Les objets chroniqués

Vous êtes ici › Les groupes / artistesSSutcliffe Jügend › Death Mask

Sutcliffe Jügend › Death Mask

cd | 16 titres | 70:09 min

  • 1 Metal Device [3:22]
  • 2 I Never Met A Woman Who Didn't Deserve To Die [4:27]
  • 3 With This Cock [7:05]
  • 4 Death Mask [7:19]
  • 5 The Best Room [3:43]
  • 6 Born Victim [3:04]
  • 7 The Killing Of Heather [8:16]
  • 8 New Year's Day [4:43]
  • 9 Untitled (Blank Track) [0:29]
  • 10 Untitled (Blank Track) [1:00]
  • 11 Whore's Death [1:45]
  • 12 Campaign [3:41]
  • 13 Male Supremacy [4:17]
  • 14 PHL [4:13]
  • 15 Torture V [2:38]
  • 16 King Ian [10:09]

extraits vidéo

  • Il y a des extraits vidéo pour ce disque. Vous devez être membre pour les télécharger : devenez membre.

line up

Kevin Tomkins, paul taylor

chronique

Styles principaux
noise
Styles secondaires
power electronics

«I never met a woman who didn't deserve to die». Putain, ouais. Ma copine, c'était une conne, une vraie. Le jour, elle imprimait les marques de son cul osseux sur les bancs du cours Florent. La nuit, elle me gonflait avec sa frigidité. Elle me refusait la fellation, par «hygiène», disait-elle, et par «respect pour toutes ces femmes qui se battent pour leur liberté», affirmait-elle encore avec des tremolos dans la voix. Je me retenais à chaque fois pour ne pas la frapper. Le soir, elle croyait bon d'organiser des soirées entre amis, ils débarquaient tous ensemble, les bras chargés d’équipement intrasocial: alcool, disques, vêtements à la mode, attitude cool, sourire, rire, amitié, chaleur, anecdotes, discussion engagée, tout l’attirail du parfait groupe d’amis. Un conglomérat de potes, l’amitié en rut, le derrière moucheté de merde relationnelle, tout cela la faisait bien rire. Il me semble encore entendre ce rire gras et contagieux se propager dans tout l’appartement, s’immiscer entre les notes acides de la musique syncopée et les conversations gluantes de banalité. Il me semble encore humer l’odeur âcre des neurones laissés sur le palier, autant que la puanteur rectale de leurs propos futiles et insouciants. Ils jouaient tous la comédie sociale, à grands coups de musique abrutissante, d’alcool mal digéré, à grands renforts de débats stériles, de relations en trompe l’œil, ils connaissaient leur rôle par coeur, le mensonge était là pour leur souffler les répliques, bien entendu la pièce était inmanquablement un triomphe, cela ils le savaient, ils étaient leurs propres spectateurs. «I never met a woman who didn't deserve to die». La sacro-sainte soirée entre amis, le seul appareil social conçu afin qu'elle puisse humer délicieusement et en toute quiétude sa façon de parler, de faire rire, d’exprimer son idéologie de comptoir, de faire la pute neuronale, de renifler sa propre merde comme un chien, de se torcher l’anus-mental avec la langue. Elle aimait ça, en redemandait, les autres également, ils se donnaient rendez-vous dans un bar branché où elle faisait connaissance avec d'autres sous-êtres, élargissant encore plus son cercle d’amis, le cercle de son trou, mais elle le savait bien, tout a un prix et sa connerie ne resterait pas impunie, un jour il fallait bien reboucher tout ça. Reboucher son intestin puant avec toute la chiasse relationnelle qu'elle giclait en permanence. A force de trop faire la pute, de collectionner les Maladies Socialement Transmissibles, elle le savait bien, il y aurait la mort au bout de la route et aucune trithérapie ne viendrait la sauver. Elle était perdue. Elle était la mort. «I never met a woman who didn't deserve to die». Ouais. Surtout elle. La victime parfaite. Bon sang, elle m'avait tant impressionné le dernier soir, elle était vraiment la meilleure, je ne la quittais pas des yeux, goûtais le flot de ses paroles à même ses lèvres humides, me pâmais de son médiocre coït social, m’abandonnais, me donnais à ses mensonges enfantins. Bon sang, elle était faite pour crever. La victime parfaite. Diablement belle, drôle, intelligente, cultivée, oh oui, tellement cultivée, je pouvais l’écouter parler des heures de sa culture cinématographique, de son goût immodéré pour la photographie et tous les arts en général, en tout cas ceux qui ne réclament pas de réfléchir mais seulement de bien savoir en parler. Et bon sang, qu’est-ce qu’elle pouvait bien parler, la salope, je pouvais regarder bouger ses lèvres des heures durant, elle qui, le dernier soir, a lancé ce si passionnant débat sur la régularisation des sans-papiers, puis sur l’accès de la culture à tous. La victime parfaite. Bon sang, elle était tellement offerte, je l'ai saignée comme une truie. Je l'ai libérée. «I never met a woman who didn't deserve to die». Ouais. (dimanche 19 décembre 2010)

note       

ajoutez des tags sur : "Death Mask"

Vous devez être membre pour ajouter un tag sur "Death Mask".

ajoutez une note sur : "Death Mask"

Note moyenne :        2 votes

Vous devez être membre pour ajouter une note sur "Death Mask".

ajoutez un commentaire sur : "Death Mask"

Vous devez être membre pour ajouter un commentaire sur "Death Mask".

Solvant › samedi 25 décembre 2010 - 23:15  message privé !

Oui mais pas l'album auquel je préfère Pigdaddy.

Note donnée au disque :       
blub › samedi 25 décembre 2010 - 22:57  message privé !

je plussoit... cette chro bute!

Angry Machine › lundi 20 décembre 2010 - 09:21  message privé !

Superbe chronique.

Dun23 › dimanche 19 décembre 2010 - 17:26  message privé !

Je suppose que ça respire la joie de vivre, cette affaire!

vampyrlost › dimanche 19 décembre 2010 - 15:48  message privé !

nice play VL , nice play =) .

que de verités dans ce petit coup de geule <3 .