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Amon Düül II › Carnival in Babylon

lp • 6 titres

  • 1C.I.D. in Uruk5:38
  • 2All the years 'round7:25
  • 3Shimmering sand6:36
  • 4Kronwinkl 123:56
  • 5Tables are turned3:38
  • 6Hawknose harlequin9:49

enregistrement

Allemagne, 1972

line up

Peter Leopold (batterie, tambourin), Renate Knaup-Krölenschwanz (chant), Danny Fichelscher (batterie, congas), Karl-Heinz Hausmann (claviers, électronique), John Weinzierl (guitares acoustiques et électriques, chant), Chris Karrer (guitares acoustiques et électriques, violon, saxophone soprano, chant), Lothar Meid (basse, chant), Joy Alaska (choeurs), Olaf Kübler (saxophone soprano), Falk U.Rogner (orgue)

remarques

chronique

J'aimerais éviter les lieux communs, mais dans trois cas sur quatre c'est comme ça que ça se passe ; changement de label rime souvent avec changement de perspective. Retrospectivement, "Carnival in Babylon" n'est pourtant pas aussi mauvais qu'on le dit, mais les circonstances n'aident pas. Il était pratiquemment impossible de ne pas décevoir quand, comme Amon Düül II s'est risqué à le faire, on a livré en pâture deux disques aussi monumentaux que "Yeti" et "Tanz Der Lemminge". Se relever d'un pari si extrême est pour le moins casse-gueule, aussi le groupe limite-t-il les dégâts en se reposant sur ses acquis. La mélodie un peu niaise de "C.I.D. in Uruk" confirme d'emblée que le rayonnement du soleil sur les ondées d'une mer calme ne couvrira désormais plus jamais un spectre de couleur aussi large qu'autrefois. Attention, les qualités qui rendent la musique d'Amon Düül II reconnaissable entre mille sont toujours là (le chant toujours à la limite du faux de Renate Knaup, les guitares acides, l'opulence rythmique des percussions, les sonorités brumeuses des claviers) mais parce qu'on les utilise désormais à d'autres fins, le résultat laisse parfois à désirer. On est ainsi passé d'une musique de mecs bourrés aux acides à celle d'un feu de camp de babas cools sur le retour. Il y a un petit goût suranné, pas déplaisant en soi, mais qui ne porte pas à conséquence. On est donc passé d'une musique hors normes, émancipée de toutes contraintes, bousculant les convenances, affolant les instruments de mesure au carbone 14, à un carnet nostalgique de chansons terriblement datées. Un comble... Seuls "All the years 'round" ou "Hawknose Harlequin" décollent, et encore, seulement par endroits, peut-être aussi parce qu'ils se donnent là enfin le temps nécessaire pour y parvenir. Même Gong, dans ses plus mauvais jours, semblait mieux inspiré que cela. La montée en puissance phénoménale de Amon Düül II a un coût, et ils commencent déjà à en payer le prix, ayant vidé toutes leurs cartouches trop tôt.

note       Publiée le mardi 20 juin 2006

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notes

Note moyenne        6 votes

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mangetout › dimanche 4 décembre 2016 - 18:18 Envoyez un message privé àmangetout

"Hawknose harlequin" est quand même excellent et le reste, même si ça reste en dessous d'autres albums, est très honorable et s'écoute avec plaisir, comme un bout de seventies pur sucre. Avec le précédent, le superbe "Tanz der lemminge" je pense qu'Amon Düül II était arrivé à pic ultime dans sa démarche, produire deux double albums de rang, remplis de musique d'une telle densité, s'ils avaient poursuivi dans cette direction, la redite et la formule seraient immanquablement sortis du bois. Là, ils tentent un truc, ça ne réussi qu'à moitié, à mon avis ils feront mieux sur les deux suivants, "Wolf city" et "Vive la trance".