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Redshift › Toll

cd • 5 titres

  • 1Stuka18:02
  • 2Cast Down6:25
  • 3Glide12:58
  • 4Rock6:11
  • 5Toll20:44

enregistrement

Enregistré en concert au E-Live Festival au Pays-Bas en Octobre 2004

line up

James Goddard : Synthétiseurs, piano électrique et échantillonage Julian Shreeve : Synthétiseurs, échantillonage et séquenceur Mark Shreeve : Synthétiseurs, séquenceur et FX

remarques

chronique

Styles
electro
Styles personnels
musique Électronique berlin school lourd

Après le départ de Rob Jenkins, plusieurs fans, moi le premier, se demandaient comment Redshift allait réagir. Après tout, Jenkins jouait un rôle important dans Redshift. Sa guitare, son Moog modulaire et son séquenceur supportaient très bien les improvisations de Mark Shreeve. On sentait une complicité, on sentait l’importance de Jenkins au sein de Redshift. Sur Oblivion on sentait l’absence de Rob Jenkins. Veut, veut pas. Son départ laissait ses traces. Quand sera-t-il de Toll.?
Stuka débute dans la plus pure tradition Redshiftienne. Un lourd vent, vaporeux imprègne une atmosphère sombre et pesante. Une pulsation résonne sur les bruines de ce vent d’acier, rejoint par un synthé pesant qui multiplie les strates flottantes. Toujours nappé d’une aura mystérieuse, le mouvement s’agite sur un séquenceur rond et nerveux qui voltige parmi des notes éparses qui se transforment en sublimes strates synthétiques enveloppantes et explosives. Sur un long mouvement sinueux et polyrythmique Stuka est crevante d’intensité. Avec son séquenceur résonnant et alerte, qui martèle le rythme avec dureté, tout au long de sa progression aléatoire, Stuka est brumeuse de mystère, et transpire d’une violence incisive qui sidère l’auditeur. La finale est tout à fait magnifique avec cette effusion de synthé qui se lamente, striures par-dessus striures dans un lourd passage aux souffles obscurs d’une mélancolie torturée. Un titre tout à fait sublime. Cast Down se nourrit des derniers souffles de Stuka aspirés par un grondement sourd et une ligne voltigeante qui circule au dessus d’un piano, perdu au milieu d’effets sonores hétéroclites. Sous des synthés statiques, des chœurs virtuels, mellotronnés aux souffles spectraux, conduisent Cast Down aux portes de Glide. Un piano agile danse et insuffle un mouvement serpentin de notes mélodieuses et cristallines qui se dandine innocemment sur une hallucinante séquence tourbillonnante. Discret, ce mouvement séquentielle s’agite sur une belle ligne de basse et des notes éparses qui voltigent derrière un superbe synthé mellotronné aux souffles d’une soyeuse flûte harmonieuses, contrastant de la lourdeur séquentielle qui roule Glide. Nous ne sommes pas aux bouts de nos surprises, lorsqu’une nuée de violon rejoint ce rythme fougueux, qui laisse échapper les brides séquentielles du départ. Un grand titre, qui rejoint les classiques du répertoire Redshift.
C’est sur les derniers échos des bourdonnements de Glide que Rock débute. Une réverbération reste suspendue, comme un néon qui se tortille pour pondre son éclairage, donnant l’illusion d’un étrange effet sinistre, comme un tempo industriel flottant. Une faible pulsation circule dans un environnement calme, comme dans un cimetière industriel. Dans cet univers perdu, les souffles synthétiques aux sonorités aciérées se mesurent à des chœurs aux murmures spectraux, sur des bruits de fond bigarrés. Atonique, le seul mouvement est la lente progression des synthés qui flottent, aspirant et enveloppant toute forme d’énergie. Seuls des palpitations précipitées s’échappent, émiettant des murmures qui nourrissent les premiers cliquetis mécaniques de Toll.
Un long titre de 20 minutes, Toll a un départ lent, incrusté des effets industriels de Glide. Les chuintements se transforment en boucles métalliques qui prennent une forme ondulante. Un étrange tempo lent se développe, étouffé par un séquenceur hésitant. D’ailleurs tout est oscillant dans la première partie de Troll. Mais lorsque le gros Moog embarque, on saisit la nuance dans les mouvements et Toll se développe avec force sur des riffs de guitares virtuelles et un séquenceur qui louvoie sur une structure lourde, hachurée qui pulse avec lourdeur, toute l’énergie séquentielle restante. Un titre intense et saisissant, qui mérite ses applaudissements nourris.
Toll est au-delà de Faultline. Redshift pousse son introspection encore plus loin en donnant une âme à une forme de musique industrielle, que je trouve ordinairement froide et abstraite. Redshft est solitaire dans son monde métallique où la noirceur embrasse la démesure. Mais derrière ces étreintes de métal sur métal, Redshift forge de superbes moments mélodieux qui accrochent, étonnent et séduisent. Toll est un monument qui se déguste avec tout le respect que l’on doit aux plus grands maîtres.

note       Publiée le lundi 13 novembre 2006

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Charles Pasqua › dimanche 17 janvier 2010 - 13:39  message privé !

ce qui est impressionnant quand on écoute ce disque, ce groupe et d'autres (RMI, Free System Projekt, Airsculpture...) c'est qu'ils semblent reprendre le Tangerine Dream d'une période bien précise celui qui découvre et systématise l'utilisation des synthétiseurs et séquenceurs analogiques tout en prolongeant l'aspect sombre et prospectif des états antérieurs notamment en séparant leurs disques en deux pièces de grand format, une période qui va en gros de Phaedra (1974) à Encore (1977) soit seulement 3 ans et comme pour une majorité de personnes c'est une période de T.D. qui les a marqué, moi le premier, il est naturel qu'ils se sentent chez eux parmi les créations de ces différents groupes qui réactualisent cette époque héroïque avec souvent un grand talent