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Scann-Tec › Unyt

cd • 10 titres • 69:49 min

  • 1Snova I Snova 6:34
  • 2Unyt 7:31
  • 3Quantum Evo 6:47
  • 4Ne Viden 8:35
  • 5Svet 6:46
  • 6Klinostat 8:00
  • 7Parsec 7:03
  • 8Delta-V 6:45
  • 9Nadezhda 9:00
  • 10Turgenev 3:02

enregistrement

Composé, arrangé et mixé par Vladislav Isaev au studio Monokanal, Russie

line up

Vladislav Isaev (Synthés numériques, logiciels de synthé, PC, séquenceur, percussions électroniques, échantillonnages et effets)

Musiciens additionnels : Elena Isaeva (Séquenceur additionnel et échantillonages) Vlad Kopp (Voix sur Turgenev)

remarques

On peut avoir des informations supplémentaires sur cet album, de même qu'entendre des extraits, en visitant le lien Bandcamp suivant: https://ultimae.bandcamp.com/album/unyt-24bit

chronique

Ça vous étonnerait si je mentionne que j'ai eu quelques difficultés à apprivoiser cet album? Et ça vous étonnerait si je disais maintenant qu'il ne veut plus sortir de mon lecteur CD? Scann-Tec c'est Vladislav Isaev. Un musicien moscovite qui explore les sentiers de la MÉ depuis le début des années 2000 alors qu'il se procurait un synthé MIDI. Depuis il a produit quelques E.P. et a fait quelques apparitions dans des festivals de musique Chill Out tout en composant de la musique d'ambiances. Collectionneur des tonalités de la vie, il insuffle à sa musique une foule d'échantillonnages qui l'amène dans les territoires du Psybient. En 2010 il produit un tout premier album, Facial Memories, qui connait un vif succès auprès des amateurs du genre alors que parallèlement sa musique se retrouve sur certaines compilations du label Ultimae Records. En 2013 il présentera son premier album sur le label Lyonnais avec Morpheus | Live Nuit Hypnotique #4. “Unyt” apparaît dans les bacs quelque 3 ans plus loin. Et comment définir “Unyt”?
Eh bien l'aventure débute avec "Snova I Snova". Des grésillements et des bruits de statique d'un poste de radio qui refuse de sortir des ondes envahissent nos oreilles. La voix d'un présentateur Russe finie par sortir des limbes radiophoniques alors qu'une large bande d'ondes synthétisées rôde comme une menace radioactive. Des palpitations s'en échappent. Elles battent une mesure arythmique tandis que les lignes de synthé crachent un venin réverbérant. Alors que ces lignes grondent, des cliquetis picorent les ambiances. On dirait un rythme amérindien qui refuse de sortir de sa coquille. Et, après un bon deux minutes de psybient, le rythme éclot dans une toute autre approche avec des séquences dont les miroitements rappellent l'univers de Tangerine Dream dans Wavelenght. Tiraillé entre des pulsations/palpitations qui grondent et ces séquences limpides qui ondulent comme des vagues exposées au soleil, le rythme de "Snova I Snova" est aussi statique qu'une danse de grenouilles dans une cage thoracique dont le cœur cherche toujours son eau de vie. Voilà! Vous avez la signature de Scann-Tec. Chacun des 9 titres qui suit apporte sa vision rythmique dans un univers de sons qui sied très bien au modèle du label Lyonnais. La pièce-titre inonde nos oreilles d'une richesse sonore si dense qu'elle cache une structure de rythme qui clopine de ses pulsations irrégulières. Cette enveloppe de rythme instable cache à son tour une mélodie fantôme qui s'accroche à des effets de guitare électrique. Plus on avance dans “Unyt” et plus on sent que le rythme cherche à exploser. Les structures de rythme ici vivent dans les aléas de l'intermittence. Elles déboulent en cascade pour s'évanouir dans des laps de temps indéfinis et recherchent la survie sous d'autres formes. Comme dans "Quantum Evo" qui offre un bon up-tempo entrecoupé de passages ambiosoniques d'une richesse aussi inouïe que sa diversité. Dans ces moments, ce sont les mélodies qui nous pognent au cœur. Comme ce synthé qui larmoie autour de la 4ième minute. Les intros et les outros sont sculptées dans des ambiances riches en géniteurs de paranoïa.
Il peut y avoir des exceptions, comme "Ne Viden" où les bruits et le rythme lascivement entraînant conjuguent leurs efforts dans une fascinante ballade psybient. Les percussions y sont superbes. On dirait que certaines d'entre elles atteignent la muraille de ce mur de sons qui entoure “Unyt” afin de créer un bassin de cercles multi-sonores qui éclatent de couleurs abstraites, décorant ainsi cette six-cordes acoustique qui tente de rabouter sa mélodie fragmentée dans cette faune de tons et de percussions rebelles. L'aventure de "Ne Viden" finie par aboutir en un bon down-tempo. Bien que l'on sente la courbe des rythmes s'accentuer il n'y aura jamais d'explosions. Au mieux des implosions! Après un structure légèrement plus dynamique et nettement plus spectral, le rythme de "Svet" éteint sa belle croissance dans une nappe d'ambiance organique. Le pattern de séquences à la TD refait surface dans "Klinostat" qui est un bon down-tempo dont la vélocité statique du rythme gonfle comme un batracien sur le bord d'exploser. Le piano éparpille ici les notes de cette mélodie fantôme qui traîne quelques fois autour de “Unyt”. "Parsec" est plus du genre up-tempo avec des mouvements de saccades interrompus dans une faune de tons aussi hallucinants que séduisants. Les bouts de bois qui se disputent entre les phases d'ambiances sont un objet de séduction. Nos oreilles étant inondées de battements et de pulsations aussi lourdes que sourdes, c'est avec un certain contentement qu'elles a accueillent le paisible "Delta-V". Même si ses 2 dernières minutes convergent vers une approche de techno pour zombies marinés. Entre le rythme, et ses différentes facettes, et les ambiances, et ses multiples charmes sonores, "Nadezhda" conclut cet album un peu difficile à apprivoiser, tant la faune sonique et ses éléments de psybient mangent ces structures de rythme qui se chamaillent constamment pour séduire. Comme dans les 2 dernières minutes de "Nadezhda" dont la finale sert d'introduction au très ambiant "Turgenev" où Vlad Kopp fait la narration d'une nouvelle de l'écrivain Russe Ivan Turgenev. Ainsi est fait “Unyt” où le Psybient n'aura jamais été aussi dense et aussi séduisant. Bref, à la grandeur des productions sonoramiques de Ultimae Records! Et je voudrais souligner l'excellence de ce label afin de produire un contenu de haute qualité. La pochette de cet album, comme toujours dans les œuvres de Ultimae Records, propose de superbes photos qui sont en concordance avec la vision artistique du label Lyonnais. On y retrouve aussi des notes de Vladislav Isaev qui explique les tenants et aboutissements de ses compositions de “Unyt”. Un travail fantastique!

note       Publiée le mercredi 6 juillet 2016

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Warsaw › mercredi 30 novembre 2016 - 20:52  message privé !

Décidément, il faudrait que je fouille plus dans le label Ultimae Rcds (après la claque que fut Carbon Based Lifeforms). Excellente découverte en matière d'electronica/psybient onirique et envoûtante...

Note donnée au disque :