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Royksopp › Melody A.M.

10 titres - ??:?? min

  • 1 So Easy (3:44)
  • 2 Eple (3:36)
  • 3 Sparks (5:23)
  • 4 In Space (3:30)
  • 5 Poor Leno (3:57)
  • 6 A Higher Place (4:31)
  • 7 Röyksopp's Night Out (7:30)
  • 8 Remind Me (3:39)
  • 9 She's So (5:23)
  • 10 40 Years Back\Come (4:45)

line up

Anneli Marian Drecker (voix sur la 3), Torbjørn Brundtland, Svein Berge (Programmation, machines) Erlend Øye (Voix sur la 8 et la 5), 1: contains a sample from "Blue On Blue" by Gals and Pals, 9: contains a sample from "Love In Space" by Peter Thomas Sound Orchestra

remarques

chronique

De la Norvège, on attend certes quelques prouesses musicales, mais le plus souvent de genres autres que la musique électronique. C’était un style dans lequel les Norvégiens ne s’étaient pas encore réellement démarqués aux yeux du grand public, contrairement à l’Islande, qui attire tous les regards. C’est désormais chose faite grâce à Röyskopp, étrange formation nordique dont le nom (un jeu de mot Norvégien entre les mots « fumée » et « champignon ») désigne ces champignons très amusants qui produisent une fumée bizarre quand on leur marche dessus. Cet étrange patronyme digne d’une formation hippie-folk anglaise des années 60 n’est pas innocent vu la teneur en psychédélisme de ce premier album. En effet, l’influence des non moins allumés Boards Of Canada (qu’on devine aimer les champignons aussi), perce ça et là sous la couche de givre. C’est un vrai marron glacé cet album. Les mélodies, omniprésentes, sont souvent enfantines et désuètes, quand elles ne sont pas carrément jouées par ce qui semble être des claviers congelés, aux sonorités aigues et tintantes, comme de la glace. En plus d’être une véritable moisson de gimmicks, le disque se révèle être un excellent anti-dépresseur, colorant le froid arctique par des touches de couleurs vives, un peu comme les fleurs de la toundra (ceux qui l’ont déjà vu en photo comprendront). On peut aussi voir ce disque comme une œuvre hivernale (ou plutôt d’hibernation), évoquant les heures passées au coin du feu pendant la longue nuit polaire. L’univers du groupe, quelque part entre Air, Björk et le label Warp, contient beaucoup d’ingrédients à la mode… Le côté rétro 70’s totalement assumé, les mélopées lancinantes (superbe « So Easy ») et suaves, le nom qui sonne exotique. Suspect ? Pas vraiment. Le groupe a commencé en 98 sur le label Tellé, minuscule structure créée pour sortir les disques des potes, avant de se faire signer par le prestigieux (mais très surfait) label Wall Of Sound en 2001. Année de parution de ce CD. Le succès fut immédiat et fulgurant, pour un disque pourtant bricolé à la maison les années précédentes, sans moyens, par deux illustres inconnus. C’est donc sur le deuxième album que se reportera l’effet néfaste dudit succès... Ici, tout est encore vierge, innocent, bourgeonnant, et incroyablement frais. Un vrai bonbon la vosgienne, je vous dis ! Ce disque a relancé l’électro en son temps, rien de moins. « Eple », aujourd’hui connu de toutes les oreilles (grâce à une publicité – époque ingrate) est une petite aurore boréale sonore ; « Sparks » évolue dans un registre moins groovy, quoique chaloupé, avec sa voix à la Billie Holiday (ce n’est pas un sample pourtant). Une merveille également. N’oublions pas les délicieux « Poor Leno » et « Remind Me », très new wave, chantés par Erlend Oye, la voix de Kings Of Convenience. Des tubes en puissance, mais malgré tout intimistes et downtempo, ce qui n’est pas monnaie courante. « A Higher Place » semble reprendre les sonorités de « Eple » de façon disparate, enveloppées dans des claviers oniriques… Le reste de l’album paraît hélas assez fade à côté de ces perles, même si tout se laisse écouter avec plaisir. Un disque pour « chiller » dans tous les sens du terme, en fait. A savourer consciencieusement, surtout depuis que le groupe a perdu cette identité et cet univers qui leur était si propre. Le mot de la fin sera laissé à une expression aperçue dans un de leurs videoclips (poétiques et d’une perfection visuelle toute scandinave) : Tundra rocks !

note       Publiée le vendredi 28 juillet 2006

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Note moyenne        9 votes

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vigilante › jeudi 4 juin 2020 - 20:57  message privé !

A la même époque ou passait en boucle sur Nova Remind me, y avait toujours le Breathe de Telepopmusik.Le genre de disques que j'achèterai jamais, mais quelle fraicheur, j'avoue que je me laisserai bien resurprendre par ces deux morceaux aujourd'hui. Allez hop, vive internet

GrahamBondSwing › jeudi 4 juin 2020 - 20:49  message privé !

Ca me dérange toujours un peu d'accrocher à la musique d'un artiste parce que je l'ai entendu dans une pub, mais c'est devenu de plus en plus fréquent... quand je pense que Pink Floyd s'était fait lynché pour avoir signé pour une pub pour Gini. Non seulement le disque fonctionne super bien, mais arriver à sonner aussi frais pour de l'électro mid-tempo, même en 2002, c'est déjà un petit miracle en soi !

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vargounet › vendredi 14 décembre 2012 - 17:45  message privé !

Vraiment dommage que l'ensemble ne soit pas plus homogène ... She's so est nocturne et langoureuse, à l'image de Sparks, probablement les deux morceaux majeurs de l'album. Sinon le fond sonore est très très fouillé, à écouter au casque impérativement. A côté des trucs comme A higher Place (limite de mauvais goût) et Remind Me sont limite de l'ordre du mauvais goût avec un environnement sonore bien moins fouillé et des ambiances bof bof.

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Cathedrale › samedi 11 février 2012 - 18:59  message privé !

So Easy et Poor Leno sont magiques. très bon album.. la chronique aussi, est cool.

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Wotzenknecht › samedi 4 février 2012 - 00:12  message privé !
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