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 - aux groupes / artistes Electric Wizard, Mondkopf

CTM Festival - Electric Wizard, Extreme Precautions - Astra Kulturhaus, Berlin, 25/01/2015

par Rastignac › mercredi 4 février 2015


Style(s) : metal extrême / techno / doom metal

"Berlin est une ville qui fait la moitié de la France." C'est ce que je me suis dis en me faisant emporter à toute berzingue par une bagnole là-bas, dans ces méandres d'avenues énormes, pleines de bars, de trucs cachés, d'histoire contemporaine. Cette ville, malgré tout l'éclairage qu'elle subit depuis longtemps reste pour moi un labyrinthe infini... tellement mutant, qui dégage tellement de bizarreries et de paradoxes, de jeunesse et d'interrogations, de combats et de rêveries. En tout cas vous y retrouverez un paquet de machins sombres et expérimentaux, il suffit de lever le nez ou le baisser, c'est bath non ? Un de ces trucs est le festival CTM... Alors, c'est quoi le CTM festival ?

CTM Festival

"For its 16th edition, CTM – Festival for Adventurous Music and Art shifts our focus from music’s symbolic and cultural significance and interpretation to the use and functionality of sound and music as affective forces. Un Tune aims to engage with the direct bodily effects of frequencies, sound, and music, as well as these phenomena’s synergistic effects with other sensory stimuli. " OK ?

Ahah, bon, en fait, n'importe quelle thématique est propre à être utilisée : en 2015 ça sera l'influence du son sur l'homme et l'environnement, et c'est pourquoi ce CTM sera si éclectique et multimédia, avec expositions, lectures, conférences, concerts éparpillés sur quinze jours dans toute la ville... On n'est donc pas dans un festoche type Vieilles Charrues, mais plutôt dans un "Pascalines" pour nos vieux lecteurs bougnats, une espèce de fête de la musique professionnelle un peu fourre-tout dont le concept bien généraliste permettra de réunir sous la même bannière un peu de tout (et n'importe quoi me diront quelques mauvaises langues là-bas, héhé). Je n'ai donc pu aller qu'à un seul évènement, un concert, ma présence in Deutschland étant limitée... et puis j'ai dû m'enivrer et voir d'autres bars par ci par là et musiques qui n'ont rien à voir - je vous dis juste en passant que le jazz manouche est très populaire et alternatif à Berlin, voilà, aparté finito. Un concert seulement, donc pas de JK Flesh, ni de Chris & Cosey, deux noms que je reconnaissais dans l'affiche longue comme deux bras parce que j'étais pas là, parce que j'étais loin... Bref, place au "wizeeeeurd"!

"...and you hate the police, don't you?" - "You make it easy".

Je n'avais pu voir qu'une seule fois Electric Wizard en concert, du temps du bassiste ultra tatoué, et du batteur sosie d'Anton Lavey, période Black Mass : je ne pourrai donc pas écrire de grandes envolées du genre "c'était mieux avant / c'est mieux maintenant". Je pensais quand même voir Mark Greening aujourd'hui, mais il se serait embrouillé avec les autres, une histoire pas claire à la Yoko Ono Stoner Doom, m'voyez ? Donc le line-up consistera en un batteur inconnu à mes yeux, du bassiste des Satan's Satyrs (ultra cool, tout droit sorti d'un Sons of Anarchy publié en 1973) (patches à l'appui), et puis de notre chérubin préféré, Jus Oborn, accompagné de sa blonde Liz.

Le concert a lieu dans une salle qui ressemble de loin à un hangar ultra tagué comme il y en a beaucoup à Berlin, autrement dit la salle "Astra"... de l'intérieur, on dirait une vieille salle de spectacle... nous sommes dans le quartier de Friedrichshain, ancien Berlin Est... ce soir là, l'ambiance est plutôt metal punk bien crusty, de rares patches Revenge et Burzum (les bastons gauche / droite sont saignantes dans le coin, "choisi ton patche garçon"), beaucoup plus de Napalm Death dans l'air, beaucoup de slogans "Legalize drugs and murder" sur les t-shirts de la tournée du Wiz (serait-ce une apologie du terrorisme ? ou une dédicace à Max Weber et à sa définition de l’État comme "détenteur du monopole de la violence légitime", ainsi que de son encadrement des substances dites festives ou médicales ? ). Tout cela étant admiré par les yeux de votre serviteur, le nez dans une bière succulente à 2 euros pour 50 centilitres.

Paul Régimbeau aka Mondkopf alias Extreme Precautions (Photo : Jérémie)
Première partie : Mr Mondkopf, qui s'appelle ce soir "Extreme Precautions". Dominant la foule déjà bien compacte derrière son mac avec sticker Eyehategod dessus, celui-ci va nous balancer de la brutalité techno-grind-hardcore-que sais-je particulièrement soulignée par les strobo, hypnotique, headbangueuse. On s'en prend plein la gueule, c'est kiffant, je vois autour de moi quelques corps jouer de la fête électronique, coincés entre quelques mammouths tatoués / patchés, ce qui fait comme un clash entre la culture MDMA et celle plus cannabis-alcool propre à ce festival éclectique. Vous en verriez beaucoup vous des premières partie techno en ouverture de Reverend Bizarre ? Hein ? Ben non. Viva Berlin ! Le set s'étend et se termine, on hoche la tête, on applaudit bien fort. Bye Mondkopf / Extreme Precautions, je reviendrai vous voir.

Legalize plans nichons (photo : Jérémie)
Les wizards branchent leurs câbles : on se dit, ils sont toujours aussi fauchés, personne pour préparer la scène... on se dit aussi "té, c'est cool de les voir à la ville avant le show". Tout se met en place très vite, c'est sympa de ne pas poireauter. Bzzzzz .... hhhhhiiiiiiiiiiiccc.... allez, direction black drugs & satan pour une bonne plombe et quelques ! (j'ai pas de montre) Toute leur histoire sera évoquée, avec en vrac des extraits de Dopethrone, un Supercoven mega cosmique (le clou du spectacle, je suis trop groupie de ce morceau), du Black Mass, des morceaux de Witchcult Today et du tout dernier ("get high before we die", nouveau slogan, plus tranquille que "légalise les drogues et le meurtre", non ?), même un vieux machin que j'ai eu du mal à reconnaitre, peut-être un morceau Pré-Electric Wizard (ptet "Chrono-naut", je sais plus), j'avais pas mon calepin sur moi - j'en oublie. Tout cela joué dans une sorte de transe propre au Wiz, avec tout un tas de films pornhorrifiques en fond visuel, avec jeunes filles nues à forte poitrine se faisant fouetter par des mecs en robes, coiffés de têtes de boucs. "POoooorn!!!" criait un de mes voisins au tout début du concert : l'a pas tort, c'est un déluge de nichons saignants qui sera projeté derrière notre Jus qui lui assumera son statut de patron de début à la fin, tenant les morceaux au bout de ses impros et solos parfois bien déglingués... Le maitre et son backing band quoi, le Wizard Big Smoke Band !

Je ne pourrais donc pas vous dire qu'il ne faut pas aller voir Electric Wizard en concert aujourd'hui : allez-y, c'est de la musique tellement libidineuse, glauque et fun à la fois ! Si vous êtes du genre blasé rapide, de toute façon, le doom ne sera pas pour vous (voire le metal, mais vous ne liriez pas ceci, don't you ?). Leur propos est tellement ancré dans une nostalgie bien établie, Black Sabbath, la Hammer, les Hell's Angels et une répétitivité tellement assumée, sublimée qu'il faut forcément être consentant et gourmand pour balancer sa tête en écoutant pour la quinzième fois le mot "Supercoven" gémis puis hurlé. Cette soirée rapidement bouclée sera encore pour moi un moment agréable, tant au niveau des oreilles que des yeux au sein de mon joli troupeau metal, dans cette sorte de hangar à moitié détruit, niché dans une ville qui, encore une fois, vaut le coup de trainer ses guêtres, pour quelque activité que ce soit. Vive le Wiz', vie Berlin, viva le mois de janvier, hop, on ferme !

Pour aller plus loin :

Extreme Precautions, le bandcamp : http://inparadisum.bandcamp.com/album/i

Electric Wizard, leur site web : http://www.electricfuckinwizard.com/

Mots clés : Electric Wizard, Extreme Precautions, Astra, Berlin, CTM et Mondkopf

Dernière mise à jour du document : jeudi 5 février 2015

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