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Ten Wanted Men › Wanted: Dead or Alive

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Copacab      vendredi 4 juin 2021 - 16:17

k7 • 14 titres • 58:55 min

  • Wanted: Dead Side
  • 1Intro1:01
  • 2Don't Start Shit, Pt. 45:13 [Tommy Wright III]
  • 3Magnolia Meets 4 Corners3:11 [Tommy Wright III & Lil Ramsey]
  • 4Skit1:13
  • 5Loko 4 Real5:15 [Princess Loko]
  • 6Junkie Junt4:31 [Tommy Wright III, Undacova, Project Pimp & Mac-T Dog]
  • 7Wanted Dead Or Alive8:45 [Tommy Wright III]
  • Wanted: Alive Side
  • 8All About Dat Cash4:14 [Project Pimp]
  • 94 Corners Pt. 36:16 [Tommy Wright III]
  • 10Gangsta Bitch4:45 [Princess Loko]
  • 11Nine 2 Yo' Skull3:42 [Jesse James, Halo & Princess Loko]
  • 12No Luv 4 Hoez6:08 [Undacova, Kingpin & Wild Child]
  • 13Down From Day 13:57
  • 14Outro0:44

enregistrement

Non renseigné

line up

Tommy Wright III (rap, production), Princess Loko, Lil Ramsey, Undacova, Project Pimp, Mac-T Dog, Jesse James, Halo, Wild Child, Kingpin (rap)

remarques

Le meilleur rip de cette cassette disponible en ligne semble être une vidéo Youtube (https://www.youtube.com/watch?v=HL13tiI2HCw&t=677s). Tous les autres rips que j'ai croisés ont une qualité sonore ignoble et une tracklist complètement chaotique... Tommy Wright III aurait encore des copies de la K7 et la vendrait par Facebook.

chronique

Styles
hip-hop
Styles personnels
memphis rap / horrorcore

Sorti la même année qu'un « Runnin-N-Gunnin » mettant déjà en valeur le crew de Tommy Wright III, « Wanted: Dead or Alive » est son frère bodybuildé, clutch comme aucune sortie solo du mythomane des 4-Corners, comme si le fait de devoir un peu se fondre dans la masse l'avait ici canalisé... Après l'intro, l'auditeur est directement assailli par des sub-basses encore jamais entendues sur une sortie de Street Smart Records. Une nouvelle puissance pas du tout au détriment de la saleté et de l'instabilité coutumières des instrus du rappeur-producteur, à l'image de « Loko 4 Real », terrain de jeu dédié à l'inquiétante Princess Loko, et relecture la plus sordide que je connaisse du fameux thème de Scarface : moins frontale mais plus imprévisible que celle de Mobb Deep sur « Hell on Earth ». Le reste est à l'avenant, efficace et riche en images interlopes, souvent dans un jeu d'ombres et lumières entre glauque et mélancolie ; et « Wanted: Dead Or Alive » est presque aussi varié que « Runnin-N-Gunnin » mais bien plus cohérent, et comme augmenté par l'apparition de ces basses vicieuses et sismiques. Le surréalisme artisanal de certaines des fresques hip-hop de la tape solo de Tommy Wright se mue en cinématographie, jusque dans des délires comme le western « Nine 2 Yo' Skull », qui évoque (sample ?) Ennio Morricone. Le fait qu'il le fasse sans sombrer de la ridicule tient tout simplement de la grande classe hip-hop, de cette théâtralisation du réel aux contours flous, surtout dans une ville aussi ravagée que le Memphis des années 90. Le producteur se montre aussi plus à l'aise que jamais dans les instrus horrorcore typiques de la scène, en témoignent les sinistres et dissonantes « Junkie Junt » and « No Luv 4 Hoez ».

Derrière le micro, Tommy se taille la part du lion : outre l'intégralité des productions, il est seul sur trois morceaux, dont le marathon en solitaire « Wanted Dead or Alive », qui casse hélas un peu la dynamique du fait de sa trop longue durée et d'un refrain R&B casse-bonbon d'amateurisme. En dépit de ce semi-ratage (qui coûte probablement la note maximale à la tape), il tient ici une forme olympique : le schlag furibard un peu lassant de ses débuts a laissé place à un MC puissant et précis, sensationnel quand le rythme de sa diction s'élève. Princess Loko le seconde parfaitement : elle est captivante sur ses deux morceaux en solo, et montre une polyvalence seulement entrevue jusqu'ici, aussi à l'aise dans les hooks cafardeux que dans des couplets qui décrochent la mâchoire. De quoi regretter que sa solo tape annoncée dans la plupart des sorties de Street Smart Records n'ait jamais vu le jour... Globalement, tout le monde a élevé son niveau de jeu ici, usant de ses forces au meilleur escient, à l'image d'Undacova, Kingpin et Wild Child, pas les plus fines gâchettes de la clique mais exactement là où ils devaient être sur l'abominable « No Luv 4 Hoez », en bande de zombies baveux.

« Wanted: Dead or Alive » est en définitive l'aboutissement de la première partie de carrière de Tommy Wright III, celle sur K7, même si l'unique opus de son groupe N.O.D. a également des arguments à faire valoir de par son étrangeté. Peut-être n'avait-il pas l'envergure artistique nécessaire pour atteindre ce niveau d'excellence seul ? C'est paradoxalement en laissant une partie de la couverture à ses fidèles que ce rappeur-producteur avec un ego-trip « seul contre tous » a sorti sa meilleure tape, avant une seconde partie de carrière aux airs de professionnalisation : dès « On The Run », les sorties de Tommy Wright se feront sur CD. Qu'il faille pour l'heure se contenter de rips dégueulasses ou contacter directement l'artiste pour obtenir le format physique est un peu navrant, et a sans doute limité son audience. Mais se situe sans doute ici une partie du charme de cette scène, jusqu'au boutiste d'indépendance et irrécupérable.

note       Publiée le vendredi 4 juin 2021

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