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John Puchiele Ensemble › Life Cycle

cd • 13 titres • 61:49 min

  • 1From There to Here 2:44
  • 2First Step 1:53
  • 3Foundations 2:10
  • 4The Big Sky 7:07
  • 5Thinking 10:06
  • 6Second Step 2:26
  • 7Life Gets Busy I 6:24
  • 8Life Gets Busy II 3:29
  • 9Third Step 2:23
  • 10Climbing 7:16
  • 11N.D.E 8:16
  • 12The Edge of Infinity 4:55
  • 13From Here to There 2:33

line up

John Puchiele (Synthés, piano et orchestrations)

remarques

Voici un lien pour en connaître plus sur John Puchiele: http://www.johnpuchieleensemble.com/ Et un autre pour entendre des extraits de Life Cycle: http://johnpuchieleensemble.bandcamp.com/

chronique

Y a-t'il plus audacieux projet que de mettre en musique le cycle de vie? Pourtant, c'est l'imposant défi qu'à décider d'entreprendre le compositeur et musicien Torontois John Puchiele. Longtemps membre du Glass Orchestra, John Puchiele n'en n'est pas à ses premiers pas avec le monde de la musique. Il compose de la musique pour films ainsi que pour des projets de télévisions et culturels dans le grand Toronto. “Life Cycle” est une fascinante symphonie pour ensemble à cordes, piano et synthétiseurs où l'approche minimaliste embrasse les influences de Steve Reich, Philip Glass alors que les enveloppes d'ambiances éthérées rappellent par moments les désertions claniques de Steve Roach dans un univers doucement caressé par des chœurs doux et enveloppants.
"From There to Here" nous transporte dans la fantaisie musicale de John Puchiele avec de douces nappes de synthé qui flottent et s'amoncellent en une dense enveloppe orchestrale où filtre de fins accords parsemés d'un piano méditatif. Tout de go, le compositeur Torontois inonde nos oreilles avec un climat sonique qui tangue entre une poésie astrale et une ode pour âmes solitaires. C'est doux et ambiant avec une sculpture musicale assez cinématographique qui se développe un peu plus avec le court mais poignant "First Step" dont les profondes lamentations orchestrales interrogent notre perception sur la beauté de ce cycle aux lourdes cicatrices à venir. Les pesantes notes d'un piano noir qui tombent avec fracas dans "Foundations" enracinent cette perception de noirceur qui épie ce cycle de vie. C'est très sombre et l'éclat des notes résonnantes nous suit comme une ombre intuitive lors d'une promenade où l'on fait le petit procès de notre vie. "The Big Sky" est tout simplement saisissant. À la fois ternes et enveloppantes, les nappes de synthé flottent telles des vents musicaux en empruntant les intenses larmoiements de violons sur une longue structure ambiante déchirée par son approche cinématographique orchestrale et ses lentes incantations de synthés aux pleureuses harmonies suspendues. Nous sommes dans les territoires obscurs et méditatifs de Steve Roach. Une chorale astrale ouvre les harmonies célestes de "Thinking", un titre qui me fait penser aux approches contemplatives de Ray Lynch sur The Sky of Mind. La façon dont Puchiele brode ses chœurs qui flottent avec une étonnante commisération maternelle est tout simplement attendrissante. On croirait entendre une chorale de mères éplorées murmurer leurs songes à des oreilles absentes. La fusion électronique et symphonique atteint son apogée avec "Second Step" qui est plus dense, intense, voire dramatique et enveloppant que le premier et "Life Gets Busy" qui offre les premiers rythmes de “Life Cycle”. Des rythmes texturaux sculptés dans des riffs hachurés de violons dont les canons soniques rappellent les ambiances tortueuses de Philip Glass. Ces riffs philarmoniques hachent menu petit une ambiance mortuaire que des nappes de synthé, fragilisées dans des soupirs synthétisés, amènent vers une dense approche orchestrale finement détaillée par une envoûtante cacophonie Babélienne. Déroutant, "Life Gets Busy I" s'échappe dans la tempête d'un piano rebelle qui crache ses notes anarchiques dans le tumultueux "Life Gets Busy II". C'est de la fureur condensé où on devine aisément les pièges et les spirales d'une vie mouvementée. Par la suite c'est le calme avec les très ambiants "Third Step", "Climbing" et "N.D.E"; trois titres qui se chevauchent comme un escalier montant vers la sérénité. Lent, "Climbing" est aussi saisissant que "The Big Sky" alors que "N.D.E" apporte un brin de luminosité astrale avec des nappes de synthé chloroformiques qui planent dans des chants d'éther. Toujours dans sa phase ambiante, “Life Cycle” souffle de ses expiations sur le très méditatif "The Edge of Infinity" alors que "From Here to There" boucle la boucle avec une approche orchestrale aussi dramatique que la pièce d'ouverture.
Lorsque l'ambiant est beau et lyrique! Produit avec le plus grand soin, “Life Cycle” est une ode poétique écrite dans une délicate symbiose entre l'ambiant symphonique et électronique. John Puchiele tisse les pans d'une étonnante évolution où l'on s'y perd parfois, mais dont on retrouve facilement le fil dans des titres aussi étoffés que "Life Gets Busy" et le délicieux "Climbing". Un peu comme Michael Stearns dans Chronos, John Puchiele utilise ses chœurs avec une fine objectivité, donnant une profondeur mystique à une œuvre séraphique où la douceur maternante ne trahie en aucun moment les préceptes de cette œuvre ambiante qui mérite de trôner avec les grandes œuvres de Steve Roach. Roach, Reich et Glass; ce “Life Cycle” de John Puchiele est en bonne compagnie. C'est bon, c'est beau. Un 4 boules et demi!

note       Publiée le mardi 20 août 2013

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