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Richard Bone › Serene Life of Microbes

9 titres - 55:55 min

  • 1 Attenuation 7:25
  • 2 The Seduction Of Dr. Pasteur 8:10
  • 3 Protozoa, Mon Amour 5 :49
  • 4 Autotrophic Light 3 :46
  • 5 Evolution Primitive 6:58
  • 6 This Radiant Life 6:20
  • 7 Thermatoga 5:35
  • 8 Archaea Apart 5:11
  • 9 Going Dormant 6:22

line up

Richard Bone: Keyboards, synthétiseur et FX

chronique

Styles
electro
Styles personnels
musique Électronique ambiant progressif

Je ne suis pas un amateur de musique ambiante. J’aime les sons et leurs progressions, vers des frontières insoupçonnées. Richard Bone est un artiste américain qui se spécialise dans une forme de musique ambiante, aux multiples sonorités. Serene Life of Microbes, est un album aux structures sonores riches qui alimentent l’imaginaire avec des atmosphères lourdes qui évoluent sur des impulsions nébuleuses. Constamment en évolution, c’est un opus aux sombres couleurs qui se berce dans l’écho de nos réflexions. De lointaines vagues cosmiques approchent sur un vent dense aux souffles atmosphériques menaçants. Attenuation flotte tel une masse moulante dont les particules coulent en fins ruisselets, comme cet eau dont l’on entend le clapotis, sans trop savoir sa provenance. Atonique, Attenation progresse parmi des pulsations lourdes et une onde synthétique qui flotte autour d’effets sonores parasites qui bêlent d’étranges voix. Univers sombre et enveloppant, un synthé échappe des complaintes placides sur un mouvement plus dense, initiant une fine séquence circulaire qui tourne à l’ombre de chœurs célestes et du synthé aux souffles solitaires. The Seduction of Dr. Pasteur flotte sur une ligne inégale, comme une ascension retenue par des forces invisibles, donnant une structure intrigante. On se surprend à se laisser caresser par cette impulsion linéaire qui défile en douceur, offrant des notes éparses et des lignes adjacentes aux souffles mélodieux et pénétrant. Une onde métallique, aux réverbérations stridentes, invite le piano mélancolique de Protozoa, Mon Amour à percer ce mur caustique d’une superbe mélodie, que même les striures froides d’un synthé sans âme finissent par fourbir leurs indifférences et prendre chaleur. Avec Autotrophic Light, nous pénétrons un secteur un peu plus animé de Serene Life of Microbes. Un séquenceur tournoie son impulsion en cercles rotatifs, cerné par un superbe synthé en mode piano ou vielle guitare des Bayous, qui fait tournoyer ses accords avec finesse. Une étrange fusion qui crée une structure magique où les harmonies se confondent aux spirales désordonnées. Une mélodie séquentielle aux notes carillonnantes encercle Evolution Primitive. Un superbe titre avec un piano sensible qui résonne de sa mélancolie dans une atmosphère alourdie par des strates synthétiques multi couleurs, aux ombres envahissantes. This Radiant Life dégage le même esprit synthétique lourd. Une fine ligne séquentielle filtre une sonorité qui pulse comme une ligne de vie, sur des couches d’un synthétiseur dense et enveloppant. Un piano s’y promène. Incertain, il croise des atmosphères troublantes aux auras fuyants. Un mouvement linéaire bourdonnant ouvre Thermatoga. L’atmosphère est sombre et le mouvement se sépare en courtes vagues sonores, qui viennent mouillées les bordures d’une solitude, bercée par de fines notes perlées qui éparpillent ses harmonies sur les relents d’une ligne en perdition. Archaea Apart suit sur une structure similaire, où un suave synthé nostalgique souffle les affres de la vie au travers les vents d’une trompette virtuel. Un titre sensible qui coule en douceur, illuminé par des accords célestes qui fondent en de courtes harmonies. Going Dormant clôture Serene Life of Microbes sur les mêmes mouvements lourds qui tapissent l’opus tout au long de son évolution. Des chœurs austères, comme soufflés par des moines aux valeurs intrigantes, croisent une ligne aux bourdonnements intenses, comme si un monde irréel, et parallèle au notre, se nourrissait de nos rêves, de nos espoirs. Serene Life of Microbes n’est pas un album ambiant ordinaire. C’est un livre sans textes, un négatif sans image qui s’écrit, se dessine avec les passions, les blessures et les pensées mélancoliques qui trahissent les regards. Un croisement entre les sphères hypnotiques de Michael Stearns, sur son magnifique Chronos, les rythmes vaporeux de Patrick O’Hearn et les rêves mélodieux de Richard Burmer. C’est un beau voyage au centre de sonorités sombres, où constamment des bribes de lumières forment des cercles harmonieux insoupçonnés. C’est la force de Serene Life of Microbes; surprendre constamment, même dans les recoins les plus sombres.

note       Publiée le jeudi 23 novembre 2006

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