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Silver Apples › S/t

9 titres - -- min

  • A1/ Oscillations (2:47)
  • A2/ Seagreen Serenades (2:53)
  • A3/ Lovefingers (4:10)
  • A4/ Program (4:05)
  • A5/ Velvet Cave (3:28)
  • B1/ Whirly-Bird (2:39)
  • B2/ Dust (3:42)
  • B3/ Dancing Gods (5:55)
  • B4/ Misty Mountain (2:38)

enregistrement

Enregistré sur un 4-pistes par les Silver Apples - Ingé-son : Don - Produit par The Magical Theatre Partnership et Barry Bryant

line up

Dan Taylor (percussions, vocaux), Don Van Gordon (ingé-son), Simeon Coxe ("The Simeon", vocaux), Stanley Warren (poemes)

remarques

INSTRUCTIONS : play twice before listening

chronique

Styles
krautrock
Styles personnels
motorik beat

Dans la grande histoire de la musique électronique, les Silver Apples tiennent une place à part. Petit groupe psyché avide d’expérimentations comme il en pullulait à cette époque bénie, ils décident un beau jour de laisser tomber le garage-rock et les reprises des Doors pour se consacrer pleinement à… l’éléctronique ! En 68, oui. Avant Kraftwerk, avant Neu qu’ils inspireront à tous les niveaux ; ces pionniers absolus avaient jetés leurs instruments pour devenir un duo et travailler en studio comme sur scène sur une machine énorme aux sons rudimentaires - mais révolutionnaires pour l’époque, bien entendu – le temps de trois (dont un jamais sorti... à l'époque) albums über-kult (comme on dit sur Kobaïa), devenu séminaux a force d’être cités en références absolues depuis les années 80. En effet, difficile de remonter plus loin dans le genre album pop entièrement électronique, c'est-à-dire avec couplet et refrain. Il ne reste que la batterie (tribale), les lignes de basse (new wave) et la voix chevrotante et incantatoire pour nous rattacher au monde des humains. Le reste est mécanique rêveuse, industrielle et poétique, paradoxalement. Les Silver Apples, c’est plutôt des cosmonautes que des astronautes, si vous voyez où je veux en venir. Si Dan Taylor, le hippie qui chante (rien à voir avec les bonbons) évoque immanquablement un droïde halluciné entrant dans une transe païenne ; Simeon Coxe, le préposé aux oscilloscopes, claviers et autres engins à vapeur, lui, déroule une science sidérante pour créer des rythmes avant-gardistes. Les Silver Apples avaient-ils conscience de préfigurer le hip-hop et la drum’n’bass avec leurs beats saccadés et répétitifs ? Savaient-ils qu’ils faisaient du Dust Brothers avant l’heure, notamment en ajoutant des samples dans Program ? Qui plus est, les paroles sont de superbes exemples de poésie flower power de l'époque, naïves mais jamais niaises... "Program", justement, qui a du donner des idées aussi bien à Bowie (pour les paroles de "Starman") qu'à George Martin (pour les extraits de radio); sans oublier "Velvet Cave", ode a peine imagée à l'amour libre... Mais la grande réussite du disque, le titre inoubliable qui sera sans doute un hit dancefloor en 2482 sur Neptune, c’est « Lovefingers » ! Ecoutez moi cette batterie, c’est du Fatboy Slim passé au ralenti ! Et cette basse Holger Czukayesque ! Quelle merveille… On ne peut qu’approuver Taj Mahal, qui – lorsqu’il vit le groupe interpréter « Dancing Gods » sur scène (une relecture d’une danse cérémoniale navajo laissant place à l’impro pour simeon) – déclara : maintenant je sais ce qu’est la « White Soul ».

note       Publiée le samedi 4 août 2007

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Alfred le Pingouin › vendredi 4 janvier 2013 - 17:20  message privé !

Vu en concert le Simeon l'année dernière. Un peu tristoune avec juste un peu d'oscillateurs à tripoter, mais pas les merveilles qu'il devait actionner avec pieds et mains à l'époque. Mais un très bon moment quand même.

Note donnée au disque :       
Schtroumpf Grognon › lundi 6 août 2007 - 15:33  message privé !
A tout jamais en avance sur son temps.
Note donnée au disque :