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YOSHIHIDE OTOMO'S NEW JAZZ QUINTET - Cabaret Vauban, Brest, 18 mars 2005

par Saïmone › lundi 5 septembre 2005

Vous connaissez tous l'admiration que je voue à Otomo Yoshihide… Alors quand j'ai appris sa venue à Brest, mon sang n'a fait qu'un tour et c'est armé de nombreuses fringues (dodo dehors en perspective) que me voilà devant la salle-cabaret. Le temps pour moi de me faire inviter dans un vernissage photo (ne me demandez pas comment, je ne l'explique pas moi-même) et je pénètre dans la dudite salle, aux allures de cabaret (comme c'est étrange). Installé sur la première table devant la scène, je vais assister là au concert de jazz le plus jouissif de toute ma vie (vous conviendrez que je n'ai jamais assisté à un vrai concert de jazz). Comme ce n'était pas indiqué sur le programme, Otomo est ici armé d'un septet, c'est-à-dire un batteur (qui nous gratifiera durant le set d'un solo de batterie des plus incroyables que la terre ai connue), un contre bassiste génial, un saxophoniste alto (assez discret), un saxophoniste ténor (et à l'occasion clarinettiste basse, trompette de poche, etc…), une xylophoniste, Sachiko M (aux infrasons) et Otomo à la guitare. Musicalement, comment décrire l'expérience que j'ai vécue ? Pour situer rapidement, on navigue d'un jazz feutré (dont la beauté se trouve torturé par les infrasons insoutenables et jouissifs de Sachiko) à un free jazz hystérique proche d'Electric Masada. Tantôt guitariste bruitiste et dissonant, tantôt conducteur d'orchestre (à la manière d'un Zorn), Otomo éclabousse le public (d'une moyenne d'âge de 50 ans) de sa classe. Le public, parlons-en, qui restera durant tout le concert silencieux et passif, inexistant, ce qui me vaudra d'ailleurs de me faire remarquer par le batteur du groupe, qui, durant un moment zen de musique (10 min de fréquence aigue et de xylophone ondulatoire et hypnotique au possible), descendra de scène et me tournera autour avec un bol de métal dont il fera sonner la pureté avec un bout de bois… ambiance relaxante garantie. Le saxo ténor (seul occidental du groupe) se prend pour le cousin de John Zorn, encore plus impressionnant quand celui-ci s'empare d'une clarinette basse et qu'il envoie la sauce de dissonance sur fond de blasts dans la gueule d'un public traumatisé (et toujours Sachiko M, belle et jeune, et totalement barge et sage). Un concert de free jazz éclectique, d'une intensité peu commune, d'une inspiration rare et d'un charisme nippon inégalable. Non, vraiment, je ne vois pas pourquoi j'arrêterais d'aduler Otomo Yoshihide.

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Dernière mise à jour du document : lundi 5 septembre 2005

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