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The Seeds › Future

  • 1967 • Vogue GNP-2038 • 1 LP 33 tours

12 titres - 38:43 min

  • 1/ Introduction (3:03)
  • 2/ March of the Flower Children (Hooper, Saxon) (1:45)
  • 3/ Travel With Your Mind (Hooper, Savage, Saxon) (3:00)
  • 4/ Out of the Question (Saxon, Serpent) (3:02)
  • 5/ Painted Doll (Saxon) (3:20)
  • 6/ Flower Lady and Her Assistant (Saxon) (3:15)
  • 7/ Now a Man (Hooper, Savage, Saxon) (3:20)
  • 8/ A Thousand Shadows (Hooper, Savage, Saxon) (2:25)
  • 9/ Two Fingers Pointing on You (Sky Saxon) (3:10)
  • 10/ Where Is the Entrance Way to Play? (Saxon) (2:55)
  • 11/ Six Dreams (Saxon) (3:05)
  • 12/ Fallin' (Hooper, Saxon) (7:40)

line up

Jan Savage (Guitares, chant), Harvey Sharpe(basse), Sky Saxon Blues Band (Harmonica, claviers, chant...), Rick Andridge (batterie), Daryl Hooper (claviers, chant)

remarques

Sur la deuxième image, il est écrit en haut à droite : “Coupez et collez sur n’importe quoi"...
Sorti sur le label GNP Crescendo records

chronique

Styles
pop
garage
rock
Styles personnels
garage > flower punk

“..The farmer lives by the elements alone, the sun, the rain, and the earth, but the earth needs its seeds to sow the flower generation of the leaf...” dixit les notes de pochette. Bon, les Seeds, vous le savez, c’est ma grande passion (big up omar). Mais là je me demande tout de même s’ils ne se sont pas faits plus hippies qu’ils ne peuvent l’être. Imaginez un peu, alors qu’ils copiaient allègrement les feulements de Jagger, les voilà maintenant qui sortent un 3eme album sous haute influence Sgt Pepper, que Brian Jones aurait certainement kiffé ! Alors qu’ils n’ont jamais été ne serait-ce qu’au niveau de Rubber Soul, mais bon. C’est ça le garage : tout est permis ! Ainsi « Future » commence doucement par un ravissant poème de Saxon avant que le groupe nous tire soudain par la main pour nous entraîner dans son arrière-boutique… « Come on now and walk with me back into your dreams” ! On est emporté dans la « marche des enfants fleurs », une fanfare aux doux relents de nostalgie qui donne a ce disque un cachet désuet assez unique pour du psyché US, et qui reviendra sur la face B (2 fingers). Plus proche des Kinks que des Yardbirds, ce garage-là n’en exalte pas moins l’incroyable envie d’évasion qu’avait la jeunesse de l’époque… Amateurs de frissons proto-punk rassurez vous : “Out of the Question” retourne fièrement au garage embryonnaire des débuts, Sky Saxon ayant visiblement encore un compte à régler avec une petite amie qui l’aura particulièrement agaçé (il n’y a qu’à entendre son cri du cœur à la fin du morceau)… Les autres morceaux, excepté « Now A Man », qui voit Savage laisser un peu sa fibre Surf parler, sont souvent des poèmes archi-naïfs et garantis « flower power » sans OGM déclamés par Saxon sans vraiment tenter d’esquisser une mélodie… (Travel with your mind avec ses tablas éparpillés partout et sa guitare préfigurant « Caribou » des Pixies ! et Painted Doll), ou bien des comptines imbibées de LSD qui – enfin – montrent une évolution dans le son du groupe. Ça tombe bien, elles sont majoritaires dans le tracklisting. Ce sont les morceaux les plus réussis de l’album, quoiqu’emprunts d’une étrangeté assez troublante, dois-je avouer. On se croirait débarqué chez les gitans, tout simplement, ce qui finalement n’a rien d’étonnant quand on pense au Haight Ashbury… Pourquoi cette ambiance vaudou de l’europe de l’est ? Eh bien, il semble que Gene Norman Presents records, le label du groupe, leur ai laissé une liberté artistique totale… La preuve ? « Where is the entrance way to play », hilarante bluette ou Saxon raconte ses déboires avec une jeune fille « de sang bleu », prisonnière de sa famille de bien pensants, alors qu’il veut juste « have some fun making love to you » ! Pire que « Anarchy in the UK », pour l’époque. Epoque à laquelle les Beatles en étaient encore à hésiter avant de chanter « I’d love to turn you on » dans A Day In The Life ! Encore une fois, les Seeds compensent tout ce qui leur manque par leur confiance en eux inégalable (Même si Polnareff aura coiffé tout ce beau monde au poteau). Bref, forts de cette liberté de manœuvre, les Seeds étoffent leur son, non pas en empilant les effets de studio (la moitié de l’album est acoustique), mais en rajoutant toutes sortes d’instruments complètement incongrus (a la manière des mêmes Beatles sur Sgt Pepper), sitars, tablas, harpsicord sur « Flower Lady » et « Fallin’ », et même un tuba sur « March of the flower children » et « 2 Fingers »… Dépaysement garanti, on se croirait dans un film de Kusturica. Du coup, l’album n’a carrément pas vieilli, vu l’absence d’effets psyché dont beaucoup abusent à l’époque. Comme quoi, être un groupe de garage fauché, ça a du bon. On pense au Doors de « Love Street », bien que le jeu de Daryl Hooper au claviers ait quelque chose de frais que Manzarek n’a pas (inutile de les comparer techniquement par contre). On l’entend péter les plombs sur Fallin’, presque 8 minutes de bad trip convulsif, dans la veine de « Flower Lady », c'est-à-dire flippé… Les aléas de la prise d’acide semblent être le principal sujet des chansons, comme peut le prouver le décalé « 6 Dreams », une des perles du disque, très cinématographique (je n’aurai pas pensé utiliser pareil mot ici…) avec ses bruits de vent et de tonnerre omniprésents. Ce qui m’amène a la conclusion de cette chronique : ce disque est parfait pour écouter dans un vieux cabanon qui prend l’eau alors que la pluie tombe et passe a travers le toit… La version « bidonville » de Sgt. Pepper en quelque sorte !

note       Publiée le lundi 28 mai 2007

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Twilight › lundi 16 septembre 2013 - 20:08  message privé !
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J'aime moins celui-ci, moins barré, moins sombre...mais ça reste du Seeds !

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Grandgousier › dimanche 6 septembre 2009 - 17:35  message privé !

Hippie ? Flower Power ? Mouais. Une version déglinguée alors. Il mérite bien ses 6 boules en tout cas.

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Aiwass › samedi 2 juin 2007 - 00:59  message privé !
Ben honnêtement pour "A thousand Shadows" difficile de pas voir la ressemblance avec "Pushing Too Hard", ils sont quasiment identiques sauf que sur "A thousand" il y'a l'intro "flower child" de Sky, et que le son est meilleur, et que les claviers me foutent le bambou... c'te chanson c'est d'la bombe baby.
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dariev stands › vendredi 1 juin 2007 - 20:14  message privé !
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tu m'otes les mots de la bouche pour "1000 shadows" ! je pensais chroniquer les singles 45t aussi vu ce qu'il ya a dire sur les chansons prises individuellement.
Aiwass › vendredi 1 juin 2007 - 16:21  message privé !
"La version « bidonville » de Sgt. Pepper en quelque sorte !" eh eh, perso j'aurais dit "La version kindergarten de Revolver"... "A Thousand Shadows" est un remake amélioré de "Pushing Too Hard", incroyablement véloce, avec cet appui aux claviers absolument jouissif (mon titre préféré de l'album), les autres sont tous fabuleux, niais ou simplement bourrés d'énergie et de feeling ("The Fower Lady and Her Assistant" et "Out Of The Question, OH YEAH...") et puis le final "Fallin'" qui les laisse fuir dans leurs envolées folles, les instrus, etc... mmmh... sinon pour le côté pluvieux et cabanon, entièrement d'accord, et c'est ça qui me plaît le plus dans l'ambiance de cet album.
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