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Boom Bip › Blue eyed in the red room

  • 2005 - Lex, LEX 034 CDX (2 cd digipack)

10 titres - 47:52 min

  • 01/ Cimple
  • 02/ The Move
  • 03/ Do's and Don'ts (featuring Gruff Rhys)
  • 04/ Girl Toy
  • 05/ Dumb Day
  • 06/ Eyelashings
  • 07/ Soft and Open
  • 08/ One Eye Around the Warm Corner
  • 09/ Aplomb
  • 10/ The Matter (Of Our Discussion) ( featuring Nina Nastasia )

enregistrement

Mixé par Robert Curcio et Bryan Hollo au studio Screaming Carpet à Silverlake, Cali.

line up

Bryan Charles Hollon (tous instruments)

remarques

CD3" de 13 minutes contenant l'inédit "Red Room" sur l'édition limitée.

chronique

Issu de Lex, subdivision de Warp et label « rival » d’Anticon au niveau de l’abstract hip-hop fumeux, Boom Bip, alias Bryan Hollon, fait incontestablement partie de cette nouvelle génération de bidouilleurs hybrides, apôtre du home studio et du do it yourself, aussi difficiles à classifier que relativement faciles à écouter. Parfois même, ils décrochent le gros lot, comme récemment Danger Mouse avec le tube « Crazy ». Cela ne sera sans doute jamais le cas de Boom Bip, qui a pour ainsi dire déjà connu son heure de gloire avec « Circle », son album en duo avec Doseone. Ses travaux en solo n’ont jamais rencontré le même succès. Après un « Seed To Sun » maintes fois remixé, arrive donc ce « Blue Eyed In The Red Room », qui fait de l’éclectisme son cheval de bataille. Du hip-hop, il ne reste plus que les traces. Ce n’est pas non plus de l’électronica, ça en a certes la couleur, mais sûrement pas la texture. Et pour cause : « Blue Eyed… » est un disque principalement analogique. Il commence d’ailleurs par une guitare bardée d’écho posée sur la ligne de basse d’ « Angel » de Massive (« Cimple ») puis recèle par la suite une floppée d’instruments acoustiques tels que le xylophone (qui pervertit un « The Move » à la grosse caisse mastoc, qui me rappelle la musique de Super Metroïd…) ou encore la guitare sèche, omniprésente, carrément au centre du lunaire « One Eye Around The Warm Corner », lent et apaisé comme du Sebastien Tellier. Au niveau des diverses sonorités employées, c’est une réussite indéniable, et cela s’entend dès les premières écoutes. Par contre, si l’on s’attarde à décortiquer le tout, c’est là que le bas blesse... « Blue Eyed… » est décousu, dépourvu d’ossature, de squelette. C’est assez dommage car il parvient à être très agréable à l’oreille instantanément, mais devient ennuyeux sur la longueur, un comble ! Utiliser des sitars et rythmes tribaux, voire même une chorale indienne sur « Do’s And Don’ts », c’est bien beau, mais ce n’est pas tout. « Blue Eyed » est un disque liquide, lancinant, inclassable dans la forme mais electronica dans le fond, voire même post rock par moment (c’est dire si on se fait ch…). Pourtant, la production est superbe, cristalline sur le mystérieux « Soft And Open », mettant en relief des basses fournies et des rythmes finement élaborés. Mais rien à faire, ces 10 vignettes ne parviennent à soutirer qu’un vague sentiment d’anxiété et quelques souvenirs épars de musiques de jeux videos. Peut-être aurait-il fallu plus d’invités au micro, cela aurait changé de la monotonie instrumentale. Les deux réussites de l’album, après tout, sont les deux morceaux chantés : « Do’s and Don’ts », hypnotique ritournelle hantée par la voix de crooner barré de Gruff Rhys (Super Furry Animals, la classe) et « The Matter (Of Our Discussion) » qui semble ne rien avoir à faire là, mais apporte quand même un bol d’air frais. Une belle déception donc, pour un album déstabilisant et étrange, qui en séduira beaucoup par sa diversité charmeuse et étrange (on parle déjà de « Folktronica »), mais qui pour ma part, n’a pas été plus loin. Dommage, la pochette était belle. Notons la présence sur certaines éditions d’un mini cd 3 pouces contenant « Red Room », longue impro en studio de 13 minutes, digne des jams les plus défoncées des Dandy Warhols, parfaite en fond sonore pour une partie de FPS online par exemple… Attention tout de même, il peut rester des résidus de Sonic Youth et surtout de Neu dans cette cavalcade enregistrée par des micros bon marché, s’achevant dans un barouf indus fort sympathique.

note       Publiée le lundi 28 août 2006

Dans le même esprit, dariev stands vous recommande...

  • Neu! › 2
    Neu! - 2
    Ils expérimentaient comme des barges avec des chambres d'écho et ça résonne encore aujourd'hui.

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M.Nicolas › mercredi 30 août 2006 - 01:42  message privé !
J'aime beaucoup cet album envoutant et en particulier "Do’s and Don’ts" qui vaut à lui seul l'achat du disque.
Note donnée au disque :