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Mario Schönwälder / Frank Rothe › Filter-Kaffee 100

cd • 6 titres • 45:23 min

  • 1Night Shift 4:18
  • 2Bridge Over Troubled Oscillators & LFOs 3:58
  • 3Shadows of the Darkshift 6:04
  • 4Rebound 8:03
  • 5Raindrops 6:01
  • 6Midnight Session 16:58

enregistrement

Composé entre 2009 et 2011, sauf Raindrops en 2014. Enregistré au SouthEndStudio, Berlin, entre 2015 et 2016 Mixé et masterisé par Frank Rothe

line up

Mario Schönwälder et Frank Rothe (Synthés virtuel et physiques digitaux et analogues)

remarques

On peut avoir des informations supplémentaires sur cet album, de même qu'entendre des extraits, en visitant le lien Bandcamp suivant: https://manikinrecords.bandcamp.com/album/100

chronique

Afin de fermer le dossier des formats de papier filtre 100 à 102, Frank Rothe et Mario Schonwalder ont fait le ménage dans de vieilles sessions d'enregistrement et auraient trouvé quelques petits bijoux d'une MÉ toujours liée aux essences de la Berlin School rétro. Plus de 45 minutes ont ainsi été dégottées. “Filter-Kaffee 100” devient donc ainsi un préquel aux 2 premiers volumes de la série. On y entend les premières expérimentations du duo Rothe & Schonwalder qui offre une Berlin School plus axée sur le côté ténébreux des atmosphères glauques d'une musique qui donnerait par moments des frissons dans le dos si on la marierait à une film de suspense et/ou d'horreur.
Un tintamarre sculpté autour de portes métalliques que l'on ouvre et des bruits cosmiques initient l'ouverture de "Night Shift". Le rythme devient fluide avec une ligne de séquences qui fait osciller et trébucher ses ions dans un environnement sonore truffé d'écho de cerceaux qui s'entrechoquent, des larmoiements d'un genre de Theramin et de nappes ambiantes gorgées de brouillard. Ça sonne un peu comme les rythmes et ambiances de Flashpoint. "Bridge Over Troubled Oscillators & LFOs" est un long titre d'ambiances glauques auquel on a greffé certains éléments d'ambiances de "Night Shift" à des bruits blancs et des ronronnements de machinerie. "Shadows of the Darkshift" est plus mélodieux. Le rythme est ambiant avec des séquences qui tournoient dans les vapeurs de cliquetis et de voix séraphiques avant de prendre une tangente légèrement plus lente. Un slow, comme un frotte-bedaine, où les séquences scintillent tout autour et une ligne de basse dresse une structure légèrement sournoise. Le mix des voix et des orchestrations nous fait lever le poil des bras. Ça fait très Repelen, sans les instruments à cordes. Après une introduction cousue dans le suspense où cognements, mouvements lourds et indécis ainsi que de lentes nappes de bruine, "Rebound" nous plonge dans un rythme lourd à la Redshift. Les synthés lancent des lamentations du temps de Ricochet dans un dense brouillard où le rythme, qui est devenu un mix de Redshift et TD de l'ère Rubycon, peine à faire trembler les larges bancs de bruine mystique. Définitivement le point fort de “Filter-Kaffee 100”, avec "Shadows of the Darkshift". "Raindrops" offre une figure de rythme statique à la Software. Des séquences épanchent de bons mouvements de ruade alors que d'autres séquences plus cristallines structurent des harmonies évasives dans un décor sonique rempli de vents creux et de subtils chants de synthé truqués de fausses trompettes. On y entend aussi de lointaines harmonies spectrales, ajoutant un charme sibyllin à ce titre qui gagne à être plus scruté. "Midnight Session" est un long titre d'ambiances brodé autour des filiformes nappes résonnantes des basses pulsations qui traînent une fascinante lourdeur placide. Il y a plein de tonalités nébuleuses et spectrales, de même que des voix assez difficiles à identifier, qui s'échappent des profondeurs de ces nappes gorgées aussi de grisaille et de poussières métalliques. Intense, de par la profondeur des sons et des nappes, enveloppant et même incitateur à la schizophrénie des sons, "Midnight Session" ressemble à une musique de film, amplifiée, où le suspense et le mystère rôde au travers ses 16 minutes, faisant de ce “Filter-Kaffee 100” un album plus d'ambiances que de rythmes qui s'abreuve de la belle période du Dream mais dans une enveloppe plus moderne.

note       Publiée le dimanche 26 juin 2016

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