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Opeth › Orchid

7 titres - 69:02 min

  • 1/ In mist she was standing
  • 2/ Under the weeping moon
  • 3/ Silhouette
  • 4/ Forest of october
  • 5/ The twilight is my robe
  • 6/ Requiem
  • 7/ The apostle in triumph

enregistrement

Enregistré et mixé en douze jours en avril 1994 au Studio Unisound, Produced by Opeth, engineered by Dan Swano.

line up

Mikael Åkerfeldt (electric and acoustic guitars, lead vocals), Johan De Farfalla (electric and acoustic bassguitars, backing vocals), Anders Nordin (drums and percussion, piano), Peter Lindgren (electric and acoustic guitars)

chronique

Styles
metal
metal atmosphérique
metal extrême
death metal
Styles personnels
death metal atmosphérique

Attention : groupe majeur ! Dès ce premier album, Orchid, sorti en 1994, Opeth s'impose comme une référence absolue dans le domaine du métal extrême, la finesse et la très forte identité de leur musique en faisant un des groupes les plus attachants qui soit, tous genres confondus. Découvert par Ihsahn qui tomba par hasard sur une cassette de répétition, le groupe suédois va signer chez Candelight et commencer de diffuser auprès du public son death progressif et mélodique comme ils sont seuls capables d'en faire. On est de fait stupéfait d'entendre un premier album aussi marqué, aussi cohérent et totalement nouveau à la fois. Cette cohérence vient notamment d'une grande intégrité sonore. Les deux guitaristes, tour à tour très saturés ou acoustiques, ont un son constant et unique, tout au long de l'album, qu'ils riffent, qu'ils soient en solos, en intro, en rythmiques... Mais c'est un son sublime et tout cela est parfait. Sans utiliser le moindre claviers (excepté sur la pièce de piano "Silhouette"), ni aucun effets de production d'aucune sorte, intègre comme des true blackistes, le groupe dégage une ambiance absolument incomparable. Opeth compose des pièces qui tournent autour des 13 minutes et dans lesquelles il n'est pas raisonnable de chercher un couplet ou un refrain. Le groupe enchaîne les riffs sublimes et lourds, les passages rudes et noirs, les ponts acoustiques magnifiques, très inspirés, les breaks instrumentaux techniques aux relents seventies, notamment du fait de la paire rythmique basse-batterie, au toucher et au son très éloignés du death, et même du métal. Anders Nordin joue du death comme le ferai Bill Bruford, à coup de Ghost notes et de contre temps, et l'extraordinaire Johan de Farfalla, fretless oblige, lorgne vers le prog ou le jazz. Mais Michael et Peter dirigent tout cela, et eux, par contre et comme personne d'autre, font du death. À la tête de ce quatuor, les deux "frangins", guitaristes de très haute volée, se révèlent d'immenses mélodistes, à la mélancolie parfaite, à la violence encore contenue, mais palpable à chaque seconde. Les morceaux se déroulent alors chacun comme un voyage, une histoire, un tableau en plusieurs scènes. L'ambiance est très forestière, très lourde aussi, et sur cet album, fort en reverb', assez nocturne. Le tout est très mélancolique, mais jamais, ô grand jamais, mièvre, ni mou. Lindgren et Akerfeld sont ensemble comme s'ils étaient siamois. Leurs mélodies se superposent et s'entrecroisent, se transcendent l'une l'autre, complémentaires comme on a jamais vu ça depuis les maîtres Smith-Murray. Là-dessus, la voix très impressionnante de Michael Akerfeld, très noire, gutturale, purement death, rajoute une chape d'obscurité et de tristesse particulièrement fascinante. Les chants clairs sont déjà excellents, mais sur ce point, le grand Michael va atteindre dans la suite de sa carrière de véritables sommets. Ce n'est pas encore le cas. C'est lancinant. Tour à tour oppressant, émouvant, puissant. C'est une promenade sublime dans les forêts nocturnes et magiques de la Suède. On peut être agacé par la longueur des morceaux, le côté alambiqué des structures qui semblent parfois un peu abrupts. Opeth s'écoute avec soin. Encore une fois, cette musique est si cohérente, et si personnelle, que les quelques défauts qu'on pourrait lui trouver seraient bien subjectifs. Ce line-up ne donnera que deux albums. Le départ de l'étonnant duo Nordin-Farfalla marquera aussi la fin de cette patte très particulière, très fine, qui fait du premier Opeth un des albums les plus remarquables et originaux de ces quinze dernières années. Premier album : premier chef-d'œuvre.

note       Publiée le vendredi 18 janvier 2002

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Note moyenne :        69 votes

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stankey › lundi 22 décembre 2014 - 21:20  message privé !

En voyage Messieurs Dames, ce sera mouvementé, épique, plein de vie, gothique (oui) et surtout beau....déjà des frissons et dire que ce n'est que le début de l'aventure. Quel Groupe bon sang !

Note donnée au disque :       
E. Jumbo › jeudi 6 juin 2013 - 18:20  message privé !

Leur premier album est quand même le plus dynamique et mélodique, trouvé-je. Très chargé aussi donc en effet, faut s'accrocher un minimum, mais ça fait moins labyrinthe austère que les suivants.

Note donnée au disque :       
zugal21 › jeudi 6 juin 2013 - 17:43  message privé !

@sejitsu j'ai aussi Blackwater Park. Il est digeste, à côté.

Seijitsu › jeudi 6 juin 2013 - 12:17  message privé !

"Je rencontre une difficulté sur ce disque : comment faire pour se concentrer et mémoriser un tel ensemble ?"

C'est assez symptomatique de ce genre de groupe de metal extrême à tendance prog technico machin chose, où la complexité et la technique remplacent très souvent la spontanéité et l'audace. Ce qui en fait une musique guère passionnante malgré sa richesse paradoxalement. Du peu que je connais (c'est à dire Blackwater Park), Opeth n'est pas le groupe le plus insaisissable qui soit. C'est même plutôt accrocheur mais j'ai jamais trouvé cela fascinant comme musique. Il faut dire, ce groupe souffre d'un cruel manque de charisme.

Fryer › jeudi 6 juin 2013 - 07:39  message privé !

"attaquer un millefeuille à la petite cuillère" c'est tout à fait ça.