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Johan Tronestam › Roswell

  • 2015 • SynGate CD-rJ T02 • 1 CD

cd • 9 titres • 79:09 min

  • 1The Journey to Roswell 6:15
  • 2Crash Site 8:29
  • 3Exciting Experiences 4:46
  • 4The Unimaginable 12:16
  • 5National Security 11:08
  • 6A Silent Response 6:45
  • 7The Roswell Desert 7:40
  • 8Sacrificed 14:10
  • 9The Roswell Post-Reflection 7:40

line up

Johan Tronestam (Claviers, synthés, percussions électroniques, séquenceur et FX)

remarques

On peut avoir des informations supplémentaires sur cet album, de même qu'entendre des extraits, en visitant le lien suivant: https://syngate.bandcamp.com/album/roswell

chronique

Styles
musique électronique
Styles personnels
e-rock, cosmic jarre

L'histoire Roswell est sans doute l'une des bonnes qui peut trouver écho dans la MÉ un brin cosmique, genre Jarre notamment. Étonnement elle sert plutôt de rempart à un solide album de rock électronique par Johan Tronestam qui, malgré de superbes parfums analogues Jarre période Oxygène, exploite une très belle palette de mid-tempos très entraînants au lieu des énigmatiques ambiances interstellaires. Mais personne ne va s'en plaindre car “Roswell” est sans nul doute le meilleur album du synthésiste Suédois.
Les rythmes? C'est l'affaire de Johan Tronestam et ça démarre sur une bonne note avec "The Journey to Roswell". Des cerceaux métalliques et des claquements lointains étendent leurs ombres échoïques. La 6ième seconde est la bonne! Pulsations lourdes, séquences oscillatoires fluides et percussions claquant avec délicatesse tressent le mid-tempo de "The Journey to Roswell" que des voix, des pépiements et des effets organiques recouvrent d'un linceul aussi mélodique que sibyllin. Le rythme suit sa croisière avec de brèves brèches ambiosphériques où des harmonies flottantes règnent sur les ambiances éthérées. Très vivant, mélodieux et entraînant, "The Journey to Roswell" conclut néanmoins abruptement. Mais "Crash Site" reprend de plus bel avec des séquences qui résonnent comme des peaux de percussions dans des percussions tribales. Le maillage des deux effets de rythmes est assez séduisant. Mais pas autant que l'enveloppe mélodieuse qui nous entraîne dans les parfums des déserts d'Orient. L'intro est superbe, très cinématographique, avec des vents et des voix absentes qui soit fredonnent ou grommèlent dans les brises chaudes des déserts. Une première phase de rythme décolle avec des pulsations plus linéaires. Mais le vrai rythme décolle avec plus de fluidité vers la 3ième minute. Un rythme avec des séquences ondulantes qui monte et descend dans un solide tempo, trop lourd pour être un up et trop vite pour être un mid, agrémenté d'une belle palette de percussions et de leurs ombres pleines d'écho. Un phénomène qui enrichit les rythmes de Johan Tronestam tout au long de “Roswell”. Un synthé étend des solos qui peu à peu deviennent les principales harmonies de "Crash Site" dont les parfums du Moyen-Orient restent son principal atout. Nous ne sommes pas dans le cosmique, ni l'inexplicable, mais dans ces structures de rythmes fluides et entraînants qui sont la marque de commerce de Johan Tronestam. On compare souvent le style de Tronestam à celui de Jarre et "Exciting Experiences" ne fait rien pour altérer ce jeu des comparaisons. C'est aussi sobre, accrochant et entraînant que Rendez-Vous IV, arrangements en moins avec de bonnes percussions robotiques et de bons solos d'un synthé qui étend de belles boucles très harmoniques. On embarque à la première écoute. Il n'y a pas 20 minutes au compteur que déjà “Roswell” fait son nid. Et ça sera comme tel pour les 60 prochaines. Et même mieux!
Avec son intro sculptée dans l'insondable où des bruits hétéroclites, des cognements, des claquements, des sirènes et des murmures s'entortillent, se contorsionnent et se libèrent en de longs déroulements passifs dans des corridors aussi lugubres que les recoins inexplorés d'une navette spatiale, "The Unimaginable" nous amène dans les territoires un peu plus complexes de “Roswell”. Une douce et invitante nappe de synthé rhabille ces obscures ambiances d'un voile plus éthéré, invitant un envoûtant duel qui trouve sa sortie avec une délicate voix angélique dont les murmures soufflés et son oraison onirique se fond, se perd dans des lignes d'un synthé libéré de son joug d'oracle. C'est à ce moment qu'un rythme clopinant harmonieusement sort des limbes de "The Unimaginable". Un rythme à trois têtes! Une avec des séquences organiques qui couinent en boitillant, une autre avec des séquences agiles qui mordent le dos des autres et enfin des percussions qui labourent un rythme sobre mais drôlement entraînant. Les effets sont très sci-fi sans pour autant être cosmiques, si ce n'est qu'une délicate mélodie cosmique qui scintille dans les papillonnements d'une ligne de synthé et de son langage organique. Une belle voix séraphique, genre sirène astrale, orne le paysage de "The Unimaginable" dont le doux rythme envahissant passe dans une phase éthérée avant d'afficher un peu plus de vigueur. C'est très bon. J'aime ce petit côté obscure et complexe de Tronestam qui ira encore plus loin avec le très bon "Sacrificed" et sa structure en continuelle évolution. tant au niveau du rythme, que de sa mélodie et des ambiances. C'est de loin le meilleur moment de “Roswell” qui en compte plusieurs dont "National Security" et son orchestration qui mordille sa 2ième partie, après une intro assez ambiante, de bonnes saccades. Là aussi le synthé est magique et dessine de bons solos plus romantiques que cosmiques. La figure de rythme y est aussi très créative. "The Roswell Desert" s'en est échappé, mais dans une plus courte approche bien rythmée et tout autant harmonieuse. "A Silent Response" est un down-tempo rempli des charmes flûtés d'un synthé très près des arômes analogues de Jarre. La progression, l'évolution du rythme est toujours aussi séduisante que surprenante. Séquences vives et rythme fluide, "The Roswell Post-Reflection" conclut “Roswell” avec cette même enveloppe de rythmes sculptés dans l'imagination où trois éléments prennent des directions distinctes sans pour autant altérer une séduisante symbiose qui charme et étonne à chaque fois. Les synthés, avec de bons solos, les effets, avec des voix hors-champs des chercheurs de la NASA (entend-on aussi des gargouillis d'Aliens?) et les arrangements, tissés avec une belle approche cinématographique, ne nous donne guère le choix de remettre "The Journey to Roswell" et de repartir l'aventure sonique de “Roswell” qui est ce qui ce fait de mieux dans le genre de MÉ vivante et entraînante, même avec un tout petit zest cosmique. Chapeau Johan!

note       Publiée le samedi 9 mai 2015

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