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François Couturier › Nostalghia - Song for Tarkovsky

  • 2006 • Ecm 1979 987 7379 • 1 CD

12 titres - 77:53 min

  • 1/ Le sacrifice (8:59)
  • 2/ Crépusculaire (13:20)
  • 3/ Nostalghia (8:27)
  • 4/ Solaris I (3:18)
  • 5/ Miroir (3:21)
  • 6/ Solaris II (2:47)
  • 7/ Andreï (7:05)
  • 8/ Ivan (6:14)
  • 9/ Stalker (7:01)
  • 10/ Le temps scellé (5:02)
  • 11/ Toliu (8:24)
  • 12/ L'éternel retour (3:46)

enregistrement

Auditorium Radio Svizzera, Lugano, Suisse, décembre 2005.

line up

François Couturier (piano), Anja Lechner (violoncelle), Jean-Marc Larché (saxophone soprano), Jean-Louis Martinier (accordéon).

remarques

chronique

Styles
jazz
Styles personnels
contemporain

À quelle musique peut rêver un pianiste de jazz à la vision des films de Tarkovski ? François Couturier ose nous donner sa réponse. Et c'est plus en adorateur du cinéaste russe que du pianiste français (qui a quand même joué avec John McLaughlin, Anouar Brahem, Michel Portal, Daniel Humair... j'en passe et des meilleurs) que votre serviteur a mis ce disque dans sa platine. "Andréï Tarkovski est mon cinéaste préféré", dit sobrement François Couturier en guise d'introduction. Bienvenue au club. Nous sommes quelques milliers sur la planète à révérer cette poésie mystique, cette contemplation sublime qui font de chaque plan du cinéaste une expérience à vivre intensément, invitant à la rêverie aussi bien qu'à la réflexion, soumettant l'espace et le temps pour nous faire entrer dans une dimension nouvelle : celle de l'art total. Une oeuvre cinématographique unique qui a n'a pu se révéler qu'au travers de sept films... mais quels films. L'ambition du pianiste français n'a pas été, fort heureusement, de vouloir illustrer des passages de films, d'improviser sur des images. D'autant plus que les films de Tarkovski comportent leur propre musique. Non, François Couturier veut simplement faire partager ses impressions, ses émotions, évoquer l'univers du cinéaste à travers le prisme de sa propre sensibilité - qui reste celle d'un musicien. "Le temps scellé", tel est le titre d'un livre théorique de Tarkovski que François Couturier reprend à son compte - et tel est l'enjeu primordial : faire oublier à l'auditeur le temps réel pour lui imposer le temps de l'oeuvre. Cette problématique est récurrente dans toutes les formes d'art qui se déroulent dans le temps (théâtre, littérature, cinéma, musique...) Tarkovski y apporta sa vision. François Couturier apporte la sienne : le temps s'avère suspendu ; il y a parfois du Mompou dans ce piano-là ; les notes s'égrènent, lentes et tristes, consonnantes ou dissonnantes, au piano, à l'accordéon, au violoncelle ou au saxophone, comme les versets d'une complainte poignante et douloureuse (aimer Bach aussi, ça aide). Nous sommes à mi-chemin entre jazz et musique contemporaine, entre improvisation et rigueur compositionnelle, entre Keith Jarrett et Arvo Pärt - qui appartiennent également tous deux (est-ce vraiment un hasard ?) à l'écurie ECM de Manfred Eicher. C'est d'ailleurs là que, peut-être, le bât blesse, tant cette esthétique un rien distanciée et glacée (jusque dans une pochette stéréotypée, identique à celle des "Psaumes de la repentance" de Schnittke, par exemple) semble gagner tous les musiciens qui enregistrent pour ce label. Pourtant, l'émotion, au détour d'un phrasé, d'une note en suspension, est là et bien là. Elle ne renvoie pas aux vertiges mystiques de Tarkovski, mais à quelque chose de plus simple, de plus humain finalement, ce à quoi, que vous connaissiez Tarkovski ou non, vous serez certainement sensible - une beauté plus directe que prévu.

note       Publiée le mardi 2 janvier 2007

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Coltranophile › vendredi 10 août 2007 - 12:21  message privé !
Un des plus beaux disques ECM de ces dernières années. Soit, c'est une musique austère, pleine de recueillement, sans ostentations. La prod' ECM assez typique ne dénature pas le propos cette fois-ci. Musique tour à tour calme et tempétueuse, sereine et angoissée. Toujours belle.
Note donnée au disque :