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Brendan Perry / Hiver Pool - Coopérative de Mai, Clermont-Ferrand, 19/02/2019

par Rastignac › mercredi 20 février 2019


Style(s) : folk / heavenly / pop

Pleine lune, temps clair, chaleur montante malgré le calendrier hivernal : météo idéale pour aller se perdre en écoutant les mélodies violettes et brumeuses de Brendan Perry, dans une salle de concert au loin, enfin, au plus près possible...

PFF

Mais c'est qui Brendan Perry ? A cette question, la moitié de la salle va soupirer (... "i conné pa brandannz perrix") et l'autre va dire : "ouais, je connais, c'est pas le guitariste d'Aerosmith ? Je l'ai raté l'autre jour, j'aime bien, bwoaf, mais pas trop". Et puis il y a moi, et comme je suis "resté le plus fier", moi, je me suis levé, et j'ai pris mon dictionnaire. Perry, Brendan (S.K., Rav., 2000-...) : "crooner mystique à la voix-cathédrale" (...) "grave, perfectionniste, précieux sans être maniéré", d'origine anglaise, a cartonné après une expérience punk rock aucklandaise (The Scavengers) comme un des fleurons du label 4AD, alias Dead Can Dance, ce moine à deux têtes mi-sculin mi-minin, groupe que j'ai tellement écouté que, par exemple, il peut s’intercaler dans l'esprit entre un Balavoine et deux JJ, telle une rengaine qui s'installe, met les charentaises, pose la pipe et commence son histoire au coin du feu. Ne veut pas "fade away". D'ailleurs, on n'a pas envie que ça s'arrête une belle chanson de Dead Can Dance. Don't Fade Away DCD.

Enfin, où j'en étais-je, moi, lui, là ? Oui, alors on arrive, ça joue dans la petite coopé, c'est à dire le bar de la salle, on se dit, c'est bien, c'est intimiste. C'est un poil moins cher qu'un concert de DCD à Bruxelles ou au Grand Rex, c'est à Clermont, je sais c'est moins classe, mais on y est bien, à l'abri, blotti entre le michelin stadium, le michelin journal et les volcans volvic. Et je serai donc à deux mètres d'une de ces voix qui me hante depuis ma plus tendre jeunesse, de ces plaintes de vieux satyre désolé, comme un mec qu'on retrouverait seul au milieu du désert, on lui pose LA question, il nous répond : "pourquoi ?".

Mais avant Brendan Perry, il y a une première partie. Un homme et une femme qui vont jouer de la musique qui pourrait s'imaginer à la fin d'un épisode de Twin Peaks, saison 3 : vaporeuse, rêveuse, avec une candeur tellement jolie, mignonne et naïve qu'il n'y a qu'un David Lynch pour poser cette musique sur l'histoire de, par exemple, une décapitation ou d'un viol suivi d'un meurtre sur une adolescente. C'est chanté en français, ça fait marrer mes voisins qui semblent avoir appris le dictionnaire de la critique acerbe (on est arrivé à la lettre M environ en une petit demi heure de set), mais moi, moi qui suis resté le plus sympa, j'ai passé un bon moment en compagnie d'Hiver Pool, ça reste dans les clous de la soirée, on veut pas Gorgoroth en première partie de Monsieur Perry.

Courte pause, ça enchaine vite fait.

L'ainé s'installe. Côté Cour, Astrid Williamson, chanteuse et multi-instrumentiste écossaise, qui a déjà sorti un petit paquet d'albums solo de pop toute poppée, a travaillé avec Lisa Gerrard, Stephan Eicher, Goya Dress, etc. ; elle sera aux claviers, chœurs, clochettes synthétiques, et autres gris gris parsemant la voix du Brendan Perry. Côté Jardin, Richard Yale, qui a également accompagné Dead Can Dance et Astrid Williamson, et nous jouera de la basse de la manière la plus discrète possible. Et au milieu, donc, Brendan Perry qui jouera assis : devant lui, son bazar à multiples effets, quelques guitares à disposition sur le côté. Il a l'air de bonne humeur, ça me met de bonne humeur. Première secondes de chant (je rappelle que c'est la toute première fois pour moi n'est-ce pas) : frissons de malade qui me font le tour du périph, record du monde speed run en boucle ! Le gars, sa voix : elle ne vieillit pas. C'est comme à la maison, c'est comme pendant toutes ces centaines de fois où j'ai yahourté "i don't believe you anymooore" ou "in her savior's arrrrraarrrraarrrrmsss" ; pas un pet ; tout est ordre et beauté mon p'tit gars.

Beaucoup de reprises ce soir. Mais je crois que si Brendan Perry reprenait "le petit bonhomme en mousse" ça sonnerait mystique et parfait : n'importe quelle type de rengaine passe dans son tamis tout gris, tout recouvert de lichen pour y ressortir éberlué, plein de suie, comme un putain de Lazare ! Plusieurs styles y passeront, avec deux grands pôles mis en avant : le Brésil et Tim Buckley. L'homme nous offre ce qui l'imbibe : ce long moment au milieu du concert avec Jorge Ben, Vincius de Moraes, Baden Powell ; ces reprises de Tim Buckley, avec un superbissime "Chase the Blues", montrant par là même tous les octaves que peut parcourir Perry, de spirituels "Buzzin Fly" et "Songs to the Siren" et ce moment mi figue mi apocalypse du dimanche matin "Happy Time". Le pompon (je suis déjà dégoulinant là hein...) c'est bien sûr ces quelques reprises de Dead Can Dance, confirmant encore que mes chansons préférées de ce groupe se passent sans Lisa Gerrard : "The Carnival Is Over" (raaaah), "Severance", "Don't Fade Away" (raaaah bis), "Labour of Love" (gasp). Seules quelques compositions de Perry solo émailleront ce long hommage au passé, dont une chanson juste composée s'aventurant dans les pistes laissés par Gilmour vieux il y a quelques temps, quand la pop / blues de stade se fait toute aspirée par une sorte de léthargie heureuse et toute colorée, comme si Dire Straits était cauchemardé, étiré, enseveli sous des tonnes de tombes passées au mixeur.

Conclusion : je mets toutes les boules jaunes. Mais je peux pas l'afficher sous les articles, donc va falloir me croire sur parole ! Allez le voir pendant cette tournée européenne, avec Lisa Gerrard ou sans...

Hiver Pool : https://soundcloud.com/hiverpool

Brendan Perry : https://www.brendanperry.com

Prochaines dates de concert pour Brendan Perry (la tournée a commencée le premier février à la Souterraine !!!) : ce soir à Bordeaux, le 22 février à Brest, le 23 février à Cergy, le 24 à Caen. Puis, le 26 à Ghent, le 27 à Liège, le 1er mars à Utrecht, le 2 à Amsterdam, le 4 à Berlin, le 6 à Francfort, le 7 mars à Hambourg, le 8 à Leipzig, le 10 à Cologne, le 11 à Hanovre, le 13 à Munich, le 15 à Schorndorf, et le 16 à Bielefeld.

Ensuite, Dead Can Dance en mai et juin dont le 2 mai à Rennes, le 10 et 11 mai à Paris, les 7 et 8 mai à Bruxelles... : https://www.deadcandance.com

Mots clés : brendan perry, dead can dance, tim buckley, hiver pool, jorge ben, baden powell, astrid williamson et vincius de moraes

Dernière mise à jour du document : mercredi 20 février 2019

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