tout sur son passage. Il y a ici le même rapport au silence que l'on retrouve chez d'autres formations telles que Smog ou Gastr Del Sol ; une approche lo-fi où le strict minimum est requis pour installer des ambiances cafardeuses sans se soucier des formules académiques. Il y a aussi cette même angoisse palpable que l'on retrouve alors plutôt dans des formations à l'esthétique gothique, Current93 et consorts. "Phantom Channel Crossing" ouvre leur troisième album comme on ouvrirait les grandes grilles d'une demeure désaffectée. Le vent balaye sous nos pieds les mille feuilles qui jonchent le sol depuis un nombre incalculable d'automnes, mais l'air est glacial et nos doigts s'engourdissent peu à peu. Les lointains cliquetis métalliques d'une lourde chaîne plombent le climat de son étrange atmosphère ; nous ne sommes pas seul ! Cette simple idée nous terrorise, mais maintenant que nous avons franchi le seuil, il faut poursuivre... Quelqu'un, quelque part, un homme peut-être, un fantôme sans doute, rôde sur ce terrain dans l'attente ancêstrale d'une visite inopinée. Bientôt, nous entendons son murmure hanter les allées du jardin, ses souvenirs d'une époque révolue s'immiscer dans notre subsconscient. Une possession tout en douceur contre laquelle il n'y a plus rien à faire. Le vent se change en notes synthétiques aussi profondes que faussement angéliques, quand soudain un violon mélancolique vient cisailler notre esprit afin d'exorciser les dernières poches de mystère de cet endroit énigmatique. Un monde aveuglant où l'innomable est si téténisant qu'il nous laisse bouche bée, amorphe, face à la réalité qui nous entoure. Une certaine idée d'un abandon résigné, d'un laisser faire/laisser vivre qui a peut-être bien pour vocation ultime de laisser mourir.

note       Publiée le samedi 10 septembre 2005

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Note moyenne        4 votes

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zen › dimanche 11 septembre 2005 - 21:26  message privé !
moi ça me fait penser à la musique qu'on pourrait écouter sur la lune ou alors en plein désert de cailloux... sinon je crois que j'ai jamais entendu un truc aussi intense avec une musique aussi calme
pyosisified › dimanche 11 septembre 2005 - 19:00  message privé !
D'accord avec la chronique, j'ajouterais juste que je trouve ça très beau...
Note donnée au disque :