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Paul Lawler › OPUS

cd • 9 titres • 61:30 min

  • 1Opus 10:34
  • 2Thor Hammer (feat. Zlatko Perica) 6:32
  • 3Fire Wings 6:18
  • 4Sun Dog 5:24
  • 5Post Apocalyptic Rodeo (feat. Zlatko Perica) 5:51
  • 6Bringers of the Star 5:47
  • 7Creation Concept 7:36
  • 8Tesla Code (feat. Paul Speer) 6:43
  • 9Tomorrow's People6:45

line up

Paul Lawler (Claviers, synthés, percussions, séquenceurs, guitares, piano et FX)

Musiciens additionnels : Zlatko Perica et Paul Speer (Guitares)

remarques

chronique

Styles
musique électronique
Styles personnels
atmosphère et cinématographique

Dans les mythes et légendes d'Arcane, Paul Lawler est considéré comme étant l'ex-claviériste du mythique trio d'origine inconnue. “OPUS” est son 8ième album en solo depuis la parution de Bronx Age en 1997. Et si vous pensez y entendre une scission d'Arcane, vous en serez quitte pour une agréable surprise. En fait “OPUS” est un album difficilement étiquetable. Paul Lawler bouleverse l'ordre des choses en offrant un album qui embrasse une vaste majorité de styles dans un pattern musical digne d'une musique d'un film rocambolesque, genre Guy Ritchie et Quentin Tarantino réalisant un western cosmique dans les rues d'un Londres des années 2000. D'orageux à poétique, “OPUS” nous vire à l'envers avec de fougueux rock électronique, où l'explosif Zlatko Perica n'a rien à envier à Eddie Van Halen, de belles ballades solitaires et des ambiances cosmiques qui nous font regretter son départ d'Arcane (d’ailleurs à quand un retour?). Bref un solide album forgé de mains de maîtres où les styles se fondent en une surprenante mosaïque musicale.
La pièce-titre se faufile dans nos oreilles avec un maillage d'ondes sombres et de souffles oniriques qui flottent dans une ambiance empreinte de mystère et d'intensité. Ces lignes s'agglutinent, entremêlant leurs reflets miroitants et leurs souffles ténébreux dans les remous d'une ligne de basse vampirique alors que de perçantes sirènes hurlent en boucles pour annoncer les premiers balbutiements rythmiques de "Opus". Et ce rythme s'installe par des cliquetis et des pulsations d'un bass-drum qui battent une mesure linéaire sous une avalanche de strates hurlantes à la Synergy et de lourds drones réverbérants. Le synthé étend ses superbes solos lyriques qui roucoulent dans un brouillard valsique alors que les percussions et de lourdes pulsations résonnantes font trembler les oreilles qui trouvent un certain réconfort dans la grâce de très beaux solos aux doux parfums analogues. "Opus" épouse alors une surprenante chevauchée rythmique avec une approche qui se confond avec Ennio Morricone. Et tombent les riffs! Ils sont lourds et tranchants, soulevant des particules cosmiques qui dansent dans ces très beaux solos. Des solos qui unissent à merveille le rock et l'électronique, déchirant les ambiances de ce titre imprégné d'arômes cinématographiques. "Thor Hammer" poursuit la quête du lourd rock électronique de “OPUS” avec une chaine de séquences qui tournoie comme les pales d'une hélice coupant le vent. Les percussions sourdes tombent et martèlent un rythme de plomb qui halète sous les douces strates rêveuses d'un synthé et de ses solos un brin symphoniques. La guitare de Zlatko Perica épouse cette mélodieuse approche très musicale avant que le guitariste Croate ne morde "Thor Hammer" de ses violents solos incisifs. Des solos qui hurlent et déchirent les toiles harmoniques d'un titre qui plie l'échine sous ces puissants riffs et des arrangements saccadés. Ces puissants solos volent de leurs complaintes criardes sur un ruisselet d'ions séquencés qui rayonnent entre ces ambiances éthérées et ces rythmes saccadés qui déchirent les 6 minutes de "Thor Hammer". Après le chatoiement de fines séquences ondulant dans une enveloppe onirique, "Fire Wings" tombe aussi sous les coups des percussions, forgeant un autre des rythmes lourds de “OPUS”. Les séquences continuent de miroiter. Sautillant dans un ballet harmonique elles bercent les lamentations d'un synthé larmoyant qui pleure de ses brumes tamisées sur un rythme, toujours guidé par de bonnes percussions, qui augmente subtilement sa cadence. Tranquillement "Fire Wings" devient plus intense. Mélangeant à merveille les crises des synthés, et leurs brefs solos apocalyptiques, aux arrangements orchestraux qui tonnent dans les lourdes réverbérations pulsatiles, "Fire Wings" déplie une étonnante musicalité dont la richesse s'harmonise avec un rythme et sa progression bouffée par des percussions plus cadencées. Des coups de percussions feutrées, sonnant comme des coups de sabots furtifs dans une nuit imprégnée d'un brouillard malveillant, éveille l'intro de "Sun Dog" qui épouse un suave down-tempo aussi lourd que ses coups de percussions. Le synthé sépare les harmonies du rythme avec de beaux solos qui s'égarent dans des tonalités de guitares, amenant "Sun Dog" dans une portion plus poignante. C'est un beau down-tempo aux teintes de rock.
Parlant rock, on croirait entendre Van Halen qui veut exploser à tout prix nos haut-parleurs dans l'ouverture de "Post Apocalyptic Rodeo". Le solo est puissant et déchirant. Il prépare la table à un rythme martelé de coups de percussions et de pulsations, ainsi que de leurs ombres, qui forgent une étrange marche totalement apocalyptique que des strates et des solos de synthé ornent du même arôme dantesque. Et comme dans chacun des titres sur “ OPUS”, Paul Lawler prend un soin jaloux de tisser un univers électronique où chaque minute est pensée pour un canevas artistique aussi riche que musicale. "Bringers of the Star" en est le parfait exemple. Des délicats claquements de percussions façonnent un beau synth-pop, dans un genre de démarche d'un cowboy solitaire. Le vocodeur moule même les pensées embrouillées du chevalier des sables alors que le synthé dessine de beaux refrains soloïques qui sont bercés par des ruisselets d'arpèges scintillants. Chaque détail est superbement bien pensé. Les innocentes harmonies et ses solos nous accrochent l'âme lorsque Lawler y mêle des lamentations de guitare juste après un bref passage éthéré où tout est suspendu entre nos deux oreilles. Simpliste mais superbement efficace. C'est le titre qui m’a fait le plus d'effet à la première écoute. Il y a énormément de bons titres sur “ OPUS ” et le meilleur est sans doute "Creation Concept". Est-ce son approche cosmique, où des lignes de bruits blancs s'empilent dans une ambiance sinistre? Est-ce ces fines pulsations qui moulent les arches d'un suave down-tempo que des ondes Martenot embrassent avec tendresse? Est-ce cette délicate procession où s'ajoutent de fines tonalités autant cosmiques qu'organiques qui s'arriment à de bonnes percussions, accentuant un peu plus la mesure du down-tempo? Ou est-ce ce solo de guitare morphique et ces lamentations de sirènes apocalyptiques qui plantent le clou dans notre colonne, qui font de "Creation Concept" une des très belles ballades lunaires? Faut entendre pour voir! "Tesla Code" est le titre le plus déroutant de “OPUS ”. Je m'imaginais un truc du genre New Age avec la présence de Paul Speer à la guitare mais c'est tout le contraire. Un violent tourbillon de séquences hyperactives tournoie dans les souffles d'un synthé et de ses solos annonciateurs de désastres. Les percussions labourent ce rythme infectieux de bonnes frappes, percutant la frénétique danse des ions incontrôlables. Et brusquement tout s'arrête. Paul Speer étend ses souffles de guitares en forme de solos lunaires qui se lamentent dans un paysage éthéré où pétille ce menaçant ruisselet de séquences, annonçant que le rythme n'est pas mort et qu'il reviendra avec toute la puissance de sa vision cinématographique en 2ième partie. "Tomorrow's People" termine cet étonnant et superbe album de Paul Lawler avec un rythme lourd. Un rythme de down-tempo sensuel qui supporte les harmonies aux tonalités hybrides d'un synthé dont les lamentations et la faune sonique électro-organique continue de cimenter la perception d'un album apocalyptique où des extra-terrestres envahissent les rues de Londres devenues un vaste désert de particules iodées.
Ce Paul Lawler est tout un perfectionniste. Toute la force de “OPUS ” repose sur ce désir de vouloir à tout prix habiller chacune de ses secondes d'un son, d'une séquence, d'une frappe de percussion et d'un souffle de synthé qui exploite à fond ses fragrances soniques et harmoniques multidimensionnelles. Ce n'est pas du Berlin School. C'est de la musique. De la MÉ et ses formes polyvalentes qui créent un univers de magie où les ambiances sont très à l'aise dans des rythmes qui sont découpés et structurés avec un tel détail que l'envoûtement déculpe dans cet environnement dont les couleurs cinématographiques s'harmonisent avec les scénarios que l'on se forge. Original, puissant et très musical, “OPUS ” est un superbe album qui mérite amplement le prix de son téléchargement. Disponible au http://paullawler.bandcamp.com/album/opus

note       Publiée le vendredi 22 mars 2013

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