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Mark Shreeve › Legion

cd • 9 titres

  • 1Legion5:28
  • 2Storm Column5:08
  • 3Flagg8:24
  • 4Sybex Factor5:18
  • 5Domain 76:29
  • 6Icon3:56
  • 7The Stand5:34
  • 8Legion (Space Mix Bonus Track)5:50
  • 9Hammer & Cross (Bonus Track)3:51

line up

Christopher Franke (séquenceur sur Icon), Mark Shreeve : Roland Jupiter 6 & 8 et Roland TR808, Yamaha DX7, Oberheim OB8, Emulator II,Fairlight CMII, PPG Wave 2.2 & Linn Drum Chrissie Bonnacci : Guitare sur Cybex Factor Pat McManus : Guitare sur Domain 7

remarques

chronique

Styles
electro
Styles personnels
musique Électronique new berlin school

Amateur de films et de livres d'épouvante? Inconditionnels de Stephen King? Que diriez-vous d'entendre en musique le livre Le Fléau (The Stand)? C'est visiblement inspiré par ce livre que Mark Shreeve a construit les 7 titres, les 40 minutes de son 8ième album solo. Legion se démarque un peu du genre plus exploratoire des premiers albums solos de Mark Shreeve avec des compositions plus courtes et plus punchées conçues à gros coup de séquenceur et d'échantillonnages visiblement soutirées aux librairies soniques des films d'horreur des années 80. C'est sans l'ombre d'un doute l'album le plus rock de la communauté électronique de cette époque où Tangerine Dream enchantait des centaines de musiciens avec sa tournée Underwater Sunlight et Legend en 1986. C'est aussi possiblement l'album qui initiait le mouvement de la England School. Mouvement qui expédiait la MÉ dans des bases plus rock et qui se pointait les oreilles avec l'émergence d'Ian Boddy, Andy Pickford et Wavestar. En ce qui me concerne c'est l'album le plus pop, le plus lourd et le plus entraînant que j'ai entendu dans le merveilleux monde de la Musique Électronique. Avec les années c'est devenu un album incontournable. Un album qui vieillit bien. Un opus lourd avec des rythmes saccadés et débridés qui sont soutenus par un séquenceur et des percussions électroniques roulant à perdre haleine afin de soutenir des mélodies tout simplement simples, efficaces et foutrement accrocheuses.
Utilisant au maximum les échantillonnages, Legion est truffé de clins d'œil sataniques. C'est donc avec une étrange incantation, aux allures de Messe Noire, que débute la pièce titre. Sur une incantation satanique, une grosse et pesante ligne de séquences basses ouvre la procession. Dès lors le rythme devient rapide. Il tousse en saccade sur de bonnes percussions, des notes métalliques et un séquenceur ultra pesant et puissant qui sculpte un rythme hard et heavy avec le concert d'une nuée de notes percutantes qui déboulent telles des percussions endiablées. Par la suite le rythme devient tribal. De grosses percussions genre trance music (qui ont sans doute inspirées Juno Reactor) repoussent les limites sur des nappes de synthé un brin philarmonique, mais qui sonnent comme des riffs de guitare. C'est un titre à la fois lourd et rapide et totalement démoniaque que vous avez sans doute entendu. Car il faisait parti de la trame sonore du film; Le diamant du Nil en plus de tourner régulièrement sur les planchers de danse, comme en font foi les mix et les 7'' à avoir été réalisé à cette époque. Ce coup de canon n'est pas isolé. Il y a plusieurs autres titres très séquencés et très rythmés. Comme "Sybex Factor" avec ses percussions martelantes et ses longs solos de synthé combinés à ceux de la guitare de Chrissie Bonnacci. Il y a "Icon" avec son rythme débridé et le séquenceur ultra nerveux, rapide de Chris Franke ainsi que ces ailes métalliques et ces cris de chauve-souris. Finalement, il y a "Hammer & Cross" qui est arrivé sur le tard. C'est un titre en prime qui est apparu sur la 1ière édition CD de Centaur Discs. Les mélodies y sont toujours ancrées. Mais il y en a d'autres plus accrocheuses. Comme sur "Storm Column" qui roule sur une structure de rythme aussi sauvage, aussi saccadée que la pièce-titre. C'est un titre pesant et nerveux avec des chœurs légers et mélodieux qui sont en harmonies avec un synthé très aiguisé. D'ailleurs ce mélange d'échantillonnages de voix sur un rythme si saccadé est tout à fait génial.
"Flagg" est un autre coup de génie. La plus longue pièce du cd ouvre avec une intro très lugubre, comme dans un film d'horreur série B. Un petit clavier tourne une mélodie en une comptine menaçante sur un une ligne de séquences diaboliques qui accélère la cadence dans les longues
lignes sinueuses d'un synthé magnétisant. Le rythme martèle une marche lente, par moments ça ressemble à une marche de zombies vitaminés, et encore là l'échantillonnage est superbement réussi. Avec "Domain 7" on se croirait être dans un marais surréaliste avec des oiseaux et des loups qui cohabitent sur des envolées de violons et un clavier style harmonium qui plane avec de superbes envolées soyeuses dont les lignes épousent les longues courbes sensuelles d'une guitare électrique sombre et suggestive de Pat McManus. L'effet est démoniaque. Et encore plus avec les cordes de violon qui résonnent sur des nappes un peu plus symphoniques. La guitare
est sublime. On la sent se faire gratter les cordes tant l'effet est réaliste. Étant plus sentimental que rocker, c'est mon titre préféré. Mais après "The Stand" où on entend un synthé qui pleure, qui souffre dans une enveloppe de mélancolie qui se sent par le bout des cordes de tristesse qui se terrent dans le fond de nos âmes. Derrière une structure de rythme plus lente et des effets de brume, une ligne de synthé mue ses harmonies en ceux d'une trompette. Ça vient faire lever le dernier bastion de poils qui ont résister à l'envie de lever tout au long de cette aventure qu'est Legion. Pas par sa rudesse mais par sa sensibilité et la main mise du mal qui semble triompher. On dirait du Ennio Morriconne qui aurait fait un pacte avec le Diable dans une finale plus mexicaine que Méphistophélique. Mais les pleurs d'un bébé nous ramène à la réalité derrière les préceptes de Legion
Même si plus près d'un synth-pop, assez progressif et très travaillé par contre, que les autres albums de Mark Shreeve, Legion reste une oeuvre incontournable. Juste à voir le prix demandé sur Ebay on comprend son importance dans l'échiquier de la MÉ contemporaine. C'est le genre d'environnement qui peut plaire tant aux amateurs de musique Gothique, même si par moments les mélodies sont à fleur de peau, de synth pop et de MÉ lourde. Tout est bien structurée, donc aucune place pour des structures qui dévient dans des couloirs aléatoires. C'est une musique bourrée d'échantillonnages surprenants et de séquences débridées qui conserve malgré ces deux éléments toute sa dimension mélodique. Très bon...Reste juste qu'un jour Mark Shreeve se décide à le rééditer.

note       Publiée le vendredi 8 septembre 2006

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Note moyenne        2 votes

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vargounet › vendredi 9 décembre 2011 - 01:17  message privé !

Non je n'ai pas encore écouté le reste donc à checker ! grinningFace m'a très gentiment conseillé l'album Pulse de Arcane et j'aime plutôt bien. Je vais essayer d'écouter le reste j'aime beaucoup ce genre de sonorités. Avec un peu de recul ça fait aussi penser un peu à la bo de Phenomena ;)

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Phaedream › vendredi 9 décembre 2011 - 00:52  message privé !
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J'ai fait le tour et il n'y a pas grand chose qui peut s'identifier à ce Legion de Mark Shrreve. C'était la naissance du mouvement England EM School. Tu peux essayer du Ian Boddy (de l'époque) et Andy Pickford. Ce dernier est ce qui se fait le plus près de Legion (Maelstrom et ses 2 albums Live), mais je crois qu'ils sont discontinués. Il y a aussi Robert Schroeder et Computer Voice qui est assez proche (oui plus j'y pense et plus c'est vraiment près) de Legion. As-tu essayé Crashead et Assassin de Shreeve? Les titres sont plus longs, mais l'esprit demeure :-)

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vargounet › mardi 6 décembre 2011 - 01:11  message privé !

Vraiment coolos ce disque, quelque part entre l'ost du jeu Light Crusader sur megadrive et une ambiance façon l'histoire sans fin lol ... Y'a quoi d'autre dans le genre suis fan de ces sonorités electro des années 80 ^^

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Wotzenknecht › vendredi 9 septembre 2011 - 14:56  message privé !
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Bon sang "Legion" quel titre ! CALL ME LEGION... HA HA HA!

Phaedream › dimanche 29 octobre 2006 - 13:13  message privé !
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Bonjour Deckard. Dans l'univers de la MÉ, le séquenceur sert, bien souvent, à donner du rhytme, de la cadence aux pièces musicales. Il peut servir aussi à donner une texture sonore en arrière-plan, enrichissant encore plus les lignes et accords des synthés et des claviers. Une musique échantillonnée est une musique structurée à partir de collage de sons où éléments sonores qui n'a rien à voir avec la musique. Ici, Shreeve se sert des voix graves pour faire progresser et chanter ses choeurs virtuels, ou agrémenter ses structures lugubres. Il se sert du séquenceur comme percussions débridées et comme ligne principale répétitive.
Note donnée au disque :