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Ron Boots › Acoustic shadows

6 titres - 70:56 min

  • 1. The Unknown Soldier (11:37)
  • 2. The Battle of the Somme (17:23)
  • 3. Acoustic Shadows (13:47)
  • 4. Assault (10:04)
  • 5. Desolate Fields (8:42)
  • 6. Dresden (9:24)

line up

Ron Boots : Keyboards & Synthétiseurs

Musiciens additionnels : Kees Aerts (Effets Sonores sur The Unknown Soldier)

chronique

Styles
electro
Styles personnels
new berlin school

Je devrais avoir honte. Tout ce temps que j’ai pris avant de vous parler de Ron Boots…Désolé. Ron Boots est l’un des personnages les plus importants et influents de la nouvelle génération de la Musique Électronique Berlin School, ce qu’on appelle New Berlin School. Depuis la fin des années 80, il est très actif dans les Pays-Bas, autant comme artiste compositeur que producteur et réalisateur. Acoustic Shadows est son dernier opus, et ne vous fiez pas au titre, ça n’a rien d’acoustique. L’expression Acoustic Shadows est liée à la guerre. C’est un phénomène sonore assez particulier; c’est un tonnerre issu d’une lourde détonation que les personnes au loin peuvent entendre, mais pas celles qui ont initiés cette déflagration où qui en sont proche. En fait Acoustic Shadows est un cd qui dénonce les guerres et se veut un hommage à tous les guerriers, de toutes les périodes. Et c’est avec une solide frappe que débute The Unknown Soldier. Grave, la première séquence est ensevelie par une couche synthétique superbe qui s’harmonise au travers les vents qui parfois ressemblent à des jets d’artillerie. Subtilement, ce premier agencement se transforme en superbe mélodie guidée par de pompeux synthétiseur et un jeu franc des percussions. The Unknown Soldier est un titre fort mélodieux qui laisse ses traces dans l’oreille. Le genre de pièce riche, aux orientations inattendues, que l’on veut ré écouter avant qu’elle finisse. Car à chaque instant, on a l’impression d’avoir loupé quelque chose. Entre chaque titre, une voix d’homme et de femme se fait entendre pour nous conter des brefs moments d’histoire. The Battle of the Somme suit les cendres du soldat inconnu avec une douce intro mellotronnée. Une fine ligne basse se dessine à l’horizon, comme ce nuage flottant que laissent les explosions sur un dur chantier de désolation. On le voit, on le sent. Témoignant de l’incroyable talent de compositeur et de producteur qu’est Ron Boots. L’atmosphère est triste et se dissipe peu à peu sur cette ligne qui s’anime de plus en plus sur un rythme décousu. Les synthés sont enveloppants et courtisent ce tempo en perdition, donnant une dimension disproportionnée en égard de la ligne maîtresse. L’effet est étrange et envoûtant. Un long titre aux atmosphères un peu tristes. La pièce titre enchaîne sur le même pas. Mais pas pour longtemps. Les percussions s’animent avec les clés de claviers. Les coups sont plus pesants, aux effets prolongés. Le tempo s’anime sur un rythme qui se cherche parmi des coups de peaux et un beau synthé fort textural et enveloppant. De longues complaintes s’échappent avec grâce et richesse, donnant une direction bouclée qui cherche à se délover sur des percussions qui prennent de plus en plus la commande. Du travail de précision, de la Musique Électronique hautement élaborée et travaillée. De la MÉ progressive. Après l’explication théorique sur les ombres acoustiques, Assault démarre avec force. Une séquence nerveuse et fébrile tournicote parmi des percussions hautement dosées. Les deux éléments s’entrecroisent et tergiversent sur une autre ligne synthétique qui est plus basse, mais tout aussi énervé. Les rythmes virevoltent, tel un vol planifié, et s’entremêlent avec harmonie sur des strates de plus en plus épaisse. Et, pour en mettre d’autant, une autre ligne synthétique plus saillante tournoie en boucle avec puissance, donnant à Assault une profondeur et une richesse sonore des plus mélodieuse. Un autre grand titre. Desolate Fields est à l’image de son titre. Après une narration assez pathétique, pour ne pas dire horrible, sur les effets de la guerre et de ses blessés, un synthé flotte sur une ligne sombre et saisissante. Encore une fois, Ron Boots nous fait voir par sa musique. Nous voyons les blessés, les scènes narrées auparavant. Tout cela sur une musique qui sent la désolation et transpire un respect profond des combattants. Avec l’arrivée des alliés la guerre prend fin, ainsi qu’Acoustic Shadows avec Dresden. Un titre nerveux et nourri avec des effets de grosses riffs sur des notes de synthés nerveuses qui voltigent sur le clavier avec aisance. Les percussions sont féroces et font la lutte à des bons solos de synthé qui se mélangent aux effluves d’une six-cordes. Finement fignolé et bien encadré Acoustic Shadows est une œuvre colossal. Un titre où la mélodie flirte avec la nostalgie, de la New Berlin School dans ce qu’il y a de plus pure. Avec sa créativité et son travail de studio, Ron Boots réussi à nous faire voir et sentir sa musique. Il nous amène là où il voulait nous amener. Seul un talent raffiné et maturé peut arriver à ce stade. C’est du grand Boots. Il nous touche et nous émoi sur un sujet toujours difficile et, hélas, trop souvent d’actualité.

note       Publiée le mercredi 28 juin 2006

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AlainTernet › mercredi 16 décembre 2009 - 23:22  message privé !

Pour moi, c'est un petit bijoux, autant sur le plan formel qu'en ce qui a trait au contenu. En fait, sans en avoir l'air, c'est un album concept qui dénonce la guerre sans dénigrer l'apport de ceux qui ont fait le sacrifice ultime au nom de la liberté et, surtout, sans jamais être moralisateur. Musicalement, c'est très solide et plutôt homogène, et aucun titre ne laisse à désirer.

Note donnée au disque :