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Antonin Bouscatel › Roi Des Cabretaires – Les Origines Du Bal-Musette

vinyl 33t • 15 titres • 39:38 min

  • 1La Mourrolliado2:50
  • 2Juliette2:43
  • 3Quan gardavo per la montagna2:30
  • 4Sur Los Can D'En Douno2:43
  • 5La Trotteuse2:48
  • 6Dans le verger2:50
  • 7Marche nuptiale d'Auvergne2:30
  • 8La Tricotada2:34
  • 9La Caillo Bello Caillo2:30
  • 10Tyrolienno2:30
  • 11Flour De Ginesto2:20
  • 12Le Biniou3:20
  • 13La Rapido2:40
  • 14Dins lo fé2:50
  • 15On danarem garda Dimanse moti2:20

enregistrement

Compilation d'enregistrements réalisés entre 1920 et 1930.

line up

Antonin Bouscatel (voix, cabrette)

remarques

chronique

Styles
folk
Styles personnels
bal auvergnat

Dès la fin du dix-neuvième siècle, certains Auvergnats montaient à la capitale pour faire vibrer leurs instruments de père en fils. Artisans du bal-musette, ces "cabretaires" étaient de véritables vedettes à Paname, en particulier jusqu'à la première guerre mondiale. Seigneurs de la nuit, ils sonnaient leurs cornemuses pour faire danser la bourrée aux bons Parisiens dans l'ambiance chaude des tripots, où l'alcool coulait à flots, et où les petites pépées venaient faire les yeux doux au chalant entre deux danses. Les bals devenaient vitrine du sexe, et nos fiers aïeuls culs-terreux ayant troqué leurs sabots contre des apparats moins rustiques, s'improvisaient proxénètes à l'entrée des bals lucratifs. Les filles de joie côtoyaient des hommes de la plus tendre amitié jusqu'au jour où des maquereaux, mieux armés que nos amateurs de gentiane, forcèrent ses derniers à prendre une retraite anticipée. Nombre d'entre eux ont sombré dans la misère après une vie d'excès, sauf Antoine Bouscatel, le Cantalou, qui installa son bal en face d'un commissariat de police à l'approche des années 20. Roi des cabretaires, il a enregistré de nombreux 78 tours, compilés sur cette anthologie dont l'intérêt est avant tout documentaire, avec un livret complet sur la vie du sieur Bousca, des extraits de presse et une chronologie comparative. Malgré la qualité de son plutôt médiocre, piquée directement sur les vieux disques, l'énergie de cette musette préhistorique est palpable et communicative - surtout chez les suiveurs de La Novia ou Standard In-Fi. Les mêmes ritournelles viennent enivrer les oreilles. Des airs désuets certes, mais l'on se prend à vouloir donner des coups de sabot en cadence. Nul doute qu'il y avait là matière à donner le tournis au public lors de soirées plus qu'arrosées ; le bal populaire avait alors quelque chose de sulfureux, d'authentique, à mille lieues des soupes qu'on trouve par tonnes dans les compilations les plus mercantiles.

note       Publiée le samedi 11 février 2017

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DukeOfPrunes › vendredi 17 février 2017 - 21:10  message privé !
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Génial, merci. Belle surprise pour la magnifique illustration de Crumb (enfin, ça m'étonne pas, quelque part) - typiquement le genre de produits qui pourraient être soldés un jour ou l'autre. Donc, à suivre. Pour les LP dont je parlais, c'est "Chanteurs et musiciens de villages en Morvan", chez Expression Spontanée (label qui n'a pas sorti que des clowneries, hein...). Moins cher et vraiment bon si on goûte un minimum au folklore.

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Rastignac › jeudi 16 février 2017 - 12:47  message privé !
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Alors, la compilation s'appelle : "France : une anthologie des musiques traditionnelles". Illustré par Robert Crumb. Ca s'achète aussi en détail (c'est ce que j'ai fait, parce que le coffret 10 cds, j'avais pas la thune à ce moment là...). Ca se trouve dans les librairies occitanes, ou sur le site de Frémeaux (perso, la librairie occitane de Limoges, qui vendent des cds de musique du coin). Ou ailleurs... Quant au bouquin à thèse sur la musique populaire, je cherche encore (vu ça dans une interview télé sur l'inathèque je crois...).

PS, à noter pour ceux qui connaissent pas, sur la vivacité des anciens instruments : y a encore en Auvergne et en Languedoc (au moins, pour les régions que je connais) des écoles de musique publiques qui, selon la sensibilité du maire, ont développé des formations à la vielle, à la cabrette, etc., dans une optique de préservation de la culture et des chants du coin.

DukeOfPrunes › jeudi 16 février 2017 - 11:54  message privé !
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Il faudra préciser le titre de la compile, ça m'intéresse - sinon oui, là c'est de la musique de bal à l'ancienne. Les volumes du Morvan sont plus "à la Lomax". Intéressant point de vue sur les instruments sacrifiés, même si heureusement, on finit toujours par les redécouvrir, se les réapproprier.

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Rastignac › dimanche 12 février 2017 - 11:18  message privé !
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Le musiques régionales des chez Frémeaux est pas mal (10 cds je crois, par "pays"). J'ai que l'Auvergne et le "Est", mais c'est plus du "Lomax", du genre on enregistre le chant de mariage de la mémé, les trucs de conscrits, etc. Ici, Bouscatel, comme Cantournet, c'est du balloche cabrette (à Paris, pour le parisien qui veut jouer à l'auvergnat), qui sera remplacé par le balloche accordéon. Y a un gars qui a fait une histoire de tout ça, faut que je trouve la référence, mais sa thèse c'était : chaque grand traumatisme collectif fait disparaitre un instrument populaire, qui est remplacé par un autre (même si y a coexistence, cf. le bac musette accordéon flashy à l'intermarché de chez ouam-). La cabrette, le violon, euh la vielle > l'accordéon après 1918, l'accordéon > la guitare après 1945, tout ça grâce à des migrations diverses aussi. Enfin, faut que je retrouve la référence, et affiner ça, je cite de mémoire (et c'est évidemment de l'emmental là dedans).

DukeOfPrunes › dimanche 12 février 2017 - 09:40  message privé !
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Cool ! Il y a pas mal de disques mésestimés de musique populaire française. J'avais trouvé un LP de folklore du Morvan - il y a toute une collection, malheureusement la face B avait un défaut de pressage. Un jour, je vais rafler toute la série, il y avait un bon goût de reviens-y.

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