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Stereolab › Emperor tomato ketchup

  • 1996 • Elektra 7559-61840-2 • 1 CD

13 titres - 57:20 min

  • 1 Metronomic Underground (7:55)
  • 2 Cybele's Reverie (4:42)
  • 3 Percolator (3:47)
  • 4 Les Yper-Sound (4:05)
  • 5 Spark Plug (2:29)
  • 6 OLV 26 (5:42)
  • 7 The Noise Of Carpet (3:05)
  • 8 Tomorrow Is Already Here (4:56)
  • 9 Emperor Tomato Ketchup (4:37)
  • 10 Monstre Sacre (3:44)
  • 11 Motoroller Scalatron (3:48)
  • 12 Slow Fast Hazel (3:53)
  • 13 Anonymous Collective (4:32)

enregistrement

Enregistré aux Blackwing studios, Londres. Ingé-son : Paul Tipler. Produit et Mixé par Paul Tipler et le groupe. (1,2,3,5,6,7,10,12) Enregistré à Idful Music Corp., Chicago. Ingé-son : John McEntire. Produit et Mixé par John McEntire et le groupe (4,8,9,11,13)

line up

Duncan Brown, Tim Gane, Mary Hansen, Morgane Lhote, Andy Ramsay, Lætitia Sadier, ("All vocals, supercussion, bass, guitars, vox organs, farfisa organs, analogue synthesisers & other electronics , electric pianos, tambourines, vibes etc played by : ..."

Musiciens additionnels : John Mcentire (Vibraphone et Seconde guitare sur "Tomorrow is already here", synthétiseurs analogues variés et autres engins électroniques, maracas, tambourins sur les chansons enregistées à Chicago), Sean O'Hagan (arrangements de cordes, piano electrique wurlitzer, orgue vox, vibes sur les chansons enregistrées à Londres), Ray Dickarty (Saxophone alto sur "Percolator"), Marcus Holdaway, Sally Herbert, Mandy Drummond, Meg Gates (Quatuor à cordes)

remarques

chronique

Styles
pop
Styles personnels
indie > motorik beat

Amis du krautrock, bonsoir. Aujourd'hui je vais vous parler du disque le plus frais de tous les temps. Celui qui ferait groover Nicolas Sarkozy en personne (non pas celui de guts, irrattrapable celui-là). Celui qui réconcilie Brigitte Fontaine et Can. Je parle bien sûr d'"Emperor Tomato Ketchup" de Stereolab. Bien sur au début ça surprend, on regarde la pochette ("diantre ça ne ressemble à rien de connu"... etc), la date, on sue, on transpire, on craint le pire en insérant le disque dans le lecteur... Puis finalement, on est surpris par le minimalisme accueillant de ce disque, qui n'a de difficile que son titre, référence à un film expérimental japonais des années 70... Une référence pas si innocente que ça, vu que le film aborde le sujet de l'enfance prenant le pouvoir sur le monde adulte. Stereolab oscille avec aisance sur tout l'album entre français et anglais, tempos lents et dansants, comme sur un "The Noise Of Carpet" un brin punk, dont l'accroche est la même que celle de "Psychotic Reaction" des Count Five, classique garage rock... Parfois, le format pop est délaissé aux profits de titres plus longs comme le succulent "Metronomic Underground" en intro, une transe géniale dans laquelle tous les instruments, voix incluse, ne sont qu'une pièce de la mosaïque élaborée par le groupe, s'unissant en une sorte de groove "Can-ien" irrésistible. Guitares presque essentiellement rythmiques, basses caoutchouteuses, claviers sixties dans tous les sens au programme. On retrouve le même genre de transe sur la plage titre, binaire au possible mais aux couches sonores multiples, qui se paie en plus le luxe d'être marrante à souhait. Avec trois fois rien et beaucoup de style, les timides Stereolab produisent une musique dansante, funky, et extraordinairement immédiate. Tout en étant rigoureusement anti-commerciale. "Emperor Tomato Ketchup" se distingue particulièrement par ses textes, qui, lorsqu'ils ne sont pas des poèmes un peu cul-cul en français, sont des sortes de digressions sur la société tout droit sorties d'un manuel de sociologie ! Cela occasionne des prises de têtes contrastant avec la simplicité de la musique de manière assez amusante, comme sur un "Slow Fast Hazel", serti de petites touches de claviers givrés. Il faut entendre Laetitia Sadier quasiment rapper de sa voix de cantatrice précieuse "What's society built on, it's built on bluff" comme s'il s'agissait d'une recette de cuisine sur un riff digne des Who 60's. Mention spéciale à "Cybele's Reverie", chef d'oeuvre pop touché par la grâce, propulsé dans une dimension cinématographique par le quatuor à cordes... Et en plus les paroles sont belles et vraies ("Les pierres, les hommes, les murs, racontent"). Mention aussi au parfait et minimaliste "Les Yper-Sound", qui sonne comme enregistré dans un aquarium, avec solo de tambourin à la clef... C'est hypnotique, répétitif, ça se danse, mais c'est 100% analogique... Hybride de funk ("Spark Plug"), de proto-punk, de krautrock et de bubble-pop des années 60, cette musique est indémodable, puisqu'elle provient posément d'un trou spatio-temporel. Si vous n'imaginez pas spontanément des scopitones en technicolor peuplés de blondes en minijupes à rayures à son écoute, c'est qu'on ne peut plus rien faire pour vous (ou que vous n'avez pas encore assez fumé). Emperor Tomato Ketchup est l'un des meilleurs disques pop des années 90. L'un des plus accessibles aussi. Inutile de connaître le krautrock sur le bout des doigts (impossible, déjà...), de toutes façons le mélange "krautrock/mélodies pop sucrées" n'existe qu'ici... C'est une sorte d'aberration de la nature, qui n'aurai jamais dû voir le jour. Il suffit de regarder les pochettes du groupe : semblant perpétuellement hésiter entre design futuriste et couleurs pop art flashy. Leur musique elle-même semble chanceler entre comptine pour enfants et commentaire social...

note       Publiée le mardi 12 décembre 2006

Dans le même esprit, dariev stands vous recommande...

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    toute la musique qu'ils aiment, elle vient de là, elle vient du motorik beat...
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    ... et un peu de GSH, aussi (la rythmique de The Revolution will not be televised, sur Metronomic underground)

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notes

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Alfred le Pingouin › jeudi 26 mars 2015 - 23:34  message privé !

J'avais pas tellement fait gaffe aux paroles, alors qu'elles sont excellentes, pleines de naïveté, de finesses, et faut dire que la voix de Laetitia les porte d'une façon superbe.

Note donnée au disque :       
mangetout › lundi 16 février 2015 - 13:57  message privé !

Toujours un plaisir à écouter celui-là, genre de petit bonbon Vichy qui procure la même sensation fraîche, doucement sucrée et surannée que la première fois.
Sur l'aspect pop sucrée, il était même présent dans certains disques de groupes allemands des 70's à l'instar du "Zuckerzeit" de Cluster, des Harmonia, ou des derniers albums de Can, même si ça restait ultra minoritaire dans le genre. Bonne chronique qui remet bien les choses à leur place.

A.Z.O.T › mercredi 23 janvier 2013 - 22:38  message privé !

Je ne supporte pas la voix. Dommage

Seijitsu › mercredi 29 août 2012 - 22:01  message privé !

J'adore ce groupe. Que ce soit la voix de Laetitia Sadier, les rythmes et les claviers krautrock ainsi que les paroles de leurs chansons en Français... La chro de Transient Random-Noise Bursts With Announcements est-elle prévue ? Je le considère comme leur sommet.

Note donnée au disque :       
MaxwellsDemon › samedi 11 septembre 2010 - 12:27  message privé !

tuerie

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