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Johnny Cash › American Recordings

cd • 13 titres • 41:54 min

  • 1Delia's Gone
  • 2Let the Train Blow the Whistle
  • 3The Beast in Me
  • 4Drive On [reprise de Nick Lowe]
  • 5Why Me Lord? [reprise de Kris Kristofferson]
  • 6Thirteen
  • 7Oh, Bury Me Not (Introduction: A Cowboy's Prayer)
  • 8Bird on a Wire [reprise de Leonard Cohen]
  • 9Tennessee Stud (live) [reprise de Jimmy Driftwood]
  • 10Down There by the Train [reprise de Tom Waits]
  • 11Redemption
  • 12Like a Soldier
  • 13The Man Who Couldn't Cry (live) [reprise de Loudon Wainwright III]

enregistrement

Chez Rick Rubin et Johnny Cash, sauf "Tennessee stud" et "The man who couldn't cry" : live at The Viper Room.

line up

Johnny Cash (voix, guitare acoustique).

remarques

chronique

"Man in black", tel était son surnom. Sur cette pochette, en prêcheur diabolique attendant sa future victime sur le bord d'une route désertée du Tennessee, l'image de Johnny Cash n'est pas sans rappeler celle du légendaire bluesman Robert Johnson. Noirs ses habits, noire son âme. Malade (diabète, problèmes cardiaques, Parkinson), donné pour fini depuis longtemps, avec l'image caricaturale et fausse du countryman bouseux, qui émergea dans les années 1950, connut son pic de gloire en 1968 avec deux légendaires concerts "pénitentiers" (At Folsom Prison/At San Quentin) et tomba dans un oubli progressif, il se rappela à une nouvelle génération grâce au producteur Rick Rubin, en compagnie de qui il enregistra une série de quatre albums (le cinquième, sorti tout récemment à titre posthume, est un florilège de chutes de studios et inédits) sous-titrés "American recordings" (également le nom du label), mêlant chansons originales du maître, reprises de vieux standards folk et reprises d'artistes contemporains. Rick Rubin, oui, le producteur de (attention) Slayer, les Beastie Boys, Public Enemy, Cult, Red Hot Chili Peppers... Forcément, un gourou du thrash, du rock et du rap qui vient chercher Johnny Cash, ça en a interpellé plus d'un. Ce premier volume est, plus encore que les suivants, un véritable retour aux sources, une cure de jouvence où le "Solitary man" est plus seul que jamais : il chante et s'accompagne lui-même à la guitare sur tous les titres. Aucun invité de prestige, rien. "All that matters is that the guitar and I are one". Voilà qui est dit. Entre une majorité de chansons de Cash et quelques reprises de standards country/folk présentées dans leur plus simple appareil, se glissent une chanson de Leonard Cohen, une autre de Tom Waits... Une superbe épure musicale portée par une voix chaude, grave et sensible, qui raconte ses histoires avec une tristesse douce-amère et un feeling monstrueux. Pour beaucoup découverte d'un répertoire et d'un très grand interprète de ce patrimoine (de ce fragment de l'histoire populaire américaine), ce disque très dépouillé ne sera pourtant que le début d'un parcours ménageant bien d'autres surprises.

note       Publiée le mardi 4 juillet 2006

chronique

Styles
country
folk
Styles personnels
johnny cash ain't dead yet

Faut atteindre un certain stade de ringardise avant de pouvoir relever la tête. L'album précédent quelques années plus tôt, c'était un affreux Christmas album à la pochette bien cringe. Ca devait faire bien vingt ans que Cash était passé de mode, qu'il était considéré comme un chanteur de country d'un autre âge. Déjà, la country, dans les années quatre-vingt dix… Et puis voilà que Rick Rubin le ressort du formol et ma foi, Johnny Cash se portait bien. Belle production minimale, l'homme en noir et sa guitare en bois (quand y aura plus d'électricité, faudra plus compter que sur ces gens là pour la musique), un répertoire qui ne vise pas un public de vieux nostalgiques (aucun grand hits du bonhomme, y a des compiles pour ça). La voix est magnifique, on à l'impression d'être dans la prairie, qu'il interprète dans quelques vieilles chansons de cow-boy, dont le fameux "Tennessee Stud" rendue célèbre grâce à la BO du génial Jacky Brown. Y a tout ce qui fait Cash, le crime (une petite murder ballad pour ouvrir l'album), la foi, l'americana et un peu d'humour (la reprise du malicieux Loudon Wainwright III). Le truc de Rubin, c'est aussi de le faire chanter un autre répertoire que le sien mais qui lui sied, une chanson écrite exprès par Glenn Danzig (et qui sonne tellement Cash, du côté sombre de l'homme en noir) mais surtout des reprises de Leonard Cohen (forcément sublime, la rencontre rêvée) ou Tom Waits. On n'est pas encore dans l'exploration d'un répertoire qui lui serait totalement étranger comme ça viendra dans les enregistrements suivants (ni dans une sorte de fascination un peu morbide pour un vieil animal en train de crever), c'est Johnny Cash qui semble se re-présenter au monde, qui l'avait un peu oublié, rangé au mieux sur l'étalage des souvenirs lointains, aperçu la dernière fois y a fort longtemps dans un épisode de Columbo. Comme si à nouveau il s'asseyait sur la scène, seul, et nous disait simplement « Hello, I'm Johnny Cash ».

note       Publiée le samedi 4 juin 2022

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(N°6) Envoyez un message privé à(N°6)
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"C'est une autre culture". Faut voir le film de Robert Altman, "Nashville", qu'est une merveille. Après, je les trouve pas lugubre du tout ces deux premiers American Recordings, loin s'en faut. On en a fait peut-être un peu trop sur ce créneau là je trouve (après oui, il a enregistré des albums sublimes ensuite aussi), avec parfois un chouia de complaisance, alors que la musique de Johnny Cash se suffisait à elle-même avec ce retour de grande classe. (EDIT : 'tain ceci est le com 166666 !)

Message édité le 08-06-2022 à 21:45 par (N°6)

Note donnée au disque :       
Rastignac Envoyez un message privé àRastignac
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je me dis que la country pop reste quand même bien loin de ces Johnny Cash prémortem lugubres et réjouissants (et je n'oublie pas non plus toute la guimauve country qu'il a aussi joué plus jeune...). C'est vraiment particulier cette variétoche américaine, avec ces chanteurs cowboys clinquants / chanteuses à dents toutes blanches, tous propres, racontant des histoires qui semblent souvent copié/collé.

PS : vous avez oublié le festival country de Craponne sur Arzon dans le 43 ! et les cours de Madison dans pas mal d'associations de petits bleds...

nicola Envoyez un message privé ànicola

Eh oui, RTL2 n’est pas représentatif de ce qui est écouté en France. Sans ça, ils passeraient plus de rap/rnb, plus de metal, plus de variétés, plus de folk/country…

(N°6) Envoyez un message privé à(N°6)
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Bah oui, Willie Nelson et Merle Haggard passaient en boucle sus RTL2 dans les années 90 entre un p'tit De Palmas et les Innocents, c'est bien connu... Blague à part, Johnny Cash et la country "classique" dans les années quatre-vingt dix aux USA en terme de pop culture, à part du côté de Nashville, je pense que c'était même pas sur le radar. Y avait bien toute la scène alt-country, mais la encore c'est très différent et justement s'inscrivait bien dans une vague "alternative", Uncle Tupelo (qui donnera Wilco) en tête. La country va redevenir énorme dans la décennie suivante avec une nouvelle vague pop, au point qu'elle va il me semble dominer les charts, se partageant le gros du gateau avec le hip-hop (la répartition géographique et sociologique doit être intéressante). Quant à la France, je me souviens être tombé dans un festival country dans les Landes y a des années. C'était folklo comme tout. Un peu un truc de cosplayers en fait. Pour revenir à Johnny Cash, c'est pas étonnant que se soit Rick Rubin qu'il l'ait ramené sur le devant de la scène, et pas une production estampillée Nashville. Le zeitgeist quoi.

Message édité le 08-06-2022 à 19:07 par (N°6)

Note donnée au disque :       
nicola Envoyez un message privé ànicola

Et pour Français : la musique country fait un tabac en France.