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Stagnant Waters › Stagnant Waters

cd | 8 titres | 45:43 min

  • 1 Algae
  • 2 ССАЕР ЦНАПЯЛ ПНОИ ТАТ
  • 3 Of salt and water
  • 4 Castles
  • 5 Concrete
  • 6 Bandaged in suicide notes
  • 7 Axolotl
  • 8 From the breaking neck to infinity

line up

Svein Egil Hatlevik (Vocals), Camille Giraudeau (Guitars, Bass, Keyboards, Vocals), Aymeric Thomas (Drums, Electronics, Keyboards, Sax, Clarinets)

chronique

Je ne sais pas trop par où commencer ma chronique de Stagnant Waters. Peut être par le début, c'est à dire quelques riffs, un ou deux morceaux en démo envoyé par Camille Giraudeau, pour me tenir au courant de ses trois cents projets jamais concrétisés. C'était il y a bientôt cinq ans. Depuis, presque rien de neuf, d'autres projets, plus ou moins avorté, malgré la constante Smohalla. C'est que, ça a beau être un pote, il fait les choses en secret, Camille Giraudeau. Je vous vois tous venir d'ailleurs, je chronique le disque d'un pote. Ouais. C'est d'ailleurs pour ça que ça n'arrive jamais : parce que je suis pas tendre avec eux. Cet album de Stagnant Waters, qu'on n'attendait plus, débarque donc comme ça, presque du jour au lendemain, sur un label complètement obscur. Probablement que si je n'avais pas connu Mr Giraudeau, j'en aurais jamais entendu la moindre note. Dans l'après coup, j'aurais été bien con. Vraiment con. Il y a des gens avec qui tu éprouves parfois une grande attirance simplement pour quelques points communs – je veux dire par là des goûts en commun, comme la musique, par exemple – et Dieu sais que j'en partage avec Mr Giraudeau. Sans objectivité aucune, ce Stagnant Waters représente pour moi tout ce que je cherche dans le metal et que je ne trouve jamais : la puissance, la folie, l'énergie, la furie, le délire. Pour ça, Camille dispose d'une autre grande qualité : il sait s'entourer. Ce n'est rien moins que Svein Egil Hatlevik (Dødheimsgard , quelqu'un ? Fleurty, Umoral?) et Aymeric Thomas des géniaux Pryapisme que notre ancien chroniqueur a été débusquer pour son album. Car si l'orfèvrerie des riffs est le fruit d'un travail de longue haleine, la présence de ces deux loulous transfigure complètement le noyau originel de Stagnant Waters. Les vocaux de Svein – excellemment secondé par Mr Giraudeau - sont complètement dingues (et rappellent un peu le spectre vocal de Garm, les cris, le chant, quoique très différent), tandis que l'apport de Aymeric... comment dire, son jeu est aussi hallucinant que foutraque, et je parle pas de ses interventions hallucinantes à l’électronique ou au saxophone (il faudra le dire combien de fois, qu'il n'y a pas plus tuant qu'un gros saxo dans une salve metal?). L'album prends alors des teintes de Ved Buens Ende, de Dødheimsgard , de Aphex Twin (!), Squarepusher (!) de... Pryapisme (bah oui), de Bremen Hardcore, de Screamo, de Black Metal, de Sigh, de Strapping Young Lad, de Thorns, Arcturus, Ulver, de K-Branding (celui de Facial), … ça a l'air gloubiboulga, et ça l'est. C'est même parfois tellement gavé qu'on a l'impression que les types improvisent des parties. Sauf que non : Stagnant Waters se joue à l'instinct. On navigue bien souvent à l'aveugle, et c'est absolument haletant. Ça, c'est au début. Après, à la réécoute, il est encore meilleur. On distingue des riffs intelligents, des petits détails electro/synthé comme chez Devin Townsend, c'est à dire bien camouflés sous des couches de couches. On commence à retenir les morceaux, et l'objet se transforme en disque compagnon, ou plutôt en livre compagnon, celui du meilleur de la SF anglo-saxonne. Il y a du Peter Watts, du Ian McDonald ici : Stagnant Waters est cyberpunk, quantique, relativiste, en réseau. Son corps est modifié, son corps souffre. Le disque qu'on avait envie d'entendre, et qui ne soit pas du chaosdeathportal ou du revivalmescouilles : un disque enfin imprévisible qui ne va pas s'épuiser après une demi-écoute. Si vous avez bien tout lu, vous comprenez alors pourquoi je ne mets pas un 6 à cet imparable album : parce que Camille est un pote, et que je l'attends grave au tournant.

note       Publiée le mardi 30 octobre 2012

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born to gulo › vendredi 7 juin 2019 - 16:32  message privé !

Très bon, oui.

microbe666 › vendredi 7 juin 2019 - 15:56  message privé !

ça a surement déjà été évoqué dans ces pages mais l'album de dreams of the drowned est sorti en mars et c'est 'achement bien on s'en lasse pas. Très mélancolique/triste, à mes oreilles. https://dreamsofthedrowned.bandcamp...

Jesuis › vendredi 1 juin 2018 - 17:06  message privé !

https://soundcloud.com/camillegiraudeau/dotd-wip

Excellent l'extrait, tellement dodheimsgardien dans l'esprit

microbe666 › vendredi 1 juin 2018 - 11:21  message privé !

(je n'ai aucune information particulière mais je m'étais posé cette même question il y a de cela au moins un an je dirais. Sur le facebook du groupe j'avais cru comprendre qu'une suite/parallèle (pourtant antérieure à cet album dans sa composition, je ne sais plus pour l'enregistrement) était enregistrée ou quasi finie d'enregistrer, sous un autre nom (dreams of the drowned), je me demande même s'il n'y avait pas des extraits sur soundcloud, mais je ne sais plus bien ... et ce projet parallèle ne dit rien de ce qu'il advient de stagnant waters, j'en conviens, m'enfin voilà. Là je rezyeute la page "eaux stagnantes" sur facebook du coup et il y a ce commentaire sous une photo "work in progress" 2015 qui te fera peut-être patienter, ou pas : "the moment you'll know, you'll know, you know")

Procrastin › vendredi 1 juin 2018 - 02:00  message privé !

Y'aura t-il une suite?

Note donnée au disque :