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Oneida › Preteen weaponry

3 titres - 39:22 min

  • 1/. "Preteen Weaponry, Pt. I" – 14:30
  • 2/. "Preteen Weaponry, Pt. II" – 11:26
  • 3/. "Preteen Weaponry, Pt. III" – 13:53

enregistrement

Enregistré à Brooklyn, NY par Oneida et Barry London. - Mixé à l'Ocropolis en Mars 2008 - Masterisé par Alan Douches à West West Side

line up

Kid Millions (batterie, vocaux), Bobby Matador (orgue, guitares, vocaux), Hanoi Jane (guitare, basse), Double Rainbow (guitare), Shahin Motia (guitare)

remarques

Art & Design par Dan Schechter

chronique

Styles
progressif
krautrock
rock
psychédélique
Styles personnels
spacerock / motorik / dub / boredom beat

Tenez aujourd’hui je suis de bonne humeur, sans raison, je vous présente mes chouchous : Oneida. 3 nerds de Brooklyn que j’avais découvert comme un trio dub-rock mâtiné d’expérimentations toutes new-yorkaises en 2004… Une formation presque no-wave (yes wave dixit Thurston Moore) qui fait écho à Dub Trio, sur un tout autre hybride. Ils rempilent avec leur déjà 9eme album en un peu plus de 10 ans d’existence, et l’anonymat dans lequel ils prennent encore la poussière a de quoi mécontenter. Ces mecs veulent tacler les Boredoms, boudediou, ni plus ni moins ! Preteen Weaponry, c’est censé être un hommage à Can et à Suicide (référence aujourd’hui maniées par tout un chacun sans se soucier une seule seconde du bagage technique des premiers ni de la folie dure des seconds), c’est surtout un beau, vrai morceau de krautrock lorgnant dangereusement vers le space rock dans les moments ou les claviers se font le plus engloutissant… Là où les dogmes (on dira plutôt les habitudes, vu l’absence de limites propre, justement, à ces musiques) du kraut imposent un format 2 x 20 minutes, avec une plage-fleuve par face, Oneida développe son jeu sur le format inédit de 3 long titres, formant chacun une partie de la suite Preteen Weaponry. Il s’agit donc plus d’un triptyque que d’un album à proprement parler. Délicat ? Pas vraiment, puisque de trilogie il est à nouveau question, à plus grande échelle, le groupe désignant Preteen Weaponry comme le premier volet d’une trilogie de disques intitulée Thank You Parents. Si l’idée de réaliser 3 albums concepts sur l’adolescence à la suite peut paraître saugrenue pour un groupe instrumental (le deuxième volet, Rated 0, sort en Mars), il faut se rappeler que le groupe sort quand même d’une mauvaise passe : après la fermeture forcée de leur studio à Brooklyn (ce Brooklyn chéri de tant de groupes indés des années post-11 septembre), ils avaient sorti le cruellement ironique Happy New Year en 2006 puis laissé 2007 devenir une année vierge de toute livraison Oneidienne. Pas leur genre. Une compilation plus tard, les revoici, transition effectuée, plus vivants que jamais et remotivés par un faste projet tiré par les cheveux dans la grande tradition indé américaine ! (qui à dit Sufjan Stevens ?) On craint un peu l’arnaque facile pour rembourser les malheureuses dettes du groupe, au début : 39 minutes, aucune tracklist, un livret très fin avec artwork bien dans l’air du temps quoique très joli… Et si ils refaisaient le coup du premier cd de Each One Teach One avec ses répétitions elliptiques et sa transe païenne ? Eh bien, oui et non. Preteen Weaponry joue bel et bien sur la répétition de figures, sans que cela en devienne redondant une seule seconde. Ni très mélodique, ni franchement psychédélique, ce disque trace son propre chemin loin de tout terrain balisé. Les trois jams qui le composent semblent n’en former qu’une, ayant été enregistrées le même jour à différents moments de la journée, comme pour en capter les différentes atmosphères. Ça commence souvent par des grésillements et des raclements, avant de prendre forme sous les baguettes du fantastique Kid Millions, véritable soliste métronomique de l’album. Sa frappe se fait mystique sur la 1ere partie, puis lourde et doomy sur la deuxième, accompagnée d’un chant prédicateur lointain à la Ash Ra Tempel (Sunn o))) ?), pour enfin rejoindre le nirvana nuageux de la pochette sur la fin. Et là, si vous décollez pas, les amis, c’est que vous êtres frigides des oreilles pour la cause du Kraut beat. Comment diable est-ce possible de captiver autant avec une batterie, de rendre l’écoute si profonde de par ce seul instrument, d’esquisser une telle subtilité de jeu comme avec un pinceau ? Et pourtant le son tient plus du lo-fi éléctro/post-punk que des grands jours du Floyd… D’ailleurs, on a du mal à déceler si ce jeu monstre de charleston est bien dû aux petits poignets de Kid Millions où à un quelconque bidouillage de post-prod. En tout cas le résultat est là : cette interminable ascension parmi les débris d’étoiles, au milieu des sons de clavier à la Soft Machine, course folle contre le tempo. Quand ça s’arrête, assez inopinément, et c’est ça qui est beau il faut le dire, ça continue dans notre tête. Vous êtes prévenus.

note       Publiée le lundi 29 septembre 2008

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Seb de Super › mercredi 16 septembre 2009 - 17:31  message privé !

j'écoute le dernier Rated 0 qui est un triple album. Si je survie a ca je me remettrais celui la.

empreznor › mercredi 1 octobre 2008 - 15:31  message privé !

sympa, apres une premiere ecoute ce sont les parties I et III qui m'ont le plus parlé, surtout le jeu de batterie tres intéressant comme tu l'ecris. Je le trouve un peu court cependant (le meme defaut que le premier Ash ra Tempel)

saïmone › mardi 30 septembre 2008 - 01:20  message privé !
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Bon, je vois pas trop trop le rapport avec les Boredoms dernière période (à ce titre je trouve que certains morceau d'electrelane sont bien plus parlant, genre "shouts" c'est carrément un gros plagiat éhonté) mais c'est bien sympa comme groupe, pas renversant pour un sous, mais sympa... je connais pas ce disque, tu m'diras, il est con

Møjo › lundi 29 septembre 2008 - 22:08  message privé !

J'ai juste un split 12" de ce groupe avec Plastic Crimewave Sound et j'en garde bien un souvenir de quelque chose de plutôt sympathique, juste entêtant et psyché ce qu'il faut.. Faudrait que je réécoute ça tient! Merci Dariev :)