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Carla Bozulich › Evangelista

9 titres - 44:51 min

  • 1/ Evangelista I
  • 2/ Steal Away
  • 3/ How To Survive Being Hit By Lightning
  • 4/ Inside Sleeps
  • 5/ Baby, That's The Creeps
  • 6/ Pissing
  • 7/ Prince Of The World
  • 8/ Nels' Box
  • 9/ Evangelista II

enregistrement

Enregistré par Efrim Menuck à l'Hotel2Tango, Montreal - Co-produit par Shahzad Ismaily - Masterisé par Harris Newman

line up

Erika Anderson (guitare électrique), Carla Bozulich (effets, samples, boucles), Carla Bozulich (voix sur morceaux 1 à 4, 6 à 9 ; écrit par : morceaux 1, 3, 4 à 6, 8, 9), Thierry Amar (Double basse, morceaux 1, 2, et 5) Nadia Moss (Piano, Orgue sur morceaux 1, 5, et 6), Beckie Foon (Violoncelle), Gen Heistek (viole, choeurs), Jessica Moss (violon, voix sur 'prince of the world', choeurs), Efrim Menuck (Piano, choeurs, Tremolo de guitare), Shahzad Ismaily (batterie, guitare acoustique, voix, synthé casio), Ian Ilavsky (basse), Corey Fogel (batterie), Erzla Buchla (viole, mandoline sur 'prince of the world', effets sur 'baby')

remarques

Artwork par Nadia Moss

chronique

Styles
ambient
blues
folk
post rock
Styles personnels
slowcore / imprécations marécageuses

Il y a peu, je vous parlais de la bande-son de Silent Hill 2. Eh bien Carla Bozulich, c’est un peu comme si la brune perdue que vous croisez dans le cimetière au début enregistrait un disque. Perdue dans la brume, haranguant les passants ou les camions qui passent, criant la perte et la douleur dans l’indifférence la plus totale, Carla Bozulich est une chanteuse de gospel boueuse qui crache ses cantiques de malheur avec le grain de voix d’une sorcière du Wisconsin. Une prêcheuse alcoolique, au fiel et au larmes corrosives comme de l'acide, dont on se retrouve prisonnier, esseulé et la chair à vif. A la fois très cabaret et intimement religieux, « Evangelista », son deuxième album, est en quelque sorte l’aboutissement d’un genre qu’elle est la seule a avoir brevetée : le blues/post-rock hurlé (quant on ne parle pas de country, pour son album précédent, "Red Headed Stranger", réappropriation de Willie Nelson). Une candidate potentielle au titre de « Tom Waits au féminin », même si, sérieusement, si cela peut inciter a écouter l’album, les écoutes successives ne permettent pas vraiment d’établir une carte des influences… « Evangelista » est unique, habité, desespéré, et tellement couvert de poussière que chaque son et chaque instrument y toussote du début à la fin. L’album est construit comme une vieille bicoque toute brinquebalante : d’abord un pic d’intensité intolérable pour les ames trop sensibles, la tressaillante plage-titre, à ranger entre l'intensité de l'organe de Diamanda Galas et les atmospheres d’A Silver Mount Zion, puis une nette accalmie, plus propice aux morceaux ambient sur lesquels la dame semble déclamer des poemes improvisés, comme pour créer un effet, une atmosphère, mais sans la volonté de faire une « chanson » ; puis en milieu d’album, la tension augmente à nouveau avec un « Baby, that’s the creeps » revenchard et poignant et ce « Pissing » que je n’ose plus écouter, une reprise de Low encore plus terrassante que l’originale, de quoi faire pisser des larmes a la mort elle-même… Et ça redescend encore à nouveau avec le trop court « Prince of the world », à la chorale enchanteresses, et l’intropectif « Nel’s box », plus opaque et lointain, avant de se terminer par "Evangelista 2"... Si l'idée de prêcher des poemes très personnels sur un ton frontal et urgent peut rappeller Patti Smith, n'oublions pas qu'on est ici sur le label Constellation. Orgues, cordes et ambiances proches de Silent Hill justement (ce qui n’exclut pas quelques bruits parasites...) sont donc au programme, des membres de divers collectifs du label étant venus prêter main forte à l'artiste, avec les Black Ox Orkestar aux violoncelles et la présence d'Efrim, le leader mangeur de journaliste de GY!BE (On relève aussi un membre des Secret Chiefs 3). Ce qui serait bien peu étonnant si Carla Bozulich avait été Montréalaise. Or, elle est new-yorkaise... C'est la première fois que l'instransigeant label signe un artiste non-canadien ! Peut-etre que le passé de Carla en tant que leader des Geraldine Fibbers jusqu'en 98 (Ne connaissant pas son nom, j'avais cru que Carla Bozulich était son nouveau groupe, avec le même genre de nom...), des Ethyl Meatplow et des Scarnella a joué en sa faveur. Toujours est-il qu'il s'agit d'un disque halluciné et névrotique, un de ceux qui ont ce petit supplément d'âme qui fait qu'on ne doit pas les oublier. "Evangelista" est le genre de disque peu facile d'accès mais intègre jusqu'à l'os dont l'existence même est un miracle.

note       Publiée le lundi 11 juin 2007

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Note moyenne        6 votes

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Reflection › mardi 1 avril 2008 - 21:53  message privé !
Pas exactement. Je viens d'un petit village du haut var. Mais je fais mes études a Marseille et j'ai de la famille sur Toulon/Hyère, donc je peux facilement aller voir ce concert sur Toulon :)
dariev stands › mardi 1 avril 2008 - 20:24  message privé !
avatar
t'es de toulon reflection ? en tout cas t'as de la chance, moi je serai surement encore chez les rosbifs à ce moment là, du coup je vais rater l'unique concert de l'année à toulon, et quel concert... la vie est injuste...
Reflection › mardi 1 avril 2008 - 17:59  message privé !
Cool elle passe a Toulon, pour une fois qu'il y a un truc intéressant qui passe dans le Sud-Est je vais pas rater ça ! ( enfin j'éspère, c'est dans trop longtemps pour prévoir le coup encore. )
Nicouscous › lundi 19 novembre 2007 - 15:44  message privé !
J'ai vu "Carla Bozulich et Evangelista" la semaine derniere en concert. Je ne connaissait pas encore la dame, mis à part une petite apparition (excellente) dans le dernier Book Of Knots. voila ce que j'ai pensé du concert : Carla Bozulich & Evangelista : Carla Bozulich-guitare chant/ Tara Barnes-basse/ Marika Hugues-violoncelle/ Shazad Ismaily-guitare/ Ches Smith-batterie/ Carla Kihlstedt-violon/ Devin Hoff-contrebasse Concert étrange...... derriere Carla Bozulich, c'est ni plus ni moins Good for Cow et 2 Foot Yard...... "What a fucking band" comme ils disent..... Carla Bozulich, c'est une nana qui est signée chez Constellations (la label crée par Godspeed You! Black Emperor, Sliver Mt Zion....). Elle a basé son art sur les textes (que j'ai compris que pouic...) et sur leur interpretation mi-déclamée mi-chantée. Personellement j'accroche moyennement. Il y a de très bonnes choses, mais dans l'ensemble je trouve ça pas assez maitrisé... En revanche, le groupe qui joue derriere assure à fond !!!! Ils joue en majorité des nappes de sons accompagnant le chant. très très bon ! Notament un morceau avec une grosse rythmique obsédante !! Cela dit, l'ambience sur scène était assez étrange, les musiciens avaient souvent les larmes aux yeux et on s'est vraiment dit qu'il y en avait un qui allait se barrer en chialant... Je ne sais trop qu'en penser....
Solvant › dimanche 18 novembre 2007 - 23:35  message privé !
ou Sandy Dillon.