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Eric Dolphy › Out to lunch !

5 titres - 42:24 min

  • 1/ Hat and Beard (8:22)
  • 2/ Something Sweet, Something Tender (6:00)
  • 3/ Gazzelloni (7:18)
  • 4/ Out to Lunch (12:05)
  • 5/ Straight up and Down (8:19)

enregistrement

Van Gelder Studio, Englewood Cliffs, New Jersey, USA, fin 1963

line up

Richard Davis (contrebasse), Eric Dolphy (flûte, clarinette, saxophone alto), Freddie Hubbard (trompette), Bobby Hutcherson (vibraphone), Tony Williams (batterie)

remarques

Il s'agit du pressage cartonné japonais 24 bit à tirage limité

chronique

Styles
jazz
Styles personnels
free jazz

Nous sommes en 1964, et le label jazz Blue Note, habitué jusqu'ici aux disques à l'esthétique bop et hard bop qui en ont fait sa renommée, se voit infiltré par un vent nouveau. Le jazz modal, représenté par l'emblématique "Kind of Blue" de Miles Davis, et l'assise que prend un mouvement aussi controversé que le free jazz, vont avoir des répercussions considérables sur les productions du label. Cet unique album d'Éric Dolphy, publié de son vivant sur le label américain, est peut-être l'étendard de ce nouveau courant. Un tel niveau de sophistication n'avait jamais été atteint dans le catalogue Blue Note ; "Out to Lunch !" est de ces albums qui ne cessent de révéler leurs richesses après chaque écoute. Fidèle allié dans le quintette de Charles Mingus, déterminant aux côtés de John Coltrane lors de ses prestations au Village Vanguard de 1961, Éric Dolphy se démarque de la pléiade des jeunes artistes de la scène jazz, affichant une démarche ouvertement avant-gardiste, le premier à emmener la flûte au delà des territoires bop et se concentrant sur la clarinette qui, de paire avec le saxophone alto, vont être sa marque de fabrique. Son jeu abstrait et passionné trouve une réponse adéquate dans les échos surréalistes d'un superbe vibraphone qui partage avec lui le haut de l'affiche. Avant qu'il ne disparaisse en juin de la même année, Dolphy semble avoir réalisé avec ce disque la synthèse de tous les genres existants ; "Hat and Beard" est un hommage évident à Thelonious Monk où son jeu sur les dissonances laisse entrevoir sa faculté d'assimilation. C'est d'ailleurs faire preuve d'une grande intelligence que de confier le rôle tenu par le vibraphoniste Milt Jackson aux côtés de Monk à Bobby Hutcherson. Les grands passages abondent ("Gazzelloni" ou la plage titre) et tout le monde s'en donne à cœur joie ; le petit prodige de la batterie, Tony Williams, tente d'être le plus abstrait possible et s'amuse comme un fou en compagnie de Richard Davis, qui n'hésite pas à malmener sa contrebasse à coup d'archets. Une musique qui demande beaucoup de l'auditeur peut-être frileux avec ce genre de grammaire, mais qui lui rendra au centuple.

note       Publiée le vendredi 7 juin 2002

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dimegoat › mercredi 15 octobre 2014 - 21:08  message privé !

je suis toujours un peu partagé sur cet album que je trouve un froid, préférant Out There ou, mieux encore, les live, notamment le fabuleusissime concert à Paris du 11 juin 1964, l'un de ses derniers, avec ce Springtime en ouverture qui sonne comme un requiem...brrrrr

lacenaire › lundi 11 juillet 2011 - 08:48  message privé !

on ne s'en lasse pas

Solvant › jeudi 11 décembre 2008 - 23:08  message privé !

Ce Dolphy, sans doute le plus charismatique est un pur décalage urbain. La "chaleur" du vibraphone fait écho à cette vapeur des bouches d'égouts. Une class' immense, calculée pour être totale. Un grand disque, halluciné et pourtant très sérieux. Un sublime décalage avec la réalité morne.

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taliesin › vendredi 29 juin 2007 - 20:35  message privé !
Excellent disque bien sûr... Sinon quelqu'un a déjà entendu sa réinterprétation intégrale par Yoshihide Otomo's New Jazz Orchestra ??? (moi pas, c'est justement pour savoir)
Note donnée au disque :       
azfazz › mardi 26 juin 2007 - 18:54  message privé !
J'aime vraiment ce disque ! C'est pour moi une porte d'entrée idéale (parmi d'autres) au monde du "free". Un disque qui n'a rien d'aride, dès la première écoute, on se laisse emporter. la présence du vibraphone rajoute sans doute une certaine "chaleur", qu'on trouve en général dans la présence d'un piano. Les nombreux cuivres, bien sûr, s'accordent tous bien ensemble. je possède aussi "Far Cry", du même Dolphy, tout aussi bon, mais bien, bien plus "difficile d'accès". Mais une fois qu'on y est entré... on n'en sort plus. Il faut que je me procure "Iron Man", dont je lis partout le plus grand bien...
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