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Helmut Lachenmann (1935) › Reigen seliger Geister / Tanzsuite mit Deutschlandlied

19 titres - 64:53 min

  • 1/ REIGEN SELIGER GEISTER pour quatuor à cordes (28:56) - TANZSUITE MIT DEUTSCHLANDLIED pour orchestre avec quatuor à cordes - 2/ préambule (3:32) - 3/ introduction (0:09) - 4/ valse (0:18) - 5/ marche (0:41) - 6/ transition (1:09) - 7/ sicilienne (3:53) - 8/ capriccio (2:26) - 9/ valse lente (2:29) - 10/ transition (1:42) - 11/ gigue (2:49) - 12/ tarentelle (0:53) - 13/ transition (0:44) - 14/ aria I (1:37) - 15/ polka (1:45) - 16/ aria II (1:24) - 17/ introduction (0:12) - 18/ galop (3:16) - 19/ coda (aria III) (6:29)

enregistrement

"Reigen seliger Geister" enregistré à Stuttgart, Süddeutscher Rundfunk, en novembre 1990. "Tanzsuite mit Deutschlandlied" enregistré à Berlin, Sender Freies Berlin, en février 1991.

line up

QUATUOR ARDITTI : Irvine Arditti, David Alberman (violons), Garth Knox (alto), Rohan de Saram (violoncelle). DEUTSCHES SYMPHONIE-ORCHESTER : Olaf Henzold (direction).

chronique

Styles principaux
musique classique
Styles secondaires
contemporain
Styles personnels
contemporain

Crissements et glissements affolés des archets sur les cordes, pizzicati intempestifs et rageurs, notes suraiguës qui vrillent les oreilles... tout cela surgit du néant. Non, ce n'est pas à proprement parler de la "musique", c'est un fantôme de musique, quelque chose qu'on aurait entendu dans la journée et qui nous reviendrait dans un cauchemar, par bribes déformées et méconnaissables. Helmut Lachenmann, disciple de Luigi Nono, admirateur de John Cage, a un parti-pris : le refus du beau son. Il tire des instruments à cordes "classiques" les sonorités les plus torturées et cacophoniques possibles. Ne vous attendez donc pas à un quelconque "plaisir d'écoute" (quoique...) entre une porte qui grince et une craie qui crisse, mais plutôt à une expérience tactile, sensorielle plus que musicale. Il n'y a bien sûr ici pas de rythmes, ni de mélodies ou d'harmonies au sens où on l'entend habituellement, mais une suite d'apparitions sonores, entrecoupée de silences, un jeu de cache-cache avec les esprits. Dans la seconde oeuvre présente sur ce disque, qui voit un orchestre se joindre au quatuor à cordes, l'atmosphère reste la même : explosions dissonantes allternant avec des frottements sourds et indistincts, cancannements, barrissements, croassements des divers instruments. Lachenmann s'amuse à faire références à des formes classiques, dont il feint de respecter les codes, pour mieux les atomiser. On pourra même, en faisant un effort, reconnaître l'hymne allemand auquel le titre fait allusion, surgissant sous la forme d'un spectre grotesque. Je vous préviens quand même, il s'agit d'une musique extrême, dont une oreille non-avertie pourrait fort bien faire une caricature de musique contemporaine, dans ce qu'elle a de plus risible, le genre de truc qui pourrait servir d'illustration sonore à un documentaire sur les les théories d'Arthur Danto concernant la mort de l'art, le genre de truc dont on préfère parler plutôt que de l'écouter. Bref, pour savoir si vous êtes prêts pour une "écoute désarmée", empruntez ce disque à la médiathèque de votre ville avant de l'acheter ; sinon, il n'est pas impossible que vous me détestiez. (dimanche 6 mars 2005)

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mangetout › mardi 30 décembre 2008 - 16:52  message privé !

Allez tiens encore un dont je n'aurai soupçonné la présence dans ces lieux et au passage un autre chroniqueur qui se fait doucement regretter tant ses défrichages dans les musiques "contemporaines" sont restés lettres mortes, dommage collatéral lié à son absence. De Lachenmann je ne connais pas les deux pièces de ce disque mais le contenu, vu la teneur de la chronique, me semble être dans le sillage de ses "Kontrakadenz", "Fassade" et autre "Klangschatten" que je possède, une certaine vision "sonore" du matériau instrumental pour un résultat assez proche de la musique concrète dans sa forme finale, tant les présupposés de départ en sont éloignés par son élaboration abstraite, où pour faire court l'idée musicale précède le son en lui même, l'intention étant indépendante du matériau sonore en soi, ici la ligne de composition suit le classique triptyque conceptualisation/écriture/interprétation pour le matérialiser, si je puis dire, contrairement à la musique concrète classique ou toute l'élaboration conceptuelle se fait à partir de la production des sons, de leur architecture, de leur manipulation et de leur fixation sur support. Au final, de tout ça, il importe peu, il suffit juste de se laisser porter par le magma sonore...