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Hey Colossus › In Black and Gold

  • 2015 - Rocket, LAUNCH077 (1 cd digipack)

cd | 8 titres | 41:23 min

  • 1 Hold On
  • 2 Sisters And Brothers
  • 3 Hey, Dead Eyes. Up!
  • 4 Wired Brainless
  • 5 Black And Gold
  • 6 Lagos Atom
  • 7 Eat It
  • 8 Sinking, Feeling

enregistrement

Mastérisé par James Plotkin.

line up

Tim Farthing (guitare), Paul Sykes (chant, synthétiseur), Robert Davis (guitare), Jonathan Richards (guitare, programmation), Rhys Llewellyn (batterie), Joe Thompson (basse), Tim Cedar (microphones)

chronique

Après cette introduction aussi radioactive que celle du vieux jingle Canal+ sur le trait chelou qui se transforme en disque ovale arc-en-ciel, puis une aguicheuse parade krautiste à la Can, la musique a explosé en confettis croustillants, en même temps que l'écho-chant qui me bombardait de polystyrène sonore pour me dire bonjour... Et puis je ne sais plus très bien ce qui s'est passé... Mais c'était chouette. Je suis monté à bord de cet album, de ce vaisseau spatial rock. Bigrement invitant, le vaisseau. Et qui change aisément de carlingue et de couleurs, au gré de ses rythmiques. Fusée cracheuse d'ondes, cargo de visions résonnant entre plusieurs dimensions. En Noir & Or, il passe faire coucou à la Terre, et s'y arrête pour faire le plein de cailloux, tout en se vidangeant de ses fluides riches en composés hallucinogènes. Et en rockant maman, quand il faut avec une ferveur primordiale, celle d'un groupe qui serait né avant ses modèles. Touchons les vibrations, nageons dans le cosmo-fluide... ruons-nous aux sources de l'aube seventies et faisons le plein de futur du passé. Rampez avec nous jusqu'au flot généreux d'ambiances space-rock, hippies assoiffés ! Vivez pleinement votre psychédélicophagie, tous nus face aux à ces offrandes soniques ! Vous pouvez encore le chopper ce vaisseau, si vous êtes vivants et qu'il existe quelque part à quelques clics, quelques parcelles de gens, d'arbres, de murs... Il vous attend dans le passé, dans le futur... Y a pas de présent, pour In Black and Gold, il vit quand on l'écoute et meurt quand on ne l'écoute pas, c'est le contraire du Chat de Schrödinger, ou alors... il vit même quand on l'écoute pas et il a pas besoin de nous - mouais... enfin bon, j'ai peut-être pas tout pigé à ce matou dans sa boîte et il m'énerve, c'est sûrement un de ceux que Brel a jamais zigouillé. Et peut-être que Hey Colossus en fait il se fout juste de ma gueule avec un narguilé au bec, parce qu'il est du Cheshire ? D'façon c'est pas un mammifère qui me nargue c'est un vaisseau j'ai dit, peint d'or comme sa pochette art déco-bling bling... Y a des ombres aussi, partout, en trompe-l'oreille, on ne sait trop ce qui s'y cache... Hey Colossus est ce groupe-drakkar à réaction placé en orbite de cerveau, en rock-trip dans un tohu-bohu limpide. Pourvoyeur d'albums à morceaux-mondes comme Amon Düül II, même s'il manque je sais pas quoi à celui-ci pour être un système planétaire à six boules jaunes (oui cet album me laisse toujours malgré sa densité une légère mais persistante sensation d'inachevé, sans doute pas étrangère à son goût de reviens-y très tenace - désolé je suis revenu à la réalité froide de la chronique, brrrr...) Il y a du faux crescendo vicieux, des collisions de protons à la guitare et au chant, des élévations qui ressemblent à des atterrissages qui eux-mêmes semblent plutôt des alunissages au cours de leur mol écrasement dans le sol d'un son gris-blanc, et puis une séquestration de l'auditeur, et son lent massage à tabac à coups de bâtons d'encens et de tubes d'évacuation en PVC par des robots aveugles en forme de Daleks dans un immense générateur électrique de chez Scorn Industries qui somnole et stridule et qu'on ne doit surtout surtout SURTOUT PAS réveiller (je me trouve dans "Lagos Atom" au moment où j'écris cela... chhht). Puis tout se disloque, se re-lock, se lock-down, se donne entier, nombres, germes, racines carrées de Pythagore, fils d'or fin, fond diffus, anti-riffs, antimatière, bruits de succion, espace-temps aspiré avec une paille... Le rock invasif et crunchy-smooth de Hey Colossus a fait son œuvre, lorsqu'il s'achève sur ce bien-nommé "Sinking, Feeling", stoner étalé comme une crêpe géante sur la surface de Pluton, qui n'est pas une planète du système solaire mais mon canapé... Permutation des neurones, applaudissements des synapses. Retour au néant.

note       Publiée le lundi 9 septembre 2019

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dariev stands › mardi 10 septembre 2019 - 14:19  message privé !
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Ouais, je crois que leur meilleur reste ce "Hey Cuckoo Live Cuckoo" que tu mentionnes gulo, leur album au narguilé. Jusqu'au boutiste. Mais cet album de kraut futuriste est vraiment une bombe, dans son genre. Mériteraient d'être Temples à la place de Temples eux. Histoire de critiquer un peu, Raven : je trouve qu'il n'exhale pas du tout ce côté hippie 70's moi (space-rock, oui, si l'on veut, dans l'acception moderne), et c'est d'ailleurs ce qui situe un peu ce groupe à part du rock psyché actuel, avec Thee Oh Sees et quelques autres qui sont assez vrillés pour qu'on ne pense qu'à eux en les écoutant.

Klarinetthor › mardi 10 septembre 2019 - 14:05  message privé !

ce groupe je n'y arrive plus en concert je trouve ça lourdingue; mais cette K7 (oui je l'ai en K7, elle scintille plus que des Benson & Hedges bien packagées) me rappelle bien des longues marches tardives dans Londres. Un des albums psyché récent qui me touche le plus.

Note donnée au disque :       
born to gulo › mardi 10 septembre 2019 - 08:27  message privé !

Du coup faut faire le narguilé aussi.

Note donnée au disque :