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La Perversita › La Perversita

vinyl 33t • 7 titres • 40:19 min

  • 1Strawberry Fields Forever03:49 ["reprise" des Beatles]
  • 25' et quelque de bonheur...05:44
  • 3I Love You S…11:49
  • 4Satisfaction02:28 ["reprise" des Rolling Stones]
  • 5Para Bokassa04:14
  • 6On dîne01:15
  • 7La soupeuse11:00

extraits vidéo

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enregistrement

Artwork : Kiki Picasso. Le LP original comprenait la revue Pervers N°1 par le collectif Bazooka.

line up

Henry Kaiser (guitare), Hector Zazou (composition, piano, flute), Jeanne Folly (voix), Medor Mader (guitare), Hamilton Barclay (batterie, percussion, choeurs), Lay Jeame (guitare slide, choeurs), Martin Mesonier (guitare), Jack Kaspier (choeurs), John Sindler (violon)

remarques

chronique

"Je rêve de me faire sodomiser par un chien." Waf waf ! Joyeuse Saint Valentin ma chérie ! Plaisir d'offrir, joie de recevoir. Voilà une relique à passer ce soir pour se mettre dans l'ambiance d'un dîner en amoureux. Pour les bougies, je peux vous recommander un usage rigolo aussi. Trêve de préliminaires et de plaisanteries, quand on attaque un album par une reprise débile d'une scie des Beatles sur laquelle une psychopathe détaille son envie de se faire grimper dessus par un cabot, la probabilité est qu'il y a peu de chance qu'il soit propice aux étreintes romantiques et putassières propres au 14 Février, jour de l'année où tous les hommes sont officiellement priés de se transformer en maquereau et où les fleuristes encaissent leur plus gros chiffre d'affaire avec la Toussaint. D'ailleurs l'orgasme aussi est une petite mort, mais qu'on décharge dans n'importe quel trou faut y mettre des fleurs autour, ça passe mieux. Mais loin de moi l'idée de vouloir choquer, au contraire du collectif Bazooka sous l'égide duquel était produit cette Perversita, par ailleurs composée par l'électron situationniste Hector Zazou, qui avant de verser dans les musiques du monde de tout horizon était une sorte de fouteur de merde musical pas bégueule. Bazooka, c'était le bidule arty graphique punko-déconnant de Kiki Picasso, au sujet duquel je ne soufflerais mot de peur d'avoir à dire du mal de sa progéniture. De la provoc pas franchement finaude donc, zoophilie, cannibalisme prépubère, déconstruction des modèles (après les Beatles, c'est "Satisfaction" qui se fait démolir la gueule de façon pas non plus hyper passionnante), éloge un peu électro-free-jazz-cabaret-ringard de la golden shower. Tout ça laisse de marbre tellement la charge est outrée, maniérée et assez bêtement transparente dans sa volonté de donner des hauts-le-coeur. Assez petit bourgeois en fait, aussi guindé que le dress-code d'une boite à partouze. Mais alors pourquoi se pencher la dessus en ce jour de romantisme et de promotions pour-deux-string-achetés-un-plug-anal-offert ? Pourquoi ne pas ressortir un délicieux album de kayôkyoku érotique avec une pochette à japanboobs plutôt ? Parce que voilà, il y a quand même de quoi suçoter avec plaisir là-dedans, notamment sur les deux pistes les plus longues de l'album. Et quoiqu'en disent les filles trop polies, la longueur ça importe quand même un peu. Enfin faut un minimum syndical quoi. Comme me disait une amie modérément pudique "J'ai baisé avec un mec qui en avait une tellement petite que j'avais l'impression de branler un môme." Je suppute qu'elle filait la métaphore. Donc voilà, les deux-tiers de l'album sont quand même constitués de morceaux de choix, avec cet interminable et narcoleptique hommage au suicide, sur trois accords en boucle et des bruissements électroniques, voix fantomatiques comme dans un réseau téléphonique qui ne se lassent pas de déclarer leur amour à la pratique de l'interruption volontaire de syndrome post-accouchement. C'est suave et doux comme une bouteille de gaz qui se vide lentement dans une chambre bien capitonnée. Autre morceau (ah ah !) choisi, tout aussi minimaliste mais immédiatement grinçant sur des guitares qui dérapent et chuintent avec une insistance dérangeante, "Para Bokassa" où la Jeanne à la diction totalement réfrigérée et déconnectée du réel partage son goût pour les casse-croûtes à la morgue. Beaucoup plus vil que le trop affecté "5' et quelque de bonheur", sur grossièrement le même thème charcutier, et doté d'un humour très noir (je vous explique le titre où vous faites une recherche Bokassa + cannibale sur google ?) quand au dessert, la dame à la figure de goule donne un nouveau sens concret à "sucer un esquimau". Y a un peu plus, je laisse ? Ouais, la Jeanne Folly n'a pas fini sa journée et c'est là qu'on arrive à ce qui rend ce machin indispensable : "La soupeuse". Rythmique downtempo qui transpire les humeurs intimes, guitares bourdonnantes très malsaines comme une BO de Lynch et Hector Zazou qui laisse glisser quelques notes de piano comme des tâches d'inquiétante lumière sur les murs souillés de ce récit de jouissance infâme. "Lorsque je débouche à huit heures sur le boulevard, les magasins sont morts et les vitres noires. Mais les vespasiennes dans ce désert, sont déjà radieusement ouvertes, et miraculeusement vides." La poésie érotique et déviante de VXZ 375 (sans doute le critique musical et écrivain Bayon) prend ici enfin toute son ampleur, loin de la provoc fastoche et du folklore arty. Délicieusement précis dans sa dégueulasserie et éminemment cérébral, comme toute jouissance vraie, "La soupeuse", c'est la pratique crépusculaire de Jeanne qui trempe ses croutons de pain dans… devinez quoi ? Devinez un peu ce qui fait jouir cette femme en jupe fendue, au sexe qu'on imagine touffu comme les vraies filles d'une époque loin de l'hygiénisme crypto-pédophile que l'usinage porno à répandu sur nos mottes chéries ? Le lieu de ces agapes solitaires devraient suffire à comprendre, mais pour vous aiguiller les sens, je dirais comme Marielle dans les Galettes de Pont-Aven: "Tu sens la pisse toi, pas l'eau bénite !". Mais c'est à Jeanne, à cette voix froide et clinique dépourvue de toute honte, dont le corps frémit comme ces guitares qui tournent la tête, que revient de narrer cette lente montée vers l'orgasme "J'inhale follement toute cette bonne saloperie. Je me meurs.". Puis elle se tait et laisse l'instrumental dégouliner avec délectation jusqu'à plus soif. Car comme elle dit elle-même "On ne crie pas la bouche pleine." Bonne Saint-Valentin les amoureux.

note       Publiée le vendredi 14 février 2014

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(N°6) Envoyez un message privé à(N°6)
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Pas mieux. Je peux fournir le porto et la musique uniquement.

Batwings Envoyez un message privé àBatwings

Elle est bien la soupeuse ! Chaud et froid en même temps. A écouter nonchalamment les volets fermés avec un verre de porto, porte-cigarette et jupe retroussée. (It's not as golden as Zeus famous shower)

eric burden Envoyez un message privé àeric burden

C'est marrant que ca n'ait pas fait le saut dans une compile new wave française; à une époque ou Born Bad va à la peche à la moule new wave 30 ans d'age à toutes les sauces.

Shelleyan Envoyez un message privé àShelleyan
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oooh mais qu'avons-nous donc là ?