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Opeth › My arms, your hearse

9 titres

  • 1/ Prologue
  • 2/ April ethereal
  • 3/ When
  • 4/ Madrigal
  • 5/ The amen corner
  • 6/ Demon of the fall
  • 7/ Credence
  • 8/ Karma
  • 9/ Epilogue

enregistrement

Enregistré au studios Fredman de août à septembre 1997 par Fredrik Nordström, Anders Friden et Opeth.

line up

Mikael Åkerfeldt (guitares, chant), Martin Lopez (batterie), Peter (guitares)

remarques

chronique

Styles
metal extrême
Styles personnels
death metal atmosphérique

Archétype absolu de l’album de transition. En témoigne son line-up, mais surtout, chaque petit détail de la musique. Avant toutes choses il est important de préciser que puisqu’il s’agit d’un album d’Opeth, il s’agit donc d’un album rempli d’excellentes choses. Ceci posé, observons ce que Mikael Akerfeld qualifie lui-même de « troisième observation d’Opeth ». L’ancien Opeth de « Morningrise » n’est plus, De Farfalla et Nordin sont partis, et malgré un leadership incontestable des deux guitaristes, les deux rythmalistes faisaient aussi beaucoup à la magie d’Opeth. L’ancien Opeth, si unique en son genre, n’existe plus sans eux, mais Lindgren-Akerfeld existent encore, au soir de cette séparation, et Opeth aussi, donc. Et ils n’en doutent pas. Ils vont donc choisir un batteur fan d’Opeth, qui les suivra sans poser de question, Martin Lopez entre en scène, et quant à la basse, Akerfeld va carrément s’en charger lui-même. Opeth, à l’heure du changement, a décidé, en effet, de s’observer. Peter et Mikael veulent être seuls, le temps d’un album, pour savoir où ils en sont, et donc où ils vont. L’album est donc très exactement un mélange de l’ancien Opeth, et de l’Opeth d’aujourd’hui, celui de « Still Life » et de « Blackwater park ». Sans la patte seventies des deux disparus, dans laquelle ils trouvaient un moyen d’explorer leurs envies de « progressif », Opeth se recentre sur le métal lourd, jusque dans ses rythmiques. Car c’est bien de là qu’ils se tiennent avant tout, tous les deux, depuis toujours. Le heavy entre chez Opeth, les accents brutaux, les riffs plus violents, et la durée des morceaux passe sous la barre des dix minutes. Opeth a gardé également sa grâce acoustique, dans laquelle on retrouve la belle mélancolie du duo, que le reste plus purement « noir » de cet album masque légèrement. Opeth veut toujours être un groupe progressif, et il continue les ponts calmes, les voix claires… les évolutions. Les ambiances toutefois sont un peu différentes. Cet onirisme mélancolique des parties death et le classicisme naturaliste des passages acoustiques se sont estompés avec le départ de l’autre duo. Akerfeld et Lindren, face à eux-mêmes, se retrouvent face à la noirceur du death et à une mélancolie plus folk, en accord avec ce qu’ils sont. Cet élément va atteindre son épanouissement absolu dans Blackwater park. Voilà pour ce que le nouvel Opeth en gestation est d’ores et déjà en train de donner à « My Arms Your Hearse ». Les deux albums suivants, une fois le nouveau line-up installé, suivent incontestablement cette logique. Mais Opeth n’a pas encore trouvé sa formule à quatre. Et ce qu’il en garde encore de l’ancien Opeth ne fonctionne plus. Privé des deux qui menaient Opeth sur le terrain des 70’s et de ces groupes qui pouvaient aligner quinze, vingt voire trente minutes cohérentes, Akerfeld et Lindren ont compris que leur progressif serait de l’ordre de six à dix minutes. Mais de telles pièces ne se structurent pas comme des pièces d’un quart d’heure. Et les enchaînements soudains que l’on accepte et que l’on adore lorsque l’on écoute une longue histoire, on les comprend moins dans ce nouvel Opeth, qui ne fonctionne plus en conteur, mais de plus en plus en tant que musicien. Akerfeld l’a bien compris, et il a tenté tant bien que mal de nous embrouiller en nous pondant un album concept où, en fait, il n’y aurait qu’une seule chanson… un peu comme avant. Mais avant, il n’y avait pas, non plus, de refrain, comme ici dans, par exemple, Demon of the fall ; avant, le fond et la forme étaient en cohérence totale, Opeth était quatre. Aujourd’hui ils sont deux et bien que très dignes dans cet album, ils sont déséquilibrés. À partir de la suite ils seront de nouveau quatre. D’autre quatre, mais quatre quand même, mais toujours Akerfeld et Lindren, donc un autre Opeth, mais toujours Opeth. Les deux guitaristes sont là dans « My arms your hearse » : un album indispensable donc, car un album d’Opeth.

note       Publiée le mercredi 6 février 2002

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notes

Note moyenne        68 votes

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vigilante › mercredi 12 août 2020 - 18:15  message privé !

Bon au final il n'est pas moins beau...toujours un régal mais à petite dose. Avec Opeth l'indigestion n'est jamais loin.

H2O › dimanche 14 septembre 2014 - 16:50  message privé !

Réecouter après pas mal de temps, je ne me souvenais pas qu'il était si bon. J'ai limite l'impression de l'avoir redécouvert. Y a de ses ambiances, de ses riff accrocheurs, et une performance vocal exceptionnel. 6 boules.

Note donnée au disque :       
taliesin › jeudi 7 novembre 2013 - 08:12  message privé !

Bein ça alors, je n'avais pas encore noté cet album. Tout bonnement génial... Le 1er album d'Opeth à être entré dans mes oreilles; j'avais découvert le titre 'April Ethereal' sur une compile. Sinon j'ai la version avec deux reprises : Circle of Tyrants et Remember Tomorrow (dont vous aurez deviné les interprètes originaux), excellents !

Note donnée au disque :       
crao › vendredi 14 janvier 2011 - 15:30  message privé !

Vous ne trouvez-pas des airs de Borknagar dans "April Etheral" du fait de passages clavier très kitchs. Cela dit sa sonne super avec la musique.

michel rocard › samedi 16 janvier 2010 - 03:22  message privé !

AH j'suis pas d'accord, "When" est une tuerie et j'ai tjrs été le genre de salope à mouiller sur "Credence". Cet album est magnifique mais signifie aussi la transition industrielle du groupe. Je me comprends.