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Dolorosa › Hordhen

cd | 8 titres | 50:56 min

  • 1 Hordhen I
  • 2 Hordhen II
  • 3 Hordhen III
  • 4 Hordhen IV
  • 5 Hordhen V
  • 6 Hordhen VI
  • 7 Hordhen VII
  • 8 Hordhen VIII

line up

Vinz Dolorosa (guitare, basse, percussions, voix), Daniel Palomo Vinuesa (saxophones, ewi, clarinette, scissors & brushes)

Musiciens additionnels : Marie Catherine Mossé (voix et arrangements voix sur "Hordhen III, IV, VI, VIII"), Jean Paul Pesty (basse et arrangements basse sur "Hordhen VI")

remarques

https://dolorosa.bandcamp.com/album/hordhen

chronique

Sous le sombre roc de cette pochette propice à la paréidolie, se cache une musique encore plus austère, aux notes obsédantes... Percevez-vous ses soupirs troublants, au gré du ruissellement âpre des cordes, des vents qui rôdent autour comme des âmes en peine ? Ses mélodies lugubres, qui charrient l'angoisse et le rêve, extirpent les esprits de la terre ? Entendez-vous ce qu'il se passe désormais de magique dans la musique de l'étrange Vinz et de ses acolytes, résignée aux ténèbres au point d'avoir fusionné avec elles ? Une musique à présent mystique, au goût d'incantation et de mystère, vouée à rester cachée pour vous attendre, comme une amulette dans un coffre profondément enterré durant des siècles, attendant celui qui l'ouvrira un jour pour prendre possession de son âme. Dolorosa, que j'avais perdu de vue - à tort très certainement, mais la créature semble ombrageuse - revient, zeuhlifié, teutonifié, ritualisé, plus sorcier, plus hanté que jamais... Et même, à sa façon fort singulière : Beau. Évoluant semble-t-il dans des ruines moyenâgeuses, au bord d'une falaise noire non loin de cette pochette, surplombant la mer d'un côté et de l'autre une forêt de hauts pins noirs écrasants... Magnifié, peut-être, par un diadème de quelque origine, un maléfice abscons... ou la présence de voix féminines, venin certain... Transcendé par un appétit pour l'occulte et l'onirisme le menant à sortir un album dont la beauté sépulcrale m'a saisi sans prévenir. Plus que jamais occulte, oui ; et plus que jamais "années 70 expérimentales", pour le meilleur. Imprégné d'une mélancolie profonde, aussi... Dolorosa persévère aveuglement dans la nuit, SA nuit, créature hammilienne, ou vanderienne, mais créature ayant sa singularité propre, s'imposant en circonvolutions envoûtantes et implacables, qui n'ont pas besoin de titres. Une cérémonie en huit actes, bien différents mais formant un tout redoutablement cohérent, conduite par des fanatiques aux motivations incertaines, possédés par leurs litanies, leurs mouvements lentement orchestrés en motifs cycliques. Dolorosa est désormais... La Secte Dolorosa. Et c'est dans son rituel aux airs de spiritisme rural, cette sarabande hors des temps au creux de quelque village reculé du fin fond d'une région mal définie, qu'il nous convie, armé d'instruments modernes mais mu par des forces ancestrales, bien plus anciennes que le rock progressif... Huit pièces magistrales, dont le funeste pouvoir de fascination croît inexorablement, comme un lierre noir sur la roche. N'espérez pas résister, vous qui n'êtes que statues.

note       Publiée le jeudi 17 octobre 2019

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vincenzo › vendredi 18 octobre 2019 - 11:46  message privé !

En écoute et téléchargement (prix libre) ici en attendant une sortie "physique" : https://dolorosa.bandcamp.com/album/hordhen