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Manuel Göttsching › Joaquin Joe Clausell meets Manuel Göttsching

  • 2006 - MG.ART, MG.ART 501 (1 cd)

3 titres - 49:41 min

  • 1 Deep(er) Distance (Joaquin's Dream Version) 21:12
  • 2 Ain't No Time For Tears (Sacred Rhythm Version) 10:17
  • 3 Shuttlecock 18:12

enregistrement

Enregistré en concert à Paris le 14/12/76 (Track I-III) Enregistré en concert à Berlin le 19/08/79 (Track II)

line up

Manuel Göttsching (farfisa, ARP, gibson, tape echoes with revox A77), Joaquin Joe Clausell (percussions et séquenceur additionels lors du remixage sur les pièces 1 et 3)

remarques

Pour entendre des échantillons sonores et en savoir plus sur l’artiste, visitez son site web au ;http://www.ashra.com/welcome.htm

chronique

Styles
electro
Styles personnels
musique Élect minimaliste contemporaine

Seul le temps peut arranger les choses. Cet adage n’aura jamais été aussi vrai que dans le cas de Manuel Göttsching. Artiste mythique et légendaire, ce brillant guitariste était, et l’est sans doute encore, l’un des plus ingénieux de sa génération. Göttsching a marqué l’univers du Krautrock et de la MÉ avec Ashra et ses œuvres solos, dont le sublime Deams and Desire et l’intemporel E2 - E4. Depuis 2005, le petit monde de Manuel Göttsching évolue dans un contexte de reconnaissance. La jeune relève de la musique techno et électronica commence à vouer un culte au fondateur d’Ashra Temple en créant des mixages maisons et pirates de la musique du guitariste Allemand. Si Kraftwerk, Depeche Mode et David Bowie y ont passé, les dj underground de Détroit, la ville la plus galvanisée en Amérique, n’ont que d’éloges pour les œuvres de Manuel Göttsching qu’ils considèrent comme le plus grand de tous. C’est ainsi que le très renommé dj Joaquin Joe Clausell a décidé d’oser et de mixer la musique de MG, comme il l’a perçoit. Et vous allez constater que sa perception n’est pas trop loin de l’œuvre originale. Tout d’abord, le contexte; un cd de près de 50 minutes qui réunit 2 pièces lors du célèbre concert donné par MG au Bataclan de Paris en Décembre 76, que j’ai la chance de posséder. Alors que Ain't No Time For Tears provient d’un concert dans le quartier Latin de Berlin en Août 79. Deep(er) Distance est une superbe version, allongée, de Deep Distance sur l’album New Age Of Earth. Sur cette version, Joaquin Joe Clausell ajoute quelques boucles et des percussions, donnant plus de relief et de profondeur à ce monument d’improvisation, qui donne une nette impression d’avoir un tempo plus accélérer, alors qu’en réalité le temps est identique. La guitare de MG est magique et se fond admirablement bien avec le synthé et les effets sonores. Pour l’époque, cette prestation était de haut niveau. On parle beaucoup des concerts du Dream et de Klaus Schulze, mais les concerts de Göttsching étaient uniques et très avant-gardistes. La restitution de Joaquin Joe Clausell ne fait qu’actualiser ce titre et lui rend un hommage intemporel en le cimentant dans une culture américaine et contemporaine moins tétanisée. Provenant de Private Tapes volume 4, Ain't No Time For Tears est une autre superbe interprétation et démontre la portée créative de Göttsching. Une pièce latino, avec beaucoup de rythme et de guitares que JJC rend plus vivante et plus dynamique avec ses percussions, surtout en intro, et ses arrangements Ce remixage ne dérange en rien la structure qui reste très latinos, avec ses rythmes colorés, et ses solos perçants, uniques à la sonorité Göttsching. Shuttlecock, que l’on retrouve sur Blackouts est une superbe interprétation. Étirée d’une 10zaine de minutes, Göttsching module ses boucles avec une lenteur paradisiaque. Fines et délicates elles flottent, harmonieuses et lancinantes, sur un beau mouvement minimalisme dont les accords s’entrecroisent dans des couloirs aux échos subtils. Joaquin Joe Clausell meets Manuel Göttsching est un délicieux hommage à un artiste resté trop longtemps dans l’ignorance culturel. Un grand pionnier qui a ouvert la porte aux Frippertronics et autres guitaristes qui ont cherchés à exploiter au maximum les capacités de leurs guitares. Le choix des titres démontre la richesse du répertoire de Manuel Göttsching, un artiste aux frontières inimaginables, bien en avant de son temps. Et, la façon dont JJC a réalisé ce remixage, témoigne d’un profond respect et d’une marque de reconnaissance pour des œuvres qui n’ont pas besoin de superficielité pour se mouler aux normes intemporelles.

note       Publiée le samedi 3 mars 2007

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snooky › samedi 7 août 2010 - 20:26  message privé !

On ne dira jamais assez l'importance qu'aura eu Manuel Gottsching, sur la musique allemande en particulier, et sur la musique en général( l'extraordinaire Gin Rosé avec Schulze).Il faut bien reconnaître que l'artiste lui même, s'est pas mal fourvoyé dans des réalisations pseudo synthétiques qui occultaient quelque peu son talent premier, à savoir la guitare entre autres.Lacune largement compensée avec cet album, surtout le sublime Shuttle Cock avec cette guitare aérienne, éthérée, vaporeuse, inimitable et reconnaissable entre mille.Les deux autres titres sont pas mal non plus, mais Sunrain je le trouve un poil trop long et les percus sont un peu répétitifs.Un bon disque qui prouve, si besoin était, le talent fou de cet artiste.Quant à l'ignorance culturelle dont fait allusion Phaedream, je suis tout à fait d'accord avec lui.Par contre, je ne suis pas convaincu que Robert Fripp s'en soit directement inspiré.

Note donnée au disque :