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Kylesa › Exhausting Fire

cd • 11 titres • 45:03 min

  • 1Crusher
  • 2Inward Debate
  • 3Moving Day
  • 4Lost And Confused
  • 5Shaping The Southern Sky
  • 6Falling
  • 7Night Drive
  • 8Blood Moon
  • 9Growing Roots
  • 10Out Of My Mind
  • bonus
  • 11Paranoidreprise de Black Sabbath

line up

Laura Pleasants (chant, guitare), Philip Cope (chant, guitare, basse, claviers), Carl McGinley (batterie)

Musiciens additionnels : Jay Matheson (basse), Andrew J. Ripley (hautbois sur "Blood Moon")

remarques

chronique

2015, année pourrie. Mais pas pour Kylesa, ce groupe-fruit en perpétuel mûrissement qui ne sera jamais pourri, mais générateur d'albums-pots pourris. Déjà une belle collection de classiques qui embaument à mort et ponctuent mon existence d'incendies humides. Après l'avoir cru juste mignonne flammèche, j'ai vite été léché par ce ce Feu épuisant. Il m'a séduit, jusqu'à l'écouter plusieurs fois par nuit. La passion, le drame, la fougue ne semblent pas prêtes à quitter Kylesa. Dès "Crusher" ça allume sévère. Kylesa, c'est un double-effet fatal. C'est une nana avec une haleine de clope. Look mi grunge mi métalleuse, des tatouages cliché qui font un peu sourire, un air innocent mais un regard pénétrant à la Kathryn Cartlidge, laissant juste entrevoir l'envie vorace de tester tes limites. Une cruelle alliance de familier et de singulier ; de frais et de maladif ; de colombe et de corbeau... Elle sait prendre des airs de chose légère pour mieux t'avoir. Même assise sur tes genoux elle te dit que vous êtes potes ; que c'est pour jouer, que vous aimez aller aux même concerts, qu'il ne va rien se passer - "ce serait tout gâcher" - mais tu sais que tu vas brûler, et elle sait que tu sais. C'est une amie, une belle amie... et vous avez besoin l'un de l'autre pour jouir à fond. Le fruit défendu ? Par qui ? Pourquoi ? Tu doutes du pouvoir de Kylesa, de t'ensorceller et de te donner le plaisir ? Salaud, tu veux être objectif, tu méprises ta boussole intime même quand elle t'indique mordicus la direction à prendre. Prends-la. Comment peux-tu nier que la beauté et l'envie de ce putain de groupe DOIVENT te pousser à agir avant qu'il ne soit trop tard ? Quoi, cette mélodie est trop cliché, trop téléphonée ? Quoi, cette intro c'est stupide comme du Tiamat en jean troué ? Quoi, ces passages full ambiance goth-grunge ne valent pas les années Alice in Chains ? Quoi, les arpèges pleins de réverb, déjà entendu ? Quoiquoi ? Tu as déjà la main qui brûle de finir glissée dans le fute de Kylette... de toucher ce qu'il faut à travers le tissu intermédiaire. Devenir un peu violent une fois que tout s'emballe, casser du mobilier tout en s'empoignant en sueur, se raconter des rêves une fois épuisés... Savourer la nuit au max... Non, même toi l'amoureux de Kylesa tu te fais un film, ce n'est pas en train d'arriver, là tu te projettes, elle se joue de toi. Cette fois-ci tu vas résister, tu as déjà tout ce qu'il faut d'eux et ça n'ajoute rien aux albums précédents, cet album a trop des airs de best-of d'inédits trop bien calibré, d'ailleurs tu lui mettras pas une note supérieure parce que tu sais pas vraiment lequel tu préfères... C'est vrai, elle te dit des mots que t'as anticipé mais tu les avais jamais entendus dits comme ça. Elle a sa manière de dire les choses banales la petite Kylesa, de te glisser tes piques assassines entre deux amabilités...Trop tard, c'est la galoche décisive - on n'peut plus faire marche arrière - quand le feu t'appelle faut jamais faire demi-tour ; mais ce sera épuisant. "Two souls lost and confused, with nothing to lose". Exhausting Fire est Fureur et Douceur. Crème noire zébrée de mauve. Comme un Ultraviolet enrichi en thanatos sans perdre de son éros, c'est l'album de Kylesa ultimement persillé, le gras et le maigre marbrant jusqu'au sublime la chair du Kyle-wagyu de Kobe-sa. À tel point que les amateurs de leur période "fureur brute" passée pensent la fureur absente depuis quelques temps... Las ! Elle s'est fondue dans des influences veloutées que ce groupe de fusion (une fusion qu'eux seuls pratiquent) a intégré mieux qu'aucun autre. La musique de Kylesa coule sur Exhausting Fire avec une fluidité incroyable en ayant l'aplomb d'un granit parfait de leur mystique. L'âme qui supure de ce chant mâle et de ce chant femelle est une et indivisible (l'union de l'homme et de la femme pour former un seul être - à la fois la plus belle et la plus cruelle des idées), à tel point que je ne peux même pas imaginer de solo de Laura Peasants ou de Phillip Cope qui ne soit pas un four malgré leur talent insolent, solaire... Tiens, ceux qui veulent plus de "dream pop" ou de "shoegaze" sur notre site - surtout certains de mes collègues qui se reconnaîtront - ont-ils seulement écouté ce bel album ? Pourquoi dédaignent-ils Kylesa, malgré mes signes insistants ? Exhausting Fire leur offre au creux de sa langue le magique "Lost and confused", entre autres titres qui donnent envie de griller clope sur clope jusqu'au bout du bout dans son plumard. Les entames sont toutes celles de tubes, puis inévitablement, Kylesa ne peuvent s'empêcher d'être généreux, mouillent et salivent ces mélodies qui leurs viennent comme des épiphanies, ne font jamais dans le plan, mais dans l'ambiance et la matière, le tourment et l'extase entrelacés. Chaque passage inspiré est comme une révélation sur soi, et il y en a beaucoup, et finalement c'est bien une machine à tubes qu'ils nous ont sorti, peut-être encore plus dense que Spiral Shadow... Plutôt qu'un metal prog il s'agit d'une fluidité encore impressionnante, d'un metal multifaces instinctif. Kylesa n'ont toujours pas peur de flirter avec le kitsch ("Blood Moon"), de frôler le goth-metal de prolos ou le rock à crépuscule californien, mais, doués du don et de la mystique qu'un paquet de groupes peuvent leur jalouser, ils transcendent presque systématiquement, jusqu'à cette reprise neurasthénique de "Paranoid" qui est tout sauf impersonnelle. Au pire, c'est douillet. Au mieux, c'est orgasmique à carboniser les chairs, comme l'élévation sublime de "Shaping The Southern Sky" à partir d'une entame Motörhead. Voire délicieusement étrange à la façon des couplets masculins de "Night Drive". Obsédant, Exhausting Fire m'obsède, comme m'ont obsédé les précédents... C'est la vie la nuit à fond d'ivresse, des caresses langoureuses et des embruns de riffs qui vous fouettent avec ferveur et vous font ressentir au maximum l'intensité des lumières qui défilent, de l'air frais qui vous décoiffe et fait voltiger les cendres, la moiteur d'un été en agonie, l'eau qui reflète ces visages ébahis et les déforme, des solos qui vous ensorcellent, tout un amalgame de clichés transformés en vagues d'évidences.

note       Publiée le jeudi 31 décembre 2015

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notes

Note moyenne        2 votes

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Klarinetthor › jeudi 29 septembre 2016 - 20:41  message privé !

jusqu'au retour de Damad! - ca c'est une bonne nouvelle, vu le nombre de bonnes boutiques qui ferment.

Note donnée au disque :       
Klarinetthor › samedi 30 avril 2016 - 00:01  message privé !

jusqu'a la reformation

Note donnée au disque :       
Jesuis › vendredi 29 avril 2016 - 19:56  message privé !

Kylesa c'est fini

Klarinetthor › mardi 19 janvier 2016 - 15:13  message privé !

Impressionnant malgre ce son qui pretera toujours aux multiples critiques. Kylesa ne merite pas qu'on boude leurs deux derniers albums. Les bougres ont un sens de la compo et ont trouvé leur style.

Note donnée au disque :       
Twilight › jeudi 31 décembre 2015 - 13:25  message privé !
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Je l'ai écouté superficiellement. Pas mon genre de came d'habitude et pourtant...Les titres que j'en ai entendus sont vraiment très bons.