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Uwe Reckzeh › Subsesizer

cd | 8 titres | 70:01 min

  • 1 Kontiki [ 10:35]
  • 2 Subsesizer [ 12:32]
  • 3 World Without Rules [ 8:47]
  • 4 Heat Voyage [ 6:33]
  • 5 Friendly Jack [ 9:19]
  • 6 Second Give [ 6:30]
  • 7 Bingen Return [ 7:13]
  • 8 Oceanview [ 15:37]

line up

Uwe Reckzeh (Synthétiseurs, séquenceurs, percussions électroniques et FX)

chronique

Styles principaux
musique électronique
Styles secondaires
musique électronique berlin school
Styles personnels
new berlin school période tangerine drea

Les limpides tintements de verre qui amorcent "Kontiki" permutent en de superbes séquences qui s’entrechoquent et résonnent, moulant le fascinant rythme chaotique de la pièce introductive de Subsesizer. Le rythme sautillant et titubant sous le poids de ces séquences aux frappes variables et aux tonalités hybrides, "Kontiki" étale ses 10 minutes avec de belles variations dans ses mouvements. Des variances tant harmoniques que minimalistes qui s’entrecroisent ou qui se faufilent entre des lignes de synthé aux mélodieux refrains soloïques ainsi qu’aux panoplies de sonorités parallèles et dont les solos flottent avec une envoûtante approche spectrale sur une structure rythmique aux permutations aussi subtiles qu’exquises. Fortement inspiré par Tangerine Dream, l’univers d’Uwe Reckzeh flotte dans cette période où le Berlin School était en pleine transition, soit au début des années 80 mais avec un petit zest mélodique pour les années vintage. Subsesizer est son 8ième opus. Un opus moulé dans le rythme bien plus que dans la mélodie. Un album où les séquences et les percussions trônent sur de belles mélodies qui pointent leurs harmonies avec une étrange limpidité pour une terre musicale fertile en rythmes percutants. Et selon moi il s’agit du meilleur album d’Uwe Reckzeh, car pour la toute première fois le synthésiste Allemand décortique ses compositions en élaborant de longues structures aux rythmes tant variables que minimalistes. Des compositions toujours aussi accrocheuses mais plus complexes où il étale ses lourdes et résonnantes structures séquencées dans de superbes chassés-croisés rythmiques où s’accrochent de très belles mélodies moulées dans ses souvenirs de Tangerine Dream. Un dense manteau de brume iridescente recouvre l’intro de "Subsesizer". Des arpèges carillonnés transpercent ce brouillard ondoyant, déterrant des pulsations qui gambadent dans l’écho des arpèges de verres. Complexe et créatif, la pièce-titre de Subsesizer est moulée dans une fascinante diversité rythmique assaisonnée de percutantes réverbérations. Des séquences de verres et d’autres avançant à pas de loups sous de discrets chœurs soumis et des percussions tombant lourdement tracent le canevas embryonnaire d’un rythme fuyant. Un rythme qui se cherche dans cette longue intro et qui finalement éclot un peu après les 4 minutes sous de fines pulsations hypnotiques qui pulsent sous de séquences et de réverbérations circulaires. Dès lors, le rythme de "Subsesizer" est une interversion séquentielle où les séquences tourbillonnent, les percussions résonnent et les cymbales tintent sur un rythme harmonique circulaire et oscillatoire qui monte et descend comme un hypnotique manège séquencé. Le sautillement des séquences limpides qui se mêlent aux roulements de tambours de "World Without Rules" nous plonge irrémédiablement dans l’univers de Trans Harmonic Nights de Peter Baumann. Ces séquences qui y sont pianotées nerveusement et les synthés un brin symphonique qui y libèrent de brefs solos harmoniques tissent un univers musical tellement près que l’on croirait entendre un titre issu des sessions d’enregistrements de ce mythique album de Peter Baumann. "Heat Voyage" est une très belle mélodie électronique qui s’amorce sur des séquences croissantes. Le rythme est arqué sur un maillage de pulsations, séquences et percussions, formant une structure aux lentes boucles oscillatoires avec de fines intrusions d’accords de claviers aux tonalités un peu honky-tonk. Suave, le synthé accouche autant de beaux solos mélodiques que de brume irisée qui les entourent, libérant des filets poétiques qui s’accrochent à de belles harmonies scintillantes. Simple mais très accrocheur! Après une intro avec un brin d’innocence, la structure rythmique de "Friendly Jack" se déploie sous de lourdes séquences résonnantes dont les accords successifs, et parfois déviants, dessinent de longs serpents qui oscillent à travers des nappes et des couches de synthé aux saveurs de Tangerine Dream. C’est un long titre avec de fines variances dans sa structure où les courts solos de synthés et les percussions ajoutent une profondeur intéressante tout en l’éloignant de sa plasticité minimaliste. Le rythme pulsatoire de "Second Give" nous plonge tout de go dans l’univers d’Exit et de la pièce Network 23. C’est rock, dur et très punchy avec de bonnes percussions et des séquences nerveuses alors que "Bingen Return" présente une structure plus mélodieuse avec des séquences de verres qui scintillent et épousent des pulsations sourdes, ceinturant un rythme ondulant perturbé par des percussions et des nappes de synthé. Un beau voile de poésie recouvre ce rythme qui parfois sautille avec plus d’insistance. Une poésie synthétisée où des brumes irisées recouvrent des souffles symphoniques ou vocables alors que le rythme alterne entre sa force et sa réflexion sous de beaux souffles de chœurs éthérés. Long titre aux figures rythmiques interchangeables et évolutives, "Oceanview" s’amorce avec des notes mélancoliques qui dessinent des songes sous les larmes d’une flûte onirique. Une lourde séquence bouscule cette fragilité méditative et guide "Oceanview" vers un rythme ambivalent où la pesanteur reste prisonnière de cette vulnérabilité poétique. Une aura spectrale flotte autour du mouvement séquentiel dont le débit tergiverse entre la chute des accords plus saccadés ou la retenue des accords plus ronds et lents ainsi que de l’ajout de percussions échoïques et de leurs frappes un peu feutrées qui étouffent sous les voiles de flûtes prêtresses de poésies éoliennes. Et le mouvement alambiqué de "Oceanview" continue sa progression sur une structure en constant tiraillement où le rythme arrime une mélodie qui s’égare dans des dédales tant atmosphériques que rythmiques où les réminiscences mélodieuses de Baumann transpercent nos oreilles. Minimaliste et mélodieux, rythmique et onirique, Subsesizer vogue sur l’ambiguïté de ses structures rythmiques et de ses approches harmoniques. L’une des grandes forces d’Uwe Reckzeh est son art de mouler des séquences qui se subdivisent et s’entrecroisent pour jalonner des rythmes déviants, lourds et accrocheurs auxquels s’arriment des mélodies parfois contrastantes. Et sur Subsesizer le synthésiste de Rhénanie-du-Nord (Westphalie) fouille à fond et prend le temps d’exploiter ses rythmes et d’y fondre des mélodies qui parfois s’accordent et d’autres fois détonnent mais qui constamment attire l’ouïe et l’étonnement, signe que nous sommes en présence d’un très bel album. (lundi 5 mars 2012)

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snooky › jeudi 15 mars 2012 - 10:42  message privé !

J'avais trouvé "Romance 76" assez novateur pour l'époque et plutôt différent de ce que faisait Tangerine Dream. Trans Harmonic Nights est très bien c'est sûr mais assez conventionnel.

Enfin, ce n'est que mon avis ! :-))

Par contre après, ca c'est franchement gâté...

Merci pour le lien !

Note donnée au disque :       
etiennefroes › mercredi 14 mars 2012 - 13:39  message privé !

Les nouvelles de peter baumann c'est ici :http://www.thebaumannfoundation.org/peter_baumann.php Sinon trans harmonic nights est bien plus intéressant que romance 76

Phaedream › lundi 12 mars 2012 - 21:25  message privé !
avatar

J'ai jamais entendu Romance 76. J'ai entendu dire que c'était du synth-pop. Est-ce vrai? Quand à THN, il faudrait bien que je le chronique un jour, comme les autres Schulze, TD, Jarre, Vangelis et autres...Mais je vais m'y mettre un de ses 4!

snooky › lundi 12 mars 2012 - 13:48  message privé !

Merci pour les infos !

Note donnée au disque :       
mangetout › dimanche 11 mars 2012 - 15:35  message privé !

...comme je le disais précédemment le monsieur a créé un label, Private Music, et entamé par là-même une carrière de producteur. Private Music produisit, outre certains œuvrettes faisandées de son ancien groupe, Tangerine Dream, ("Optical race", "Lily on the beach"...) des albums, inconnus de moi au demeurant, de Nona Hendryx, Patrick O'Hearn (ancien bassiste du groupe de Frank Zappa), Carlos Alomar (ancien guitariste du groupe de David Bowie), Eddie Jobson (ex-Roxy Music, il a même joué avec Patrick O'Hearn, cité précédemment, dans le "Zappa in New-York"), Andy Summers (ex-Police) et beaucoup d'autres. Son label fonctionna de 1984 à 1996.