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Yasemin Mori › Finnari Kakaraska

cd | 10 titres | 36:44 min

  • 1 Ellerimin Karası [4:13]
  • 2 Bitli Kaptan [4:31]
  • 3 Avcı [3:36]
  • 4 Elim Tetikte [4:00]
  • 5 Kadınlar [2:44]
  • 6 Oyna [2:36]
  • 7 Çınar [3:43]
  • 8 Gel [reprise de Ajda Pekkan] [3:07]
  • 9 Kim Var [3:12]
  • 10 Kanatları Gümüş Yavru Bir Kuş [poème de Nâzim Hikmet] [4:43]

extraits vidéo

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enregistrement

Enregistré à Hayyam Studios. Produit et arrangé par Can Çankaya.

line up

Yasemin Mori (chant, composition)Korhan Futacı (saxophones tenor, alto & soprano, flutes), Barlas Tan Özemek (basse acoustique, guitare électrique), Can Çankaya (piano, Rhodes, Moog, claviers), Berke Can Özcan (batterie, percussions), Gökhan Şahinkaya (basse acoustique, guitare électrique), Cana Çankaya (trompette), Gülşah Erol (violoncelle 5), Lepidus Trio (Çağlar Haznedaroğlu (violon), Emre Akman (alto), Çağlayan Çetin (violoncelle))

chronique

Styles
pop
jazz
rock
Styles personnels
art pop classe

Un souvenir d’Istanbul parmi d’autres. Quand on ne sait même pas ce qu’on entend mais que ça nous plait, il ya Shazam. C’est beau la modernité, c’est l’efficacité des algorithmes. C’est vrai, à quoi bon écrire des séquences de mots quand pour réussir dans la vie il suffit de connaître des séquences mathématiques ? Bref, voilà que j’étais dans un appartement du côté de Göztepe, la télévision était allumée sur des clips et hop, Yasemin Mori. Tour de magie numérique et hop, dans la boite la référence, couverture de l’album, titre du morceau, titre de l’album (qui à ce moment donné me semblait comme du finlandais). Mais j’avais la tête ailleurs. Allez, on se risque, le CD acheté chez Mephisto à Kadıköy quelques mois plus tard. Bonne pioche. C’était pas gagné d’avance, la pop en Turquie, c’est pas la marrade. Mais avec Yasemin Mori, on est tombé sur le versant rare, pas dans les rails de la facilité. C’est du classieux. Art pop on dirait pour faire genre. Y a des indices dans les musiciens qui l’accompagnent, le saxophoniste Kohran Futacı et ses compagnons versés aussi bien dans le free-jazz de Konstrukt que le rock tordu du Kara Orkestra, ici au service d’une musique pop protéiforme portée par la voix agile de Mori, aussi à l’aise pour survoler l’élégance pianistique planante de « Ellerimim Karası » que dans les acrobaties chantées-parlées de « Bitli Kaptan » au parfum électro-jazz. Une entrée en matière qui laisse tomber le voile sur l’univers de cette chanteuse bien singulière, à la voix délicieusement enrouée dans certaines tonalités, qui semble haranguer parfois son auditoire avant de glisser sur des phrases beaucoup plus mélodiques. Derrière elle, son groupe ménage un goût pour quelques dissonances en arrière fond, juste ce qu’il faut pour infuser un peu plus d’amertume et de mélancolie inquiète à ces chansons à la beauté ainsi dénuée de joliesse, comme cette batterie en contrepoint qui se libère de toute contingence sur le sombre « Elim Tetikte », triste et grinçant. Mais il ne faut pas que du drame dans la vie, des morceaux solaires sont aussi à ce rendez-vous impromptu comme ce « Kadınlar » lumineux, au refrain vibrant et à la rythmique qui chaloupe avec une fausse langueur. La voix de Mori y monte dans les aigus avec une jubilation qu’on retrouve dans le single « Oyna », petite pétite de pop afro-beat. Il faut se rendre alors à l’évidence, cette Yasemin Mori va tranquille comme ces chanteuses de jazz qui s’aventurent hors-piste, ses compositions se baladent avec une facilité insolente, toujours avec des arrangements recherchés d’une classe, encore ce mot, absolue. Ecouter voir ce piano percussif, ténu et légèrement dissonant, donnant un aspect de ritournelle mécanique derrière le chant habitée de « Kim Var ». Et quand Mori reprend un classique de la turkish pop, le « Gel » de la superstar Ajda Pekkan, c’est avec une grande délicatesse et une instrumentation toute en retenue, juste une guitare qui vient chialer doucement quelques riffs pathétiques au fil de claviers irisés. Le plus beau, au sens classique du terme, vient conclure l’album, quand Yasemin Mori interprète un poème du grand Nâzım Hikmet sur une composition de Mesut Cemil, accompagnée par les cordes du Lepidus Trio. C’est sublime comme du Joe Hisaishi. Drôle d’impression, de se croire devant la baie de Tokyo en arpentant la corniche de Moda, à la nuit tombée. Oui, Yasemin, un beau souvenir d’Istanbul.

note       Publiée le samedi 23 juin 2018

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(N°6) › lundi 25 juin 2018 - 00:10  message privé !
avatar

C'était un achat un peu à l'aveugle sur place et j'avoue ne pas avoir exploré le reste de sa discographie, mais on m'en a déjà dit du bien en effet.

Note donnée au disque :       
glaire › dimanche 24 juin 2018 - 19:44  message privé !

sympathique ce disque mais je préfère celui d'avant (deli bando)

Note donnée au disque :