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fin 1967
Lou Reed (guitares, voix), John Cale (alto électrique, piano, basse), Sterling Morrison (guitare rythmique, basse), Maureen Tucker (percussions).
Un album ignoble, effroyable. Le son est tout aussi crade que sur le premier effort du Velvet, avec en plus des jams bruitistes beaucoup plus longues, des expérimentations faites à partir du mixage, un mélange de free-rock jusqu'au-boutiste et de pop mielleuse. Lou Reed laisse éclater ses talents de poète pour évoquer son univers merveilleux : drogues, trips cauchemardesques, chirurgie mutilatoire... A défaut de lumière, c'est vraiment du bruit blanc que l'on entend sur ce disque (guitares qui écorchent les oreilles, orgue qui rend fou, percussion bête et méchante, alto en grincement de porte, larsens, longs monologues en spoken words), pas en reste non plus de cette fureur primitive propre au rock, ce rock pas produit, sale, qui sent sous les bras, qui vous vomit sur la gueule. C'est tout ça le Velvet, et bien d'autres choses encore. Ce second album fut enregistré dans la foulée du premier. Nico a quitté le navire (on la comprend) et livrera bientôt quelques merveilleux albums en solo (enfin pas tout à fait puisque John Cale contribuera à leur réussite). Andy Warhol, le soi-disant producteur du disque à la banane (il n'était en fait que le metteur en scène du show), n'est plus crédité sur la pochette - le groupe ne veut plus passer pour sa chose. Alors oui, c'est du brut, c'est de l'extrême. Rien de pareil n'existait à l'époque. Pour sûr ce disque aura de l'influence, mais sur le punk plus que sur le progressif, ou en tout cas sur Fred Frith plus que sur Peter Gabriel. Bon sang, je viens de réécouter les 17 minutes de "Sister Ray" : insupportables ! Ha, et que dire de "The gift", tournante rock bruitiste et névrotique sur l'enceinte de gauche, soliloque de Lou sur celle de droite : en réglant la balance de votre chaîne, vous pouvez choisir d'entendre l'un sans l'autre, ou faire vous-mêmes le mix qui vous convient. "White light/White heat" est un rock stonien qui finit par partir en sucette. "Lady Godiva's operation" elle aussi va en se dégradant, physiquement, au souffle des instruments qui se perd, aux corps sonores qui s'écroulent... Après la parenthèse "Here she comes now" vient la furie rock 'n' roll métallique de "I heard her call my name". Et le pire, c'est que les compositions sont toujours aussi bonnes... Puis c'est le long, lancinant, douloureux "Sister Ray" et ses 17 minutes d'agonie musicale. Un album ignoble, effroyable. (mercredi 5 octobre 2005)
note
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tu vois pas ce qu'ils viennent faire là ? ben jpeux pas grand chose pour toi alors... John's Children non plus, j'imagine ? Cette obsession pour la forme me dépasse, perso je préfère un truc qui tabasse sur 3 minutes que 15 minutes soporifiques. Les Seeds c'est quand même un peu mou à coté des Sonics ou meme des Who non ? Si tu veux tes fifteen minutes of chaos va voir tonton Sun Ra à la même époque... (de toutes façon c'est l'ère pré hendrix)
les Sonics et les Monks ont un côté plus "pop", dans le sens où c'est vraiment des morceaux courts, bien saturés et qui tabassent certes, mais qui sont pas expérimentaux pour un clous contrairement au Velvet ou au Seeds à leur manière. Et pour ce qui est de The Creation, The Action, j'vois même pas ce qu'ils viennent faire là...
Je trouve ça mignon les Seeds, j'ai jamais compris ce qu'on trouve à ce titre là... Dans le genre électrique et foudroyant je suis bien plus frappé par les Monks ou surtout les Sonics, voire les groupes mods genre The Action, The Creation...
L'air devint hautement électrique et foudroyante aux US en ces 60's mourantes. En 66 (un peu avant que Sister Ray irradie) les Seeds aveuglaient avec le titre hypnotique Up In Her Room (A Web Of Sound) : 15 minutes de saturation, de feedback and co, de basse dronante...
Ce disque est la matrice d'une multitude de courants que j'adore: noise rock, rock indé craspec, shoegaze, krautrock et tous ces trucs tordus qu'on aime qualifier de gustien ici. Bref, c'est la base, à connaitre absolument.