Les objets chroniqués

Vous êtes ici › Les groupes / artistesMMenomena › I am the fun blame monster

Menomena › I am the fun blame monster

9 titres - 44:24 min

  • 1/ Cough Coughing (3:20)
  • 2/ The Late Great Libido (4:59)
  • 3/ E. Is Stable (5:17)
  • 4/ Twenty Cell Revolt (4:05)
  • 5/ Strongest Man In The World (5:35)
  • 6/ Oahu (5:18)
  • 7/ Trigga Hiccups (4:02)
  • 8/ Rose (2:58)
  • 9/ The Monkey's Back (8:52)

extraits audio

  • Il y a des extraits audio pour ce disque. Vous devez être membre pour les télécharger : devenez membre.

line up

"Danny Seim (percussions, chant), Justin Harris (basse, guitares, saxophone bariton et alto, chant) , and Brent Knopf (guitares, claviers, glockenspiel, chant) perform, sing, arrange, create, and destroy Menomena songs."

remarques

réédition d'un premier album de 2003, autoproduit et autodistribué, sans label.

chronique

Styles
post rock
rock alternatif
indie rock
trip hop
Styles personnels
post rock qui groove

Vous en connaissez beaucoup vous, des génies méconnus ? À notre époque ou le talent est soi-disant partout mais ou finalement, les vraies œuvres restent confinées dans l'anonymat, un cas comme Menomena redonne un peu espoir... Ça ne vous est jamais arrivé de lâcher "ah et dire qu'il y a des milliers de génies qui répètent dans leur garage et qu'on entendra jamais" ? Eh bien, "I Am The Fun Blame Monster!" (anagramme de "the first menomena album", rangez les champignons), est la preuve manifeste de leur existence ! Ces trois types ont tout fait à la maison : enregistrement, pressage du disque et création du site internet. Pour ce dernier point, je vous invite à faire un tour sur la page consacrée au premier album sur leur site actuel, pour mieux saisir leur humour particulier. Mais si cette page web (à l'époque la seule de leur site !) fleure bon le lo-fi et l'humour potache, ce n'est pas le cas du disque. Car ce tout premier jet à la production parfaitement sobre, c'est un choc comparable à OK Computer en son temps. Et je ne rigole pas. Pas de concept ambitieux ici, simplement une musique unique au monde, mélancolique, nocturne, aérienne... Un peu comme si The Beta Band faisait du quad sur la lune. La batterie, compressée, évoque justement "Airbag" de qui vous savez et construit une charpente trip-hop pour tout l'album. La dessus s'ajoute une basse dub complètement libre de ses mouvements, un piano fatigué qui flotte un peu partout comme un fantôme, et enfin une voix posée, mélodieuse, calme, tout sauf maniérée, simplement adéquate. À cela s'ajoute parfois une pedal steel qui vous obsédera jusqu'à la mort sur "E. Is Stable" ou un saxophone enroué qu'il ne fallait pas réveiller à cette heure-là sur "Twenty Cell Revolt" ; quand ce ne sont pas des claviers au timbre jazz sur le fantastique "Monkey's Back", une tuerie de trip-hop à faire pleurer Massive attack qui mue a mi-chemin en éboulement de guitares saturées (les seules du disque)... Brent Knopf, le chanteur et claviériste, a même été jusqu'à créer un logiciel pour pouvoir improviser sur des loops. Ce qui ne s'entend pas forcément, ok. Mais on s'en fout. Les 9 titres de ce disque sont anthologiques, ni plus ni moins. On se prend claque sur claque, et le pire, c'est que ça sonne frais ! Il faut dire que ces trois gars de Portland ont pour eux une science de la rupture assez effarante... Ils partent dans des montées, se lancent dans des harmonies vocales, puis ce foutu piano vient tout briser en 3 notes infernales. Il y aurait beaucoup à disséquer au niveau des structures de cet album, mais je préfère vous parler de "Strongest man in the world", qui nous téléporte illico au cœur des fumerolles d'un volcan en phase de réveil, ou encore de "Oahu", qui donne l'impression d'un vol nocture au dessus d'une mer houleuse voire "once a maiden on a voyage
through a shipless sea"... Trop d'images viennent pour les raconter ici. Chaque chanson mériterait une chronique ! Potentiellement, cet album est écoutable par tout le monde, du fan de post-rock à l'amateur d'electro, pour qui ses structures alambiquées auront quelque aspect familier. Mais pour tout le monde, "I am the fun blame monster!" restera comme un îlot de beauté pure, ultra concentré en 9 tableaux d'impressionisme sonore... Il s'en passe des choses dans les garages de l'Amérique...

note       Publiée le lundi 21 mai 2007

réseaux sociaux

tags

Vous devez être connecté pour ajouter un tag sur "I am the fun blame monster".

notes

Note moyenne        15 votes

Vous devez être membre pour ajouter une note sur "I am the fun blame monster".

commentaires

Vous devez être membre pour ajouter un commentaire sur "I am the fun blame monster".

Aladdin_Sane › samedi 12 octobre 2013 - 16:02  message privé !

Toujours aussi excellent cet album. Il tourne en boucle avec le coffret du Beta Band sur ma platine.

Note donnée au disque :       
pyosisified › jeudi 13 septembre 2012 - 12:21  message privé !

J'aurais pas cru qu'il passerait aussi bien l'épreuve des années celui-ci, toujours un plaisir.

Note donnée au disque :       
Aladdin_Sane › lundi 29 août 2011 - 22:39  message privé !

Je viens de commander la réédition avec les b-sides. Curieux de voir ce que vaut le DVD également.

Note donnée au disque :       
dariev stands › vendredi 26 août 2011 - 18:58  message privé !
avatar

aaah, merci ! je viens de voir qu'ils sont sur le même label (Barsuk) que Dismemberment Plan... ça fait sens.

Seb de Super › vendredi 26 août 2011 - 14:25  message privé !

Il vient d’être réédité avec de B-side et un DVD bonus