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Far Out › 日本人 (Nihonjin)

cd • 2 titres • 38:47 min

  • 1Too Many People17:55
  • 2日本人 (Nihonjin)19:52

extraits vidéo

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enregistrement

Produit par Fumio Miyashita. Enregistré par Teruaki Kuroda, Yoshio Mituso & Yuki Ogawa

line up

Fumio Miyashita (chant, guitare acoustique, harmonica, moog customisé, flute Japonaise), Eiichi Sayu (guitare électrique, orgue Hammond, choeurs), Kei Ishikawa (chant, basse, sitar électrique), Manami Arai (batterie, daiko, choeurs)

remarques

La réédition par le label Allemand Buy or Die Records comporte 7 titres bonus qui sont en fait extraits du premier album de Far East Family Band, le groupe suivant de Fumio Miyashita, sans que rien ne l'indique nul part. Autant dire des bonus foutus là à la va-comme-je-te-pousse, sans aucune pertinence.

chronique

Styles
hard rock
psychédélique
folk
Styles personnels
monument de space rock nippon

Tout commence sous le vent. Un vent qui ne tardera pas à se révéler cosmique. Une petite ballade folk à la guitare acoustique sous la tempête naissante. Et quelques mots dans un Anglais simple à la prononciation brisée, des trucs de hippies, un Japonais à cheveux long qui ressasse la complainte d'une humanité trop égoïste d'une voix au vibrato de surface, "Too many people not caring for others." Un sitar électrique qui vient l'accompagner, en piste psychédélique qui ne cessera de prendre de l'ampleur, mais d'abord laissant place aux soli planants et implorants d'Eiichi Sayu. Alors que la voie semblait toute tracée, la rythmique se fait de plus en plus plombée, les riffs s'assombrissent et se gravent, monolithiques, dans un matériau résonnant en abrasions électriques exponentielles. Sitar comme basse, comme base, avant de prendre ses droits et de monter d'un cran, un cercle plus haut dans le rock psyché à forte pesanteur. On ne pèse pas bien lourd dans la paume du Bouddha quand celui-ci invite à une cérémonie grandiose au pied des temples. Chaque riff écrase le précédent avec un peu plus de puissance, la batterie martèle au ralenti l'avancée de la procession. Et la mélodie de refaire surface, avec toujours plus de consistance en soli spatiaux, avec choeurs à l'avenant, dans un mouvement vers le ciel, supplication débordante de pathos allumé comme des bâtons d'encens, ça vise haut et ça s'en donne les moyens. Et aussi loin que ce feu de détresse puisse s'apercevoir du ciel, il n'est qu'une mise en appétit pour la vraie grosse prière du jour. "Nihonjin", ça veut dire Japonais. Rien de moins. Et le Japonais du début des seventies l'a en berne sur son île, cerné par les eaux et la fin du rêve hippie. Il ne lui reste que la perspective de garder ouvert ses shakras, son troisième oeil et, du mieux qu'il peut, maintenir attentive sa conscience ouverte sur le monde, dans sa globalité. Ouais. En langage normal ça veut dire "se défoncer". Pas de doute, même si on est dans ces tourmentées années soixante-dix, on n'a pas affaire ici à l'Armée Rouge Japonaise (ça c'est pour un autre groupe d'époque), c'est du hippie sur le retour. Le psychédélisme, il va le chercher directement sur la bête, dans ses propres temples où le son du sitar sonne moins exotique qu'en Occident. C'est avec lui et des gongs frissonnants que s'ouvrent les portes de la conscience, toujours assez électrifié pour faire vibrer l'air de sonorités au mysticisme autochtone. Et si le folk-rock reprend lieu et place sur les marches sous les linteaux, joué en tailleur, ce n'est que le temps de préparer le terrain à coups de soli bluesy et familiers avant de lâcher la bride. Le morceau s'interromprait à sept minutes qu'il serait déjà un très beau pan de psychédélisme post-hippie, mais ce serait trop simple, trop terrien. A partir de là, le sitar adopte un phrasé répétitif et lancinant sur lequel vient éructer la guitare tout en gerbes enflammées, avant de se reposer petit à petit tel un volcan qui s'endort sous trop de moulins à prières activés par les fidèles. C'est tout ? Non, Far Out porte bien son nom, une fois ailleurs, ils ne comptent pas en revenir, et les électriques circonvolutions de sitar reprennent de plus belle, le temps de mettre au point un mantra répété à l'envie par Fumio Miyashita alors que les membres de son groupe en arrière, non content de redérouler toujours plus de riffs en cascade, bourdonnent en choeurs tels des moines, têtes baissées et mains jointes. Fumio s'emporte, emporte sa formation vers ce cosmos qu'il appelle à lui. Quand tout sera fini, il ne restera du Japon que cette flute mystérieuse ondulant par dessus la surface de ces drones d'orgues Hammond. Le quatuor à disparu, comme aspiré dans l'espace, mais il reste une présence en ces lieux. Avec un peu de chance, en disant la même prière, mot pour mot, dans la même langue, il serait encore possible de les rejoindre, où qu'ils soient partis, loin, très loin… Nihongo ga, dekimasu ka ?

note       Publiée le dimanche 17 mars 2013

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Note moyenne        3 votes

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saïmone › vendredi 26 août 2016 - 18:12 Envoyez un message privé àsaïmone
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C'te premier titre quoi

Note donnée au disque :       
HotOrange › vendredi 5 avril 2013 - 18:21 Envoyez un message privé àHotOrange

Eh bien ouais c'est le pied ce truc. La première partie me fait vraiment penser au flower travelling band, sans doute à cause de certains sons de guitares ou ce délicieux accent japonais, et c'est une très bonne chose ça vole haut et ça tape fort. Et pour la deuxième partie, et bien c'est la même chose mais en mieux et le passage final est un point d'orgue exemplaire. Du tout bon dans l'ensemble, le japon a définitivement un truc avec la musique psychédélique et c'est pas pour me déplaire.

HotOrange › mardi 19 mars 2013 - 00:06 Envoyez un message privé àHotOrange

Monument de space rock nippon hein? N'en dites pas plus je signe.

(N°6) › lundi 18 mars 2013 - 11:58 Envoyez un message privé à(N°6)
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Pas mal vu, d'autant que comme l'a mentionné mangetout, quelques années plus tard, Fumio Miyashita mettra un peu de choucroute dans son bento, quand Klauz Schulze produira son Far East Family Band. De là à dire qu'il prenait les mêmes substances que Damo Suzuki quand il était à Cologne...

london calling › lundi 18 mars 2013 - 11:33 Envoyez un message privé àlondon calling

Du sushirock comme y'avait du krautrock ? ça me fait beaucoup penser à Faust, pas seulement à cause des noms (So Far / Far Out)... l'avantage de Faust étant que leurs morceaux duraient moins longtemps ...