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Kelela › Hallucinogen

  • 2015 - Warp, WAP387D (1 téléchargement internet)

téléchargement | 6 titres | 23:46 min

  • 1 The Message [3:51]
  • 2 Gomenasai [3:28]
  • 3 Rewind [3:58]
  • 4 All the Way Down [4:28]
  • 5 Hallucinogen [2:20]
  • 6 The High [5:41]

extraits vidéo

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line up

Kelela (chant), Arca (production), MA Nguzu (production), NUGGET (production), Kingdom (production), DJ Dahi (production), Gifted & Blessed (production)

chronique

Styles
soul
electro
Styles personnels
torch songs r'n'b

Personne l’avait vu, l’arrivée du r’n’b dit « alternatif ». Comme si il fallait un nouveau qualificatif accolé à un genre trop explicitement commercial pour lui donner ses lettres de noblesses. En fait il y a toujours eu de bonnes choses là-dedans, mais chut, faut pas le dire en public. Surtout quand on est blanc, middle-class et qu’on veut conserver son arty-cred (ou sa punk-cred, ou sa metal-cred, enfin choisissez votre régime spécial). Et surtout dès la fin des années quatre-vingt dix, quand la jeune Kelis débarque supportée par les prod des Neptunes ou que la princesse Alliyah s’acoquine avec Timbaland par exemple, y avait déjà de l’expérimentation et de la singularité dans l’air. Une décennie plus tard, avec l’émergence de Franck Ocean ou FKA Twigs, alors que des producteurs comme Arca travaillent avec Björk (qui avait aussi déjà collaborée avec Timbaland, cette fofolle visionnaire), les barrières sont définitivement tombées, avec le côté hyper normatif du genre (des bluettes bien gentilles pour histoires d’amour teenage et hétéro). Avec Kelela, si on n’est pas du côté le plus barré de la chose, le qualificatif qui lui convient néanmoins le mieux est : la putain de classe. Signée sur Warp, la voici qui délivre un premier EP sombre et suave, suivant le développement d’une relation amoureuse en ordre inversé, « de la chute à l’essor » dirait le poète. Soit le début de la fin justement sur une prod de Arca qui joue avec les silences et une voix démultipliée en textures. Une introduction/conclusion en torch song r’n’b cotonneuse qui laisse la place à l’impressionnant « Gomenasai » aux synthés criards, mi-eighties mi-kawaii survolés par le chant de Kelela qui oscille entre force et suavité sans jamais trop en faire. Y compris quand elle joue dans la case explicitement sexuelle sur le très polymorphe « All the Way Down », avec cet impeccable refrain qui te glisse avec doigté un « I don’t give a fuck » tout en douceur, du bout de la langue. Cette façon de retenue, vocalement aussi bien que dans des prod aux beats ciselés mais qui n’assènent jamais rien, c’est le touché Kelela. Même quand les breakbeats s’excitent sur « Rewind », son chant est comme un doux rayon de lumière dans une prod qui reste constamment baignée de clair obscur; ailleurs se mêlant, s’extrayant du collage sonore éponyme qui porte bien son nom, sorte de maelström instrumental illustrant la confusion mentale du sentiment naissant du désir. Un r’n’b électronique qui vient piocher aussi dans les eaux les plus sombres du trip-hop, alors que l’histoire débute/prend fin sur un downtempo soulful as fuck, Kelela y ensorcèle en auto-harmonies vocales sur une pulsation de basse organique comme une caresse dans le cou. « I would do anything for the high ». On la croit. Qu’est-ce qu’on ne ferait pas pour la peau, comme disait l’autre. La classe, on vous dit.

note       Publiée le mercredi 11 décembre 2019

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(N°6) › mardi 17 décembre 2019 - 18:51  message privé !
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Merci pour la recommandation. Sevdaliza, ça me parait inévitable, elle a toute sa place.

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M-Atom › lundi 16 décembre 2019 - 21:29  message privé !

toujours la grande classe kelela ! dans le même esprit rnb alternatif assez sombre et bien classe je recommande Fang2001 de Ojerime. la suite des chroniques avec un sevdaliza ?

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(N°6) › jeudi 12 décembre 2019 - 12:27  message privé !
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Ben c'est sûr qu'entre les albums de Kelis avec les prod des Neptunes (entre autre) et les albums des Strokes ou des Libertines (le risible "retour des guitares") au même moment, y a même pas photo quant à savoir où se situait la créativité et l'expérimentation dans le format pop. Pas dit dans la chro, mais Kelela, elle a, elle a parfois des petites intonations à la Janet parfois.

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Damodafoca › jeudi 12 décembre 2019 - 11:39  message privé !

Y a quelques années, j'écoutais la radio et les journalistes expliquaient que justement, selon eux, à la fin des 90's, le genre R'n'B est celui qui présente le plus d'audace et d'expérimentation à un moment où le rock n'en présente absolument aucune. Bon, je ne suis pas forcément d'accord mais à cette époque là, le r'n'b est la musique la plus putassière qui soit pour moi. Et j'avais tort. Et ça donne aujourd'hui des artistes vraiment intéressants dans ce genre mort avec FKA, Serpentswithfeet ou Kelela. Cette dernière avec son grain de voix éraillé léger et son magnétisme sort des disques vraiment passionnants, comme, justement, une Sade mais 2.0 (sans la classe ni l'élégance ni la voix improbable). Mais dégage aussi ce truc hyper sexuel pas désagréable du tout.

Rendez-Moi2 › jeudi 12 décembre 2019 - 08:59  message privé !

La pochette est tellement belle... Mais je préfère encore Princess d'Abra ;)