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Johan Tronestam › Far Away

cd • 12 titres • 72:36 min

  • 1A Wider Perspective 5:54
  • 2I am Already There 5:57
  • 3Exoplanet 7:00
  • 4Discovering the Unkown Space 5:31
  • 5Seen from a Distance 5:43
  • 6Silent Symphonies 5:41
  • 7Pulsar 6:10
  • 8Nebula 6:36
  • 9Distance and Time 5:30
  • 10Event Horizon 5:44
  • 11Artificial star Traveler 6:03
  • 12Beyond the Horizon of Knowledge 6:48

enregistrement

Composé, enregistré et masteries à Lemland/Aland entre 2011 et 2012

line up

Johan Tronestam (Claviers, synthés, percussions électroniques, séquenceur et effets électroniques)

remarques

Pour plus d’informations sur Johan Tronestam et entendre des extraits MP3, on visite son site web; http://www.teamquasar.se/

chronique

Styles
musique électronique
Styles personnels
french school à la jean michel jarre

Le cyberespace regorge de talent caché qui se font connaître de bouches à oreilles et c’est le cas avec “Far Away” du synthésiste Finlandais Johan Tronestam. Chez les Tronestam la musique est une vocation. Fils d’un musicien qui le poussait à apprendre le violon, Johan Tronestam préférait de loin jouer de l’orgue électrique. C’est ainsi que sa passion lui donnait la chance de jouer des claviers pour divers groupes locaux et d’acquérir un premier synthé à l’aube des années 80, un synthé Korg Trident. Parallèlement, la découverte de l’album Oxygene de Jean Michel Jarre allait changer sa vision artistique et son approche musicale. Et c’est au cœur de ces influences que baigne “Far Away”; un puissant album de MÉ vivante et vibrante avec 12 titres aux structures rythmiques vitaminées par des séquences et percussions indisciplinées qui finissent par unifier une étonnante symbiose rythmique où crisse, hurle et susurre des vents d’Orion aux multiples formes tant aérées que vocales. Bref, “Far Away” est un solide opus où le rock cosmique va de pair avec ses ambiances secrètes.
"A Wider Perspective" nous jette tout de go dans l’impressionnante toile musicale de “Far Away” avec une lourde rythmique aboulique qui pulse sous un bon synthé aux lignes mélodieuses et étoilées. Nous sommes en plein état d’apesanteur bien rythmé avec une horde de percussions aux castagnettes échoïques et de pulsations mouillées qui pétillent sous les charmes d’un synthé aux plaintives mélodies soloïques, comme des lamentations de spectres coincés dans le cyberespace. Une superbe ligne de séquences se détache pour onduler en solitaire et serpenter un rythme de plomb qui forge un tempo accrocheur et dont les mélodies cosmiques des synthés enrobent d’un envoûtant vers d’oreille alors que tranquillement et trop abruptement "A Wider Perspective" disparaît dans l’oubli. Vous en voulez d’autres? Eh bien "I am Already There" remet ça. Cette fois le rythme est plus coulant avec une ligne de basse qui ondule de ses pulsations sourdes, jaugeant le poids des froids accords qui forgent une mélodie cybernétique. Comme la grande majorité des titres de “Far Away” Johan Tronestam joue avec ses approches rythmiques, leur donnant plusieurs tangentes qui se rattachent dans une étonnante symétrie. Et l’ambiance est très cosmique avec des solos fantomatiques, des voix éthérés et des brouillards argentés qui encerclent une rythmique aux modulations tranchantes, un peu comme si Kraftwerk ferait un bœuf avec Tim Blake. C’est très beau et très efficace. L’intro de "Exoplanet" offre une première incursion atmosphérique avec de brumeuses et nébuleuses couches de synthé, au cachet toujours harmonique, qui roucoulent dans un couloir cosmique. De violentes frappes de cymbales métalliques en perturbent la brève atonie, portant ce lourd ver cosmique vers une ligne de séquences dont les accords alternants, qui finiront par s’enchevêtrer, moule une rythmique rotative et forge une très belle approche harmonique sous un copieux festin de solos. Nous continuons de nager en pleine biodiversité rythmique avec "Discovering the Unkown Space" et ses lignes de synthé aux souffles de saxophone et aux brumes contemplatives qui s’accrochent à un rythme bouillonnant de séquences et percussions aux antipodes de leurs cohésions.
"Seen from a Distance" contribue à cette diversité rythmique avec des séquences qui forgent une splendide ligne de vagues cosmiques dont les ondulations roulent sous le poids de solides percussions. Encore là, les percussions injectent des frappes et tonalités variées qui modifient l’axe d’un rythme toujours cajolé par un synthé aux essences cosmiques. "Silent Symphonies" est une belle mélodie cosmique habillée d’une subjugante facilité juvénile. Les arpèges qui tournoient tels des flocons de neige dans un labyrinthe étoilé rappellent les fragiles harmonies d’un Tomita. C’est simple, toujours cosmique, et très accrocheur. Et tout au long de “Far Away” nos oreilles sont confrontées aux réminiscences qui meublent les rythmes et mélodies de ce très bel album de Johan Tronestam qui enfile des titres accrocheurs avec une aisance déconcertante. "Pulsar" est une autre belle mélodie qui s’agite sur des percussions dont les frappes arythmiques martèlent un léger rythme chaotique. Le synthé y est délicat et infuse une douce ambiance maculée de romanesque avec des brises un peu ibériques qui chantent sous un lit de brume alors que le rythme, toujours en mode évolutif, cahote de fins soubresauts circulaires. Des gazouillis robotiques surprennent l’ouïe pour initier l’approche synth pop de "Nebula" qui offre un rythme soutenu par des percussions symétriques et des séquences voltigeant sous les doux souffles harmoniques d’une mélodie qui se siffle avec innocence. C’est une belle ballade électronique qui n’est pas banale puisque Tronestam creuse continuellement ses compositions afin de surprendre l’auditeur avec des tournures inattendues. Délicat, "Distance and Time" est le point de rencontre entre "Nebula" et "Silent Symphonies". "Event Horizon" est un superbe down-tempo cosmique avec un rythme entre deux phases où les percussions feutrées et les séquences circulaires sont bercées de voix lointaines et caressées par un doux synthé aux arômes hispaniques. Ces brises de synthé aux couleurs des terres Ibérique réchauffe le rythme robotique de " Artificial Star Traveler" dont l’amorce éveille des réminiscences de Kraftwerk sur The Robot. "Beyond the Horizon of Knowledge" conclut sur une approche rythmique aussi fine que lourde avec une spirale de séquences aux brefs arrêts rythmiques où la structure se revitamine pour foncer de plus belle comme un train sur des rails bossés. Moins cosmique la structure n’en demeure pas moins autant éthérée avec des voix égarés qui chantonnent sous les torsades d’un synthé aux formes et solos aussi charmeurs que mélodiques.
“Far Away” est plus qu’une agréable surprise. C’est un puissant album de cosmic-rock aux harmonies contagieuses. Johan Tronestam fignole 12 très bons titres qui coulent avec la même biodiversité musicale que si l’on fusionnerait du Tim Blake et du Jean Michel Jarre pour faire revivre l’ère Michael Garrison avec plus de pesanteur rythmique rendue par superbe jeu de percussions/séquences, mais le squelette est très similaire. C’est un album vivant avec un très bel agencement des titres qui défilent comme si nous étions dans un disco-lounge intergalactique. C’est la belle surprise de 2012 en ce qui a trait à une MÉ séquencée et rythmée. À découvrir!

note       Publiée le mercredi 3 octobre 2012

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