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Blue Cheer › Vincebus eruptum

  • 1968 - Philips, PHS 600-264 (1 vinyle)

lp | 6 titres

  • 1 Summertime Blues [3:45]
  • 2 Rock Me Baby [4:20]
  • 3 Doctor Please [7:50]
  • 4 Out Of Focus [3:56]
  • 5 Parchment Farm [5:48]
  • 6 Second Time Around [6:18]

extraits vidéo

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enregistrement

Produit par Abe 'Voco' Kesh - Enregistré aux Amigo Studios, North Hollywood, CA.

line up

Dickie Peterson (voix, basse), Leigh Stephens (guitare), Paul Whaley (batterie).

remarques

pochette par Gut

chronique

Styles
stoner
hard rock
garage
psychédélique
metal
blues
rock
Styles personnels
heavy blues

Amis du stoner, approchez un peu. Ceci est la première trace archéologique de votre musique favorite. Quelques décennies avant Kyuss, quelque part dans l'obscure ère pré-sabbathique, Blue Cheer inventa le Stoner. Ils partageaient leur nom avec celui d'un des plus puissants acides en circulation (et d'un détergeant aussi), tout comme Deep Purple, sauf qu'eux, c'était volontaire. On nage ici dans le paléolithique, non seulement de par la descendance assez impressionnante de ce disque quasiment punk dans sa conception, mais encore plus par les divagations provoquées par l'écoute de ce "Vincebus Eruptum" (on dirait le nom scientifique d'un dinosaure...). Les Blue Cheer ressemblent à des Flinstones, pour commencer. Camouflés sous des rideaux de cheveux, grimés tous les 3 à l'identique, à s'y méprendre ; il ne leur manquait que les peaux de bison sur le dos. Jimi Hendrix était un indien qui jouait de la guitare. Et alors ? On a retrouvé les hommes de Néandertal ! Là où Cream copiait le look du maître Jimi à grand coup d'afros, Blue Cheer est un power trio déjà Ramones dans l'âme. Armés d'une technique primaire, d'une distortion à la fois sèche et grasse, et d'une rythmique plombée, ces types ont tout simplement inventé un style qui leur est propre. Traumatisés par la vision du concert d'Hendrix à Monterey, ils décidèrent de se mettre au blues psychédélique eux aussi... Sauf qu'ils avaient un gros wagon de retard au niveau technique sur la plupart des gratteux de l'époque (Clapton, Beck, Mayall, Bloomfield, etc) ! Loin de se dégonfler, ils accordèrent leurs instruments quelques tons en dessous et poussèrent la disto au maximum ; aérant leurs chansons de moments de vides pour mieux cracher des flammes la seconde d'après. Chaque instrument a droit à son solo, à son heure de gloire, il y a même un solo de batterie (sur "Parchment Farm"), qui n'est autre qu'un roulement continu, et qui se termine par un cri guitaristique dissonant à faire frémir Sonic Youth. Les amateurs de virtuosité technique pour rien pleurent, les amateurs de Moe Tucker frémissent de joie. Je ne parle même pas de Dickie Peterson, un des plus grands hurleurs qu'il m'ait été donné d'entendre dans le genre. Les bougres avaient une longueur d'avance sur le pauvre Jimmy Page au niveau dissection du blues à grand coup de tomahawk électrifié. De toutes façons, ce n'est pas un hasard si Led Zep leur a piqué la dégaine "Cousin Machin". En ces temps reculés où le Hard Rock n'était même pas encore inventé (à part Hendrix, pas grand chose en vue en 68... Jeff Beck ?), tout était encore permis, même reprendre un vieux rock'n'roll d'Eddie Cochran (seuls les Who et dans une moindre mesure Quicksilver s'autorisaient ce genre d'écart en période hippie). Blue Cheer ne s'en prive pas et fait sauter "Summertime Blues" à grand renfort de nitroglycérine en guise d'ouverture des hostilités. Appuyé par une section rythmique d'une brutalité rare, une mécanique basique se met en branle, avant de sursauter dans une dernière morsure dissonante vers 3 minutes 30. Et c'est parti pour une demie heure et 6 chansons, pas une de plus (la totalité du répertoire du groupe ?), même si la réédition ajoute un court délire en studio à la American Graffiti. Certains disent que les groupes psychés américains ne savaient pas utiliser le feedback... Une affirmation qui ne s'applique pas vraiment à Blue Cheer, vous l'aurez compris. On est pas vraiment chez Iron Butterfly... Ces 3 gaillards aiment quand ça saigne, quand ça râpe, quand ça cogne dru. Pour preuve, ce "Doctor Please" : un accès de fièvre incontrôlée, dans laquelle Peterson sue sang et eau pour livrer une prestation de fou furieux, à gorge déployée. Le pauvre demande des pilules, et il y a fort à parier que ce docteur-là soit le même que le "Dr Robert" des Beatles. Difficile d'imaginer l'accueil qu'a dû recevoir ce disque à son époque... Coincé entre Cream et le premier Led Zep. Tout ce que l'on peut faire c'est écouter ce morceau de préhistoire fossilisé sur vinyle, et se demander pourquoi l'approche déjà punk (vous avez un meilleur qualificatif ?) n'a pas fait des émules plus tôt.

note       Publiée le vendredi 2 février 2007

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Horn Abboth › lundi 16 février 2015 - 21:09  message privé !

Effectivement. Ce son de gratte de diou !

dariev stands › lundi 16 février 2015 - 19:59  message privé !
avatar

Nom d'un champignon nucléaire https://www.youtube.com/v/dSdtoGUmpuY

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Jean Pierre Moko › mardi 20 janvier 2015 - 16:33  message privé !

Du lourd. Les mecs sont fiévreux. Classique

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Ramon › dimanche 17 novembre 2013 - 13:03  message privé !

Il me semble que les anglais de Gun avec "Race with the devil" ont réalisé à peu près le même coup en jouant des titres moins proto-punks et un poil plus alambiqués, mais avec une agressivité et un grain comparable.

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taliesin › vendredi 19 avril 2013 - 13:19  message privé !

Tiens, aujourd'hui je suis justement en train de m'enfiler leur disco complète... Excellent groupe, mais perso je trouve que ce 1er album reste le meilleur !

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