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Festival Rock In Opposition, 13, 14 & 15 Avril, Le Garric (Tarn)

par Dariev Stands › mercredi 25 avril 2007

Haut les cœurs, Saïmone et moi-même sommes revenus sains et saufs de cette expédition dans le bas-ventre moite de la France profonde : j’ai nommé le Tarn. Du charbon, des cloportes, des bunkers de brume, des hectolitres de rosée matinale (et du soir et de l’après midi aussi), mais aussi des paysages fort sympathiques et un cadre plus qu’agréable, bien éloigné des habituels festivals… Tout ça pour vous ramener quoi ? Une review sur l’un des plus aventureux événements musicaux de ces dernières années, un festival dédié au Rock In Opposition ! Oui, ce même mouvement musical sous médiatisé (et c’est un doux euphémisme) dont proggy a maintes fois creusé les arcanes… Un genre d’excroissance sans compromission du rock de la fin des années 70, qui lui, en faisait trop justement, des compromis (que ce soit dans le progressif ou non finalement). Un mouvement qui dérangeait bien plus que le punk (j’en connais qui jubileront à la lecture de cette phrase), et qui a vite été jeté aux oubliettes de l’histoire, dans le même sac que le progressif. Un peu trop vite. Et c’est ainsi que le R.I.O. refit surface a la fin des années 80, via des groupes américains notamment, alors qu’il s’agissait principalement d’un courant « européen ». Aussitôt enterré, aussitôt ressurgi, c’est un festival qui se veut dans la continuité du festival « R.I.O. » originel, monté à l’origine par Chris Cutler à Londres… Mais avec une ouverture d’esprit certaine, permettant à toute une frange aventureuse du « progressif » de se retrouver. Michel Besset et Roger Trigaux, organisateurs du festival, ont par exemple tenu à clôturer le festival par Magma. Le Zeuhl et le Rock In Opposition furent donc les deux « genres » les plus à l’honneur pour cette première édition. Tiens, comme par hasard, les rares styles des années 70 a ne pas être devenus cultes entre temps, à notre époque passéiste à souhait ! C’est peut être qu’ils n’appartiennent a aucune époque justement. Que la flamme qu’ils ont allumée n’a pas encore brûlé de toute sa puissance…

Alors voilà, on a été écouter. Et on témoigne. C’est notre profession à nous de témoigner. Et nos témoignages, c’est pas de la daube. J’vais t’en donner, moi du biscuit sur le R.I.O. pour ta feuille de chou !

VENDREDI 13

Salle Gaveau

Zao

Nous arrivons donc sur le site (une ancienne exploitation minière, au milieu de nulle part) en ce Vendredi 13 Avril, pour assister à une première journée peu prolifique… Deux groupes seulement : les Japonais de Salle Gaveau, et les Français de Zao ! On aurait tendance à inverser les nationalités, vu leur patronyme, mais qu’on ne s’y trompe pas : ce sont bien les japs qui font du tango argentin, et les français qui pratiquent un zeuhl tendance jazz débridé ! Les premiers surprendront tout le monde, avec leur mixture explosive de tango pour musique de chambre et de free jazz… On est jamais à l’abri d’une ruade dans les brancards avec ces japs. Et pour cause : deux d’entre eux sont des rescapés de feu Bondage Fruit, groupe de Zeuhl japonais ! Tout s’explique. Compos sublimes, maîtrise totale de leurs instruments, cohésion mirifique… tout y est. L’anti Gotan Project, en somme… Un groupe a faire découvrir au plus grand nombre ! Assurément la découverte de ce festival, et l’un des plus gros coup de cœurs de ces 3 jours pour ma part. Bientôt une chronique.

Le constat est hélas un brin plus amer pour Zao, formation culte de Zeuhl bien française cette fois-ci, puisqu’ils sont les représentants les plus connus de « l’école de Paris », une ramification du zeuhl d’origine qui comprend improvisations et cuivres, deux éléments à l’origine présents dans Magma et qui disparurent au cours de l’évolution du groupe. Un concert un chouïa décevant donc, puisqu’il manquait la chanteuse, Cynthia Saint-Ville, hospitalisée pour des problèmes de voix… On se raccroche donc au saxophone, mais on sent bien qu’il manque quelque chose. Du Zeuhl sans chant c’est un peu comme du Death sans growl. Trêve de plaisanteries, lorsque le violoniste de Salle Gaveau rejoint la scène pour accompagner le groupe lors du dernier morceau, c’est comme si la pièce manquante du puzzle venait d’être retrouvée ! Une alchimie improbable prend alors forme sous nos yeux. Malheureusement, tout virtuose qu’il est, Naoki Kita n’a pu apprendre qu’un seul morceau du groupe, et c’est déjà bien, vu la performance délivrée… Mentionnons quand même le batteur, qui sans raison apparente se fend soudain d’un solo passionné et fulgurant, très loin des clichés du genre, avec un passage purement groovy et régressif en plein milieu, qui fera s’élever quelques « whouhou » de bon aloi dans l’audience.

SAMEDI 14

NeBeLNeST

Present (acoustique)

Peter Blegvad Trio

Faust

Un deuxième jour déjà plus consistant que le premier… On peut d’ailleurs en profiter pour remarquer la curieuse répartition de la programmation du festival. Un premier jour sans réelle tête d’affiche, peu de monde, seulement deux concerts (l’effet vendredi 13 ?), un deuxième avec une seule tête d’affiche, Faust (j’oublie volontairement Present car ils étaient aussi là le 3eme jour, et en formation « complete »), donc un peu plus de monde ; et enfin un troisième jour en forme de bouquet final, avec Mats & Morgan et Magma le même jour, ce qui a failli déclencher des crises cardiaques chez certains (j’en connais). La salle était pleine à craquer bien entendu. On imagine bien que les organisateurs n’ont pas voulu ce déséquilibre, mais on espère surtout que cela n’a pas nui aux entrées… Puisqu’on parle déjà de reconduire le festival en 2008 (alléluïa !). Commençons donc par le premier concert de cette deuxième journée, Nebelnest. Groupe français instrumental manquant cruellement de saveur à notre goût… Fades, peu accrocheuses, les trop longues compos certes très bien jouées de ce quatuor n’ont pas suffi à dégager une identité, ni une cohérence de l’ensemble. Bref, sans être un groupe lambda (on en a pas vu dans le coin), ils ont livré un concert rapidement ennuyeux. Heureusement, Roger Trigaux et son groupe Present étaient là pour nous réveiller, avec une formation inédite : 2 pianos, percussions et voix. Le tout est impressionnant sur la scène… et on avait encore rien vu. Dire que Present a convaincu est un euphémisme. Donnant à leurs compositions infernales des couleurs de musique contemporaine, cette prestation aurai suffi pour traumatiser le public, mais c’est qu’ils ont rajouté une couche le lendemain… Difficile à retranscrire, comme expérience. L’impression d’une menace, noire et imposante, sous nos yeux, comme ces deux pianos à queue emboîtés l’un dans l’autre au milieu de la scène… Dans lesquels Roger Trigaux finira par balancer des balles de ping pong, directement sur les cordes, faisant déraper le final vers la dissonance. Et que dire de cette escapade dans le public (ça deviendra une habitude) du violoncelliste pour le monologue de « Souls for Sale » (si je ne me trompe pas) ? Tel un messager funeste, l’homme a commencé à arpenter les allées de la salle en hurlant son soliloque, avant de s’élancer entre deux ranger de sièges en bousculant au sens propre un auditoire déjà bien secoué au sens figuré, et de s’asseoir juste à côté de notre confrère Sgt. Buck pour continuer sa tirade !! « La punition ! Elle arrive ! ». Je peux vous garantir qu’il n’est pas près d’oublier, et moi non plus.

J’oublierai presque, en revanche, de vous parler du Peter Blegvad trio, si je n’avais jeté un coup d’œil furtif à l’affiche de cette seconde journée. Il faut dire que la discrète pop lennonienne du trio a plus fait office d’intermède de calme et de mélodie dans un monde d’expérimental sauvage qu’autre chose… Composé d’anciens membres de Henry Cow (Peter Blegvad étant également l’un des fondateurs de Slapp Happy), le groupe a su captiver le public malgré sa position délicate dans la prog : coincé entre le rock in opposition sévère et flippant de Present et la très redoutée prestation des dingues notoires de Faust. Une fois encore, c’est l’apport d’un musicien extérieur au groupe qui complètera l’alchimie : le guitariste Bob Drake, ex-5uu’s, ex-leader du groupe Thinking Plague, venu au festival en tant que spectateur (on a pu croiser l’homme à maintes reprises sur le site au cours de ces 3 jours, mais en fait c’est le cas de tous les musiciens). Il rejoint le trio pour les dernières chansons, apportant son jeu singulier et décalé, ainsi que sa nonchalance… Ce qui allait bien de pair avec le jeu de batterie incroyable de souplesse de l’hyperactif Chris Cutler – aussi étonnant que Vander, dans un style opposé – l’un des principaux instigateurs du mouvement RIO, et l’indispensable élément boostant de ce concert. Citons également John Greaves, magistral a la basse fretless. Au final, le seul groupe de ce festival a être porté sur le format « chanson » n’avait pas la singularité que peuvent avoir les autres groupes dans leur giron instrumental. Il paraît que les lyrics de Peter Blegvad sont composés de jeux de mots subtils et sarcastiques… Hélas, sans avoir les paroles sous les yeux, n’étant des bilingues à 100%, nous n’avons pu apprécier cet aspect de la musique.

Dernier concert du jour : FAUST. Une étrange ambiance s’instaure alors que nous revenons dans la salle. « C’est quoi, cette batterie montée à la verticale ? Et ce grand portique en fer au dessus ? Ce fût rouillé, aux avant-postes de la scène ? Et, la bétonneuse, là, pourquoi elle est là ? Pourquoi y’a un micro devant ? », voilà le genre de questions qui ont du traverser l’esprit des spectateurs avant que Faust ne débarque sur scène. Et les réponses n’ont pas tardé à fuser : tout cet arsenal, c’est pour foutre le feu, bien entendu. L’indus ? Connais pas. Là, on parle d’une musique qui n’a jamais été catégorisable, depuis 71. Jamais avares d’une connerie, les Faust passeront deux heures à s’amuser comme des gamins devant nous, public pétrifié, tout en maintenant un groove permanent, un bon vieux beat répétitif qui leur colle aux basques depuis leurs premiers enregistrements… Ce qui constitue un quelque sorte un aboutissement : une musique extrême, souvent bruitiste, mais quasi dansable, heureuse dans sa marginalité (‘ N’attendez rien de nous, nous n’attendons rien de vous’ lancera JH en guise de préambule). Il n’y avait qu’à voir la mine hilare de Jean Hervé Péron, le trublion en chef. L’air débraillé, prompt à la déconnade, il ne manquera pas de s’adonner au lancer de bassine en fer sur son guitariste, Amaury Cambuzat, qui pourtant assurera un formidable « drone » fait de wah-wah et de stridences, tout au long du show. Des stridences qui accompagnent les escapades de JH, qui commence à inquiéter au bout de 2 ou 3 chansons, s’accompagnant à la perceuse, avant que Zappi (batterie) ne le rejoigne à la disqueuse ou bien aux barres de fer… Pour ne pas verser dans la noise pure et dure, le groupe a recours a des boucles, et enregistre un rythme ou un riff avant de quitter ses instruments « classiques » pour d’autres plus inhabituels. Les projections de videos s’arrêtent, et les frontières entre les différents morceaux se font de plus en plus floues. Une chose est sure : c’était le concert le plus accessible de tout le festival. Intense, visuel, drôle, swinguant… Faust, c’est l’antidote à tous les grands cons sérieux des musiques « extrêmes ». Proche de l’esprit Zappa mais en même temps européen en diable. D’ailleurs c’est bien ce que suggère le festival : mettre en exergue une certaine « musique européenne continentale » en réaction au modèle anglo-saxon… Dont on a un peu vite fait un mètre étalon. Et aujourd’hui à l’heure ou ce fameux modèle n’en finit plus de pourrir, la musique des groupes comme Faust ou Magma, toujours en chantier (hé hé), se révèle bien plus influente que les soi-disant monstres sacrés, et gagne une nouvelle popularité. « Le Rock Choucroute ! ». Et les voilà qui se lancent dans « Krautrock », le morceau. Jouissif… Egalement pas mal d’extraits des « Faust Tapes »… Et puis il y a Zappi. Un grand type taciturne, a peine visible derrière sa batterie cyberpunk, martelant sans relâche avec un son énorme, un t shirt « industrial terrorist » sur les épaules, comme pour dire qu’on ne rigole pas, et un short 100% made in germany, comme pour dire que en fait si. Et le tout finira en capharnaüm, la bétonneuse pleine d’objets solides produisant un boucan pas possible, JH empoignant sa tronçonneuse avant de galoper avec dans le public comme un forcené en liberté, le nuage de poussière révélé au dessus de nous alors que les lumières se rallument… Aïe aïe aïe… Et dire qu’il faut tendre l’autre joue maintenant, le troisième jour approche…

DIMANCHE 15

Guapo

Mats/Morgan

Present

Magma

Grosse journée. Ça commence sur les chapeaux de roue avec Guapo... Un groupe avec lequel Progmonster n’a jamais été tendre. Et il est vrai qu’en studio, c’est pas forcément palpitant. Guapo pratique un Zeuhl à tendance noisy assez intéressant, syncopé, et aux guitares rugissantes, ce qui n’est pas de coutume dans ce genre de musique, reconnaissons-le... Et le résultat en live est étourdissant. Précisons que le groupe a été rejoint par un nouveau bassiste et un nouveau guitariste, issu des Cardiacs. On entre dans la salle, les musiciens sont déjà debout, fixant le public. Et sans prévenir, c’est un mur de son qu’ils font s’abattre sur nos têtes… D’emblée. Le son est puissant, large, électrique... Rien à voir avec le Guapo de studio. Des extraits de « Five Suns » et de « Black Oni » sont bien sur joués, mais personnellement, je n’ai rien reconnu. On a vraiment l’impression que ces 4 types jouent ensemble depuis 10 ans ! Guapo, c’est un bloc. Cohésion, puissance, originalité (et oui), tout y est. Sans conteste la surprise de cette troisième journée. Le claviériste et le gratteux envahiront eux aussi le public (encore !), mais cette fois ci armé d’un tambourin et d’un petit gong… Comme pour annoncer l’apocalypse. Et ça ne loupera pas, la fin du concert sera très très intense, voyant le groupe s’exciter à l’unisson sur leurs instruments, jusqu’à atteindre le stade de bruit blanc. On pense à Sonic Youth, et on pense surtout que ces types ont la classe… Lookés comme des vampires, absorbés par leurs instruments, ils ne se regardent même pas de tout le concert. Du lourd, et je ne suis pas le seul à l’avoir ressenti… Après avoir tapé un brin la discute avec le gratteux, très ouvert et content de discuter, et après avoir digressé un peu sur son t-shirt evangelion (des hommes de goût, vous dis-je), nous réintégrons la salle pour assister au tant attendu concert de Mats et Morgan. Je n’écris pas « Mats/Morgan Band » volontairement car la paire n’était accompagnée que par un bassiste, bien en forme au demeurant. Si la maestria du sieur Morgan impressionne d’emblée – son jeu est tel qu’il s’impose au dessus du lot dès les premières secondes – le résultat n’en est pas forcément génial musicalement. Bien sur, c’est encore mieux qu’en studio. Bien sur, ça speede plus que n’importe quel assaut breakcore ou drill’n’bass. Bien sur, Mats est impressionnant aussi et assure le show à lui tout seul malgré sa cécité – s’octroyant même un petit bout d’Univers Zero à l’harmonica. Mais niveau présence sur scène, pour les autres, c’est vrai qu’on repassera. Ce show de Mats/Morgan s’écoute plus comme du Zappa un peu trop clean et néanmoins 10 fois plus fou et frénétique (paradoxe !) que comme une réelle expérimentation. En fait, ces types assurent tellement que rien ne parait risqué. Peut-être que la claque de la technicité est si forte dès le départ que la suite n’en est parue que moins forte… C’est en tout cas à voir une fois dans sa vie, cette communion exclusive entre ce batteur dingue et ce claviériste qui finit par sauter en rythme et tourner sur lui-même à la fin… Une impression de trop plein, de pluie de glaçons aiguisés sur nos oreilles, et en même temps, un arrière goût étrange de légère déception.

Vient le moment des tant attendus Present. Je ne serai pas long sur ce concert. Et ce pour plusieurs raisons. Déjà, il sortira en dvd, accompagné de la prestation inédite de la veille. Achetez-le. Ensuite, c’est peut-être la musique la plus difficile à « expliquer » ou a retranscrire que j’ai écouté. Present dérange. Pas seulement ceux que la musique rebute, non, tout le monde. Roger Trigaux l’a sûrement voulu ainsi quelque part. Que nous soyons tous mal à l’aise. Et pourtant je peux vous dire que les sièges étaient confortables, mais rien n’y fait. Présent en formation complète, c’est une colère méticuleusement canalisée, calculée, agencée pour ne pas en perdre une miette… Une machine sans pilote. Mélange de classique, de rock in opposition, de jazz, de… théâtre aussi. Personnellement, j’ai préféré le concert en acoustique. Mais une chose est sure, ce concert électrique n’a laissé personne indifférent. La plupart des gens étaient stupéfaits, tantôt émus tantôt déstabilisés. Nous savions à quoi nous attendre, mais encore une fois, c’est la fin du concert qui nous a coupé le souffle. Aussi éprouvant pour nous que pour le groupe, à priori. Je ne me sens pas coupable de ne pas le raconter ce concert-là, puisque tout le monde pourra le voir. Bien sur, le mieux reste d’aller les voir jouer, si on peux. Je n’ai pas fini de digérer les séquelles de ce concert (comment une musique instrumentale peut à ce point porter à réflexion ?), et je reste pour l’instant sur ce que j’ai pensé sur le coup, pendant ce « Promenade… » final : Present fait la musique qu’on entendrait si l’industrie musicale n’était pas cloisonnée, une musique libérée des carcans, c’est certain. Cependant, si ces carcans et ce blackout culturel imposé n’existaient pas, qui serait bien assez fou, ou en colère, pour composer pareille musique ? Dans un monde culturellement « libéré », la musique de Present serait bien plus possible, et pourtant, elle n’aurai plus, en quelque sorte, de raison d’être. C’est un peu le cercle vicieux de la phrase « ils ne se révolteront que lorsqu’ils seront conscients, et ne seront conscients que lorsqu’ils se révolteront », brisé ici par le collectif. Au final ce n’est que mon interprétation, bien simpliste je m’en rend compte. Quant à Magma… Magma, après cela, c’était le souffle salvateur, une bouffée de vie. Un concert d’autant plus enjoué que Vander a conclu par une ballade chantée en solo, de sa fameuse voix d’acrobate. « Hamataï !! » lance-t-il avant d’attaquer un Kohntarkosz royal malgré des problèmes de son assez gênants… Le final est toujours aussi foudroyant. Ementret-Ré, le morceau suivant, constitue l’intégralité du prochain album. ¾ d’heure de bonheur. Une des pièces les plus « joyeuses » du répertoire du groupe ! Beaucoup de chant de Vander, et un passage saccadé d’ores et déjà culte, à faire tomber tous les cheveux de n’importe quel fan de Meshuggah en quelques coups de caisse claire. Histoire de rappeler que Kobaïa, c’est quand même une autre planète. A priori ce 3eme mouvement de la trilogie « Kohntarkosz » (toujours composé dans les 70’s) racontera la vie d’Ementret-Re, et comportera les morceaux « Zombies » et « Hhaï », qui est une sorte de monologue d’Ementret-Re chanté par Vander. Je peux que vous conseiller de vous rendre là pour en savoir plus : http://tubulamarok.free.fr/magma/magma.htm Ou bien lisez le livre d’Antoine de Caunes consacré au sujet ! Quant au concert, on restera un brin déçu tout de même par l’absence de rappel, mais sans en vouloir le moins du monde au groupe… Christian Vander étant ce qu’on peut appeler un homme dévoué à son instrument, bien qu’il soit de très loin le batteur au jeu le plus violent et dur de ce festival... Un vrai festival de batteurs, justement. On a pu apercevoir un cd nommé « la batterie est la meilleure amie du musicien » sur un des stands des labels. Ce sera la morale de cette première édition, définitivement.

Bref, un festival a ne surtout pas rater lors de sa prochaine édition. Si on veut faire un geste en direction de la vraie musique, si on veut toucher du doigt un des derniers bastions de résistance garanti 100% irrécupérable par l’establishment, c’est là qu’il faut aller ! Ou bien alors en Free Party, mais c’est une autre forme d’enfermement. Vous n’avez jamais vu ça, un festival ou les musiciens déambulent tous parmi le public sans aucune séparation, ni meme aucune cohue, aucun accès de « fan-attitude » débile à receler… Il fallait y être pour se rappeler que les musiciens ne sont que des humains, que la musique n’a pas besoin d’une quelconque aura « sulfureuse » ou d’un piédestal particulier pour être appréciée. L’inverse du monde surfait des idoles et de la musique pop, en quelque sorte. Deux mecs en tout et pour tout pour assurer la sécurité… Pas de gorilles devant la scène, rien n’empêchait le public d’envahir la scène si il l’avait voulu. Et pourtant, c’est bien la SCENE qui a envahi le public, à 3 reprises ! Le monde à l’envers, on vous dit. Ou plutôt à l’endroit. Rendez-vous l’an prochain, sans doute même endroit… Comme disait Chirac, « c’est loin, mais c’est beau ». Il disait aussi « plus c’est gros plus ça passe » , d’où la taille de l’article. Tant pis ! Ici, on ne ménage pas de temps de cerveau disponible.

Mots clés : Zeuhl Rock in opposition Magma Faust Present Guapo Mats Morgan Salle Gaveau Zao RIO

Dernière mise à jour du document : lundi 30 avril 2007

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