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Themselves › Them

14 titres - 64:15 min

  • 1 1 (2:26)
  • 2 Directions To My Special Place (4:34)
  • 3 Joyful Toy Of A 1001 Faces (4:35)
  • 4 Revenge Of The Them (4:53)
  • 5 Eating Homework (4:08)
  • 6 Lyrical Cougel (4:08)
  • 7 Grass Skirt & Fruit Hat (4:20)
  • 8 Crayon Sharpener (4:31)
  • 9 John Brown's Vaporizer (4:11)
  • 10 Another Part Of The Clown's Brain (4:21)
  • 11 Death Of A Thespian (4:58)
  • 12 It's Them (17:03)

enregistrement

recorded from 1997 to 1998

line up

Jel "from the ages of 18 to 20" (Production, SP1200,VS880, samples...) ; Dose One "from the ages of 19 to 21" (poems, MCing) ; Pedestrian ; Mr Dibbs (MCing sur la 9)

Musiciens additionnels : Sole (MC)

chronique

Styles
hip-hop
Styles personnels
nerd hip hop

Ce disque, regroupant les premiers travaux du groupe, réalisés en autarcie entre 96 et 98, je l'ai trouvé au rayon metal de mon disquaire, là ou sa pochette singeant le lettrage des antiques gloires du heavy l'a logiquement amené. Ce n'est pas la raison qui me pousse à le chroniquer ici, rassurez-vous. Mais puisque l'acclamé « Circle» de Dose One et Boom Bip est loué dans ces pages par proggy, pourquoi ne pas revenir sur cet album, illustrant les débuts du teigneux MC au sein des Themselves, accompagné du producteur Jel, dont le nouvel album solo sort ces jours-ci ? Nous sommes ici en présence d'un monument de hip hop caustique et bizarroïde au packaging sombre et assez geek dans la forme. Une pochette imitant l'esthétique metal, donc, dotée d'une illustration intérieure très étrange qui me rappellerai presque Hawkwind... Le livret montre nos deux têtes de gondoles d'Anticon, fraîchement diplômés de leur université, dans un costume de lauréat assez pittoresque. Ainsi grimés, les deux polichinelles arborent une dégaine de héros de South Park, dont la bande-son aurait pu être de leur cru. On les imagine assez facilement reclus chez eux, Jel devant sa SP1200, Dose One postillonnant de sa voix de canard dans un micro rafistolé, balançant ses lyrics à un rythme effréné et brouillon... Que racontent-ils ? S'agit-il des tribulations drolatiques de deux blancs-becs dans une Amérique barbare et barbante ? Nul ne le saura jamais, tant le flot de rimes est ici incompréhensible, abscons, parfois enragé, quelquefois drôle par sa continuité, comme sur «Lyrical Cougel». Le cliché est mis à mal par des facéties verbales qui jettent un voile sur le sens des morceaux. Il est ici question de taille-crayon, de devoirs d'école mangés, de Ventoline, de clown et de jouets inquiétants. On sent l'ennui mortel macéré au fond de la classe. Les paroles imprimées dans ce fameux livret ne font qu'ajouter à la confusion, un comble ! En gris foncé sur fond noir, parfois imprimées les unes sur les autres, elles dévoilent des suites de mots incohérentes, souvent poétiques, évoquent une écriture automatique et débridée, utilisant la scansion rap comme défouloir pour une imagination incontrôlable, tel un robinet qui ne veut plus se fermer. Si les Themselves évoquent en premier lieu des Beastie Boys sombres sous hélium, il n'est pas rare de voir ressurgir le fantôme hirsute d'un Busta Rhymes pas encore risible au détour d'un morceau, avec son flow mitraillette caractéristique. Ce flow est donc posé tantôt sur des tressautements ferrugineux («Revenge Of The Fern»), tantôt sur de gracieux samples de voix en lo-fi («Directions To My Special Place»), voire même des fragments de tonalité téléphonique («Eating Homework») dans un exercice rappelant «Telephone & Rubber Band» des Penguin Café Orchestra. Jel, aujourd'hui producteur renommé, ne sombre pas dans l'egotrip puisqu'il laisse à J-Rawls et Moodswing9 le soin de l'épauler sur chacun un titre. Enfin, au sujet de l'egotrip, ne parlons pas trop vite puisque le naturel revient au galop sur «It's Them», single furibard et agressif au beat qui claque, écarté en fin d'album, moins éparpillé et plus compact que le reste. Ce morceau de bravoure s'est vite retrouvé en étendard du groupe et du label Anticon, présent sur tous les samplers du label. Les «Them» (leur nom de l'époque) y dérapent dans un délire ironique, se voient en savants fous envahissant le hip hop de leurs productions malades et crasseuses. Laissons le mot de la fin à Dose One, la phrase magique digne de MacGyver : «I'm alfraid we'll have to innovate». Tu l'as dit bouffi : nous sommes en 1999, ce morceau a sans doute été concocté at home par nos deux compères, et le monde n'en a rien a foutre... pour l'instant.

note       Publiée le mercredi 9 août 2006

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Kid A › jeudi 28 juillet 2011 - 10:11  message privé !

Je n'ai pas écouté plus d'une ou deux fois cet album, à cause de la comparaison avec le deuxième album "The no music", un truc génial, complètement cramé, aussi bon que le premier Clouddead. Suivre le hip-hop indé de ces années-là (et la discographie de Dose One), c'était assez ingrat, mais la découverte de ce genre de pépites justifiait l'effort...

SIKTH › mardi 10 octobre 2006 - 14:05  message privé !
Un bon album, un peu trop répétitif par moments. Les rythmiques de Jel sont toujours parfaitement maitrisé et le flow de Dose one excellent.
Note donnée au disque :       
vampyrlost › jeudi 10 août 2006 - 13:13  message privé !
ya mr dibbs , ca suffit a la qualite . GG =)
dariev stands › mercredi 9 août 2006 - 17:51  message privé !
avatar
soyez indulgents avec les fautes de frappes g mis une heure et demie pour taper ca d'un clavier espagnol.... hasta luego (des que je rentre en france je corrige les eventuelles bavures)