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Skinny Puppy › ViviSECTvi

cd | 13 titres

  • 1 Dogshit [3:55]
  • 2 VX Gas Attack [5:36]
  • 3 Harsh Stone White [4:28]
  • 4 Human Disease (S.K.U.M.M) [6:18]
  • 5 Who's Laughing Now? [5:28]
  • 6 Testure [5:06]
  • 7 State Aid [3:54]
  • 8 Hospital Waste [4:37]
  • 9 Fritter (Stella's Home) [3:31]
  • 10 Yes He Ran [6:28]
  • 11 Punk In Park Zoo's [2:30]
  • 12 The Second Opinion [4:58]
  • 13 Funguss [4:03]

remarques

Les titres 9 à 13 n'apparaissent que sur l'édition CD

chronique

Styles principaux
electro
indus
noise
ovni inclassable
Styles personnels
cauchemar intégral

Avant d'être un album, ViviSECTvi est un manifeste. C'est un résumé en neuf titres (treize sur la version CD qui comprend quelques titres de 12” supplémentaires) de la localisation de Skinny Puppy dans le domaine politique et social ; ouvertement engagé contre la vivisection, les armes chimiques et l'obsession guerrière des Etats-Unis. C'est aussi dans le vivier du groupe l'album le plus intense et brutal, presque épuré mélodiquement (voire musicalement) pour ne laisser qu'une armature métallique coriace, systématique et notoirement cyberpunk jusqu'aux bouts des clous. On pourrait même croire à une seule gigantesque usine à rythmes saccadés et rèches sur lesquels Ogre scande ses mantras et ses grognements avec l'intensité du power electronics, le tout savoureusement enrobé de chair en lambeaux, tournoyante et sans cesse recomposée, décomposée, éparpillée. Lorsqu'ils s'offrent le luxe d'une mélodie ('Testure'), c'est pour mieux se rattraper (le glacial et intense 'State Aid'). Et puis, il y a l'organisation interne de l'usine, ou plus exactement, l'absence d'organisation, mais la présence abondante d'organismes. Plus que jamais, les braps de Skinny Puppy sont vivants et geignent en tous sens ; on avait parlé de fantasmagorie et l'on parlera donc de cyberpunk fantasmagorique ; de cette beauté convulsive d'un surréalisme torve qui rend chaque titre plus surprenant à chaque écoute. ViviSECTvi est une plante biomécanique dont le coeur ne cesse de battre la mesure au rythme d'une poésie urbaine montée sur le sang, la pollution et le gâchis innommable. Un gâchis transcendé, qui donnera aux ruines d'une société dérivante de nouvelles couleurs à apprécier sous d'autres filtres – vitamines T, H et C – et en évitant soigneusement de chercher un sens ou une porte de sortie. C'est un album fait pour cauchemarder et danser au fond des cuves, à battre la mesure au rythme des engrenages. Une heure chaotique qui n'a ni la saveur délirante des bouffées dépressives de Last Rights, ni la violence hystérique de Too Dark Park, ni l'ardeur dance-floor du charnel Cleanse, Fold and Manipulate ; mais les relents de rouille tétanique des machines imaginaires qui régissent le cerveau du Mal, le vrai, celui en action tous les jours devant les yeux de tous les aveugles. Plus Skinny Puppy s'enfonce dans le noir et plus les foules adulent, les malheureux – le message si masqué qu'il soit sous des litres de sang et d'huile de moteur devrait apparaître pourtant sublimé : l'Horreur dans sa superbe nous roule dessus tranquillement, et on en redemande chaque jour un peu plus. (mardi 14 décembre 2010)

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Note moyenne :        17 votes

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allobroge › vendredi 17 octobre 2014 - 02:58  message privé !

Un magnus opus ma foi ( de carnivore ).

Note donnée au disque :       
enslaver_666 › jeudi 12 juin 2014 - 17:05  message privé !

Les choses très sérieuses commencent ici. Pas que les 3 premiers albums n'ont rien à offrir, bien au contraire, mais je suis de ceux qui pensent qu'ils ont permis à Skinny Puppy de se réchauffer avant de balancer ses monstres. "ViviSECTvi", dont le titre est génial d'un point de vue visuel, est le premier d'entre eux. Je tant même à penser qu'il s'agit du plus gros morceau à assimiler dans leur discographie, avec "Last Rights". "Brûlant" est le terme qui convient bien pour qualifier l'album. À son écoute, on a l'impression d'être pendu au coeur d'un volcan, à suffoquer dans les vapeurs et l'odeur du souffre. Il s'agit possiblement aussi de l'album le plus agressif du groupe, de par ses sonorités et l'emphase mise sur les percussions fortes. "ViviSECTvi" tente de nous tenir au loin mais comme des enfants curieux, nous nous retrouvons attirés par l'interdit. Des mentions plus spéciales à "Harsh Stone White" et "Testure", qui sont d'ailleurs les titres les plus "tranquilles" de l'album. La réédition nous offre 4 pièces instrumentales qui tombent dans un noise indus chaotique. Personnellement, je trouve qu'elles minent un peu la qualité générale de l'oeuvre mais en se concentrant sur les 9 titres originaux, on se rend bien compte que l'album est un autre indispensable indus. Pas celui que je suis le plus porté à écouter mais il nous présente un Skinny Puppy maintenant en pleine possession de ses moyens, mais paradoxalement, totalement décompensé.

Note donnée au disque :       
taliesin › lundi 26 novembre 2012 - 12:05  message privé !

'tain je viens de réaliser... 'faut pas m'en vouloir... très fatigué pour l'instant môa ;-)

Note donnée au disque :       
Seijitsu › lundi 26 novembre 2012 - 09:39  message privé !

ViviSECTvi ou le disque qui joue avec ton cerveau.

Note donnée au disque :       
Jean Rhume › lundi 26 novembre 2012 - 09:13  message privé !

Tout à fait. Sauf si c'est aux corneilles (malgré que bailler en écoutant Corneille soit tout à fait crédible)...